livre des tendances 2026
le livre des tendances 2026
 

    Aurélie Radenac, Founder et strategic Advisor chez BoldMakeHer

    Aurelie Ranedac

    Aurelie Radenac est membre de L’ADN Le Shift, le collectif du média L'ADN, son prolongement humain.

    Si vous deviez raconter votre parcours en quelques lignes… quel fil rouge relie vos différentes vies professionnelles et personnelles ?

    A.R. : Depuis plus de 15 ans, je pilote des stratégies de marque et de transformation digitale pour créer de la valeur durable. J’ai opéré toute ma carrière dans le retail, au sein d’un groupe international leader européen de l’amélioration de l’habitat (Kingfisher). Je crois profondément au pouvoir des marques fortes : des marques engagées, utiles, qui deviennent des repères dans un monde instable. Avec la nuance qu’une marque ne se résume pas à une campagne, c’est une expérience qui se vit dans chaque pore de l’entreprise. La dernière étude KANTAR nous raconte que les Français en ont besoin. 83 % attendent qu’elles jouent un rôle en période de crise. C’est guidé par ce sens et l’impact sur la vie des clients, que je me suis engagée tant d’années chez Casto. Cette belle marque patrimoniale, qui agit tous les jours pour que les Français se sentent bien chez eux. Plus récemment, j’ai opéré un virage stratégique. Ceux qui me connaissent le savent, l’audace et l’action sont deux moteurs qui me caractérisent. Alors j’ai récemment quitté mes fonctions à la direction marque et média pour le lancer dans une nouvelle aventure (l’approche des 40 ans peut-être, mais surtout une soif de nouveaux challenges). Ce qui m’anime, c’est d’aider les marques et les leaders à révéler leur potentiel. Pour cela, j’ai créé BoldMakeHer, un studio de conseil spécialisé en marketing et brand performance. Sinon dans la vie, je suis passionnée de sport outdoor en tout genre (alpinisme, escalade, running, trail, parapente…). J’adorerai en parler des heures !

    Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous occupe l’esprit ou vous fait vous lever le matin (en dehors du café) ?

    A.R. : Ce qui m’occupe l’esprit aujourd’hui ou plutôt me préoccupe, c’est ce burn-out généralisé que vit la société, en particulier un monde que je connais bien, celui du marketing, de la publicité et du retail. On parle tous d’un chaos généralisé à l’échelle du consommateur (et des citoyens). Mais personne ne parle (sauf à la machine à café peut-être) du train lancé à toute allure dans lequel voyagent les professionnels du marketing, au risque parfois de se perdre au jeu du hamster dans sa roue. Je suis assez convaincue qu’on est à la genèse d’un nouveau mode de fonctionnement collectif et je suis à l’affût des innovations. Sociales, sociales, organisationnelles, culturelles. Dans ce monde en profonde mutation, on a notre part de responsabilité, nous directeurs marketing, dans la conduite d’un changement positif, à impact, pour la santé mentale de nos équipes, partenaires, clients… Un cap compatible avec la performance économique dès lors qu’on crée une valeur utile sur le marché. Tout l’intérêt de construire des marques intéressantes, utiles, qui font sens. La boucle est bouclée….

    Y a-t-il une rencontre, une date ou un moment qui a changé votre manière de voir le monde ?

    A.R. : J’ai la chance de rencontrer de nombreuses personnes inspirantes et chacune ajoute une couleur sur ma carte d’inspiration. Difficile d’isoler un moment ou une personne, j’ai une vie bien trop riche. (Si on peut zapper cette question ça m’arrange ! )

    Les œuvres (romans, films, expositions, séries, BD, musiques…) qui vous ont retournée ou que vous glissez volontiers dans les mains de vos amis ?

    A.R. : Le livre qui m’a mis une claque Entre deux mondes  d’Olivier Norek, un ancien commissaire de police, auteur de roman, qui a enquêté en profondeur dans la jungle de Calais pour la raconter comme personne ne l’a jamais fait avant lui. Et, dans le même registre, Les cerf-volants de Kaboul de Khaled Hosseini, qui retrace le destin de deux enfants qui ont grandi ensemble à Kaboul et que la vie sépare. Ces deux livres sont des invitations à prendre de la hauteur sur la vie, à avoir un regard bienveillant et tolérant sur chacun, et surtout à prendre la mesure que tout n’est jamais comme on l’image à la première lecture. Pour contre balancer cette ambiance un peu morose, je vous invite à écouter le podcast de toute urgence Inpower de la brillante Louise Aubray, qui nous invite dans ses conversations avec des personnalités très variées. Clairement l’une de mes vraies sources d’inspiration pour s’ouvrir les chacras pendant la course à pied.

    Mutation ou transformation : quel grand changement (sociétal, technologique, culturel…) vous semble le plus déterminant pour votre secteur ?

    A.R. : Disclaimer: l’IA générative évidemment ! Qui change(ra) radicalement notre manière de consommer des produits ou de l’information... Dans mon métier, la chaîne de création de valeur est touchée de bout en bout (production des contenus,gestion des data, des flux, optimisation des models et des process, et j’en passe). Au-delà de la tech, toutes ces mutations technologiques sont à observer en miroir des enjeux majeurs de santé mentale. Car lorsque le cadre est incertain, c’est là que peut naître un mal-être profond, voir une crise de confiance en ce qui est juste, ce qui est vrai, des questionnements sur son job, sa place dans l’organisation… Je suis convaincue qu’à terme on aura tous les mêmes outils, que c’est l’humain et la créativité qui seront les vrais game changer. En attendant on va vivre des turbulences extrêmes. C’est à la fois super excitant, enthousiasmant. Mais il faudra avancer avec discernement et transparence auprès de nos clients, équipes et partenaires pour maintenir la confiance et le progrès collectif. Évidemment, s’ajoute à cela le solde du bilan carbone de l’IA… L'usage raisonné est il compatible avec les travaux exploratoires que chacun mène ? C’est un vrai dilemme.

    Une collaboration, un projet ou une initiative dont vous êtes particulièrement fière ?

    A.R. : Je voudrais mettre à l’honneur Constance Schaerer et son association 7 sommets contre la maladie qui accompagne les enfants dont l’un des parents est atteint d’un cancer. Constance est une jeune femme brillante, inspirante, souriante, qui réalise un challenge dingue. Celui de devenir la plus jeune Française à réaliser l’ascension des 7 sommets les plus hauts du monde. 4 ont déjà été gravis avant notamment l’Everest en mai dernier. Les 3 prochains sont déjà programmés dans les mois qui viennent. Ce projet fou, elle le mène en l’honneur de son père décédé d’un cancer lorsqu’elle était enfant, et aussi pour tous les enfants de l’association qu’elle accompagne au quotidien. Le but de cette association est d'aider ces enfants à réaliser leur rêve, même les plus insolites ! Pour ceux qui, comme Constance, vivent un drame familial, toute l’équipe de bénévoles aux 4 coins de la France se démène chaque jour. Grâce à eux, ces enfants vivent des moments mémorables. Je suis très sensible à ces valeurs de bienveillance, d’optimiste, de détermination et de solidarité. Ça me parait essentiel, prioritaire, que de consacrer du temps à l’épanouissement des générations futures, en particulier lorsqu’elles traversent des moments difficiles. Je prends beaucoup de plaisir à échanger avec Constance et son équipe pour faire grandir leurs projets hors du commun, qui touchent à mon cœur, mes valeurs et à ma passion de la montagne !

    Votre manière d’innover : comment cultivez-vous la curiosité ou la créativité dans votre quotidien professionnel ?

    A.R. : Pour moi, la curiosité est une hygiène intellectuelle. Dans mon métier, c’est essentiel de s’ouvrir au monde. C’est ce qui permet de rester performant sur son marché, le moment opportun, de faire les bonnes connexions créatives, intuitives, insights, de compétences pour délivrer la bonne idée. Celle qui fera toute la différence. mais aussi stimulé. Echanger, rencontrer, débattre, avec mes pairs, des cercles plus éloignés, des personnes qui évoluent dans des univers parfois complément différents pour développer mon esprit critique et une largeur de point de vue. C’est l’un de mes sports favoris ! J’ai l’honneur de contribuer régulièrement à des jurys de la profession (Grand prix du brand content ou des stratégies digitales) qui sont des formidables opportunités pour être aux premières loges des mutations et de la créativité de nos métiers. J’assiste autant que possible à des conférences sur des sujets dont j’aspire à mieux comprendre les usages (IA notamment). Au Hub Institute notamment, on retrouve des contenus d'excellent niveau. Enfin, la programmation du think tank de l’ADN est très nourrissante pour moi par la pertinence des sujets abordés et la diversité de publics contributifs.

    Une personnalité ou un courant de pensée qui influence votre manière de voir le monde du travail ?

    A.R. : Dans ce monde saturé d’images, de bruits, d’injonctions, de chaos… et oui je vous assure, je suis quelqu'un de très positive ! Plus que jamais, on a besoin de clarté et de se mettre dans un mindset d’audace. Agir plus en agilité, oser, innover, pour combattre l’inertie qui est souvent bien pire que de faire une erreur. Pour ça, je suis très inspiré des entrepreneurs et créateurs. Ceux qui pensent différent, qui ont une vision. Ceux qui osent. Hier, ils bidouillaient dans leur garage, aujourd’hui ils « vibe-code » pour tester leurs idées sur le marché ou explorent sur Tiktok. Cette audace, cette prise d’initiative, cette capacité à oser..., c’est super inspirant ! L’année dernière, j’ai rencontré les membres du collectif le Navire Family, un club de créateurs de contenu super talentueux, notamment Vintage Tran, Ulysse Lubin et d’autres. J’ai été bluffée par leur esprit entrepreneur, leur sens du business et leur créativité inépuisable qui séduit des milliers de gens ! Je pense qu’on a besoin à apprendre d’eux.

    Vous faites partie de L’ADN Le Shift, ce think tank un peu hors-norme : qu’avez-vous envie d’y trouver, ou d’y apporter ?

    A.R. : C’est le moins que l’on puisse dire. C'est tout sauf un « club » conventionnel. Et c’est précisément ce pour quoi j’y suis si fidèle. Je rencontre à l’ADN Le Shift des personnalités que je n’aurai jamais rencontrées par ailleurs. Car la vie est comme un algorithme Instagram, on reste souvent dans un entre-soi, une sorte de biais cognitif IRL. Je me nourris énormément de nos discussions et de la pertinence des thématiques abordés. C’est un super levier de largeur cognitive comme disent les coachs, pour s’ouvrir au monde et nourrir son esprit critique.

    Votre ambition ou vos rêves pour demain : quel impact aimeriez-vous avoir sur votre organisation, votre secteur ou la société ?

    A.R. : Ce qui me motive pour demain, c’est de contribuer à un marketing plus engagé, plus utile et plus audacieux. Après plus de 15 ans côté annonceur, j’ai vu à quel point les entreprises ont besoin de vision, de cohérence et de courage pour avancer dans des environnements saturés et mouvants. Avec BoldMakeHer, mon ambition est d’aider les marques et les leaders à passer un cap : révéler leur potentiel en (re)mettant du sens dans leurs décisions, aligner stratégie et exécution. Faire bouger les lignes, sans perdre le cap. Sur cette question de santé mentale, je veux contribuer à créer des environnements plus sains où l’on peut travailler avec ambition sans s’épuiser. Si je peux, à mon échelle, faire émerger des projets plus justes, plus ambitieux et plus impactants, pour l’entreprise comme pour les gens, alors j’aurai contribué à faire évoluer positivement mon secteur et la manière dont on pense le marketing.

    Enfin, si vous deviez résumer votre raison d’être en une phrase, une maxime, une réplique culte ou même une punchline… Ce serait ?

    A.R. : Je voudrais citer Sandrine Roudaut, auteure de l’essai L’utopie mode d’emploi ? que j’ai rencontré au premier dîner de l’ADN il y a plusieurs années maintenant. « Les belles évidences de demain ne peuvent naître que dans nos utopies d’aujourd’hui ». Elle nous invite à accueillir le progrès et l’innovation. Même, les projets qui peuvent nous paraître fous seront peut-être la norme demain. J’aime cette idée et je m’y réfère souvent pour engager le collectif.

     

     

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