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Fortnite ou la magistrale démonstration que la loyauté paye (très) bien, et mieux que l'arnaque

Le 29 juin 2018

Le jeu Fortnite engrange les records. C'est simple, il rafle tout. Sur le seul mois de mai, il aurait encaissé 318 millions de dollars, soit presque 100 millions de plus que ses meilleurs concurrents. Pas mal pour un jeu gratuit ! Question audiences, on parle de déferlante - il écrase tous les autres.

Mais comment fait-il ?

En matière d'innovation, on pourrait dire que chez Epic Games, son éditeur, on ne s'est pas trop creusé le citron. La conception du jeu a pris sept ans, mais côté graphisme, on frise le vintage, et côté mécanique du jeu, on est au niveau zéro sur l'échelle du disruptif. On retrouve les ingrédients classiques : de la castagne à la vie à la mort, le mélange de force brute et de beaucoup d'agilité, une bonne dose de stratégie et l'indispensable coopération entre frères d'armes. Il y a bien ce fameux mode collectif qui fait fureur - 100 joueurs s'affrontent, et à la fin il n'en reste qu'un. Mais il n'était pas actif lors de son lancement en juillet dernier, et il lui aurait été inspiré par un autre succès du moment : le jeu PlayerUnkown’s Battlegrounds (PUBG).

Bref. Fortnite ne propose rien de fondamentalement nouveau dans le game.

En revanche, ce qui semble avoir conquis la communauté, c'est le choix de l'éditeur de tout miser sur la loyauté.

La loyauté entre les joueurs d'abord.

La fortune des jeux vidéo gratuits repose sur la vieille logique du - "plus tu as de cash, plus tu mets de chances de ton côté". En effet, pour augmenter leurs performances, les joueurs pouvaient choisir de payer. Dans Fortnite, on arrête les combines, on célébre la méritocratie. C'est le talent et le travail qui sont récompensés. Fortunés ou pas, seuls les meilleurs gagnent... Un combat à la loyale donc...

Mais là où Fortnite fait mouche, c'est en rejetant une autre pratique démocratisée par les éditeurs, et honnie des joueurs. Pour faire tourner leur boutique, les jeux vidéos gratuits ont repris la recette des cartes Panini. Rebaptisé "loot box", le principe est strictement identique. Tu achètes un pack, pas très cher, mais tu ne sais pas ce qu'il y a dedans. Ce que tu comprends très vite, c'est que tu vas y trouver plus de choses dont tu te fous, que de choses dont tu as vraiment besoin. Evidemment, au bout d'un moment, ça agace. Comme les gamers sont du genre nerveux, ils ne manquent pas d'éructer contre la pratique.

Sur Fortnite, on arrête les enfantillages. Quand on paye, on sait ce qu'on achète. Et tout le monde est content.

Les résultats d'un tel deal sont éclatants.

Le cabinet Sensor Tower a mené une petite enquête. En regardant les résultats du jeu sur iOS, il s'est rendu compte que les dépenses des joueurs étaient nettement plus élevées sur Fortnite que sur PUBG. Sur les sept premiers jours de monétisation de Fortnite sur cette plateforme, le jeu a engrangé cinq fois plus d'argent que son concurrent, soit presque 5 millions de dollars (contre à peine 500 000), alors qu'il était moins téléchargé.

CQFD. Car si les gamers sont accros à leurs manettes, ils n'hésitent jamais à siffler la fin de la partie... La loyauté, ils aiment ça, et font payer cash ceux qui voudraient jouer au plus malin.

Que faire de cette histoire de geeks ?

La prendre au sérieux. Car les comportements qu'on constate chez les amateurs de jeux vidéo ne tardent jamais à déferler sur les autres secteurs.

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