habillage
premium 1
premium 1
Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 29 avr. 2020
Portrait de Delphine Pouponneau
© DR

Portrait de Delphine Pouponneau, directrice de la Diversité et de l’Inclusion du Groupe Orange

Après des études en droit social, Delphine Pouponneau a commencé sa carrière comme juriste dans une grande entreprise de l'audiovisuel. Après un passage chez Wanadoo, elle a rejoint Orange en 2001 où elle a occupé différentes fonctions à la direction des ressources humaines. Depuis 2019, elle est en charge de la diversité et de l'inclusion au sein du groupe. Un poste qui lui permet de faire bouger les lignes en interne et d'avoir un impact positif dans la société.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale et confinés chez nous, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier, en cette période inédite, les portraits des premiers membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

En quoi consistent vos fonctions ?

Delphine Pouponneau : Mon travail, c'est d'impulser une politique pour lutter contre toutes les formes de discrimination (genre, handicap, origine, âge, orientation sexuelle, opinion..) et de favoriser la diversité et l’inclusion au sein de l'entreprise, aussi bien en France qu'à l'international. L'année dernière, nous avons signé un accord mondial sur l'égalité professionnelle hommes / femmes portant ainsi notre engagement en faveur de la mixité, de l’égalité salariale dans les 26 pays où Orange est présent. Chez nous, l'inclusion est au coeur du réacteur pour lutter contre les discriminations. Aujourd'hui plus que jamais, il faut permettre à chacun et à chacune de pouvoir exprimer sa singularité et donner son point de vue. C'est un vrai élément de richesse humaine et une vraie source d’innovation. Je crois au management inclusif. Toutes les singularités peuvent ainsi être mises au service du collectif. La diversité est un moyen pour embrasser l'ensemble des problématiques et mieux comprendre le monde dans lequel on vit.

 

Comment procédez-vous pour y parvenir ?

D.P. : Nous fixons un cadre global au niveau du groupe. Nous abordons ensuite le sujet de façon différente en fonction des pays puisque les politiques et les cultures ne sont pas partout les mêmes. Il faut à chaque fois bien comprendre le contexte local et identifier les tabous sur lesquels il va être difficile d'avancer tête baissée. Nous misons sur l'écoute et le respect des spécificités de chaque individu. Ces changements sont indispensables aujourd'hui. Le top management n'a pas la science infuse. Et il faut se nourrir des préoccupations du terrain pour mieux comprendre les clients et leur apporter un service toujours plus performant. Aujourd'hui, nous avons dans nos rangs plus de 7% de salariés en situation de handicap. Les écouter et comprendre leurs difficultés nous aide à construire des outils et des services qui répondront mieux à leurs besoins. Il faut prendre en compte l'ensemble de l'écosystème et l'ensemble des particularités. Ça fait vraiment partie de notre ADN. On laisse s'exprimer les gens. C'est volontaire. Et aujourd'hui, c'est nécessaire. Un conseiller en boutique connaît mieux les clients que la direction. Il faut l'écouter.

 

La dimension sociale du changement est essentielle pour construire une société plus juste ?

D.P. : C'est un fait. Avec la crise actuelle, il est de plus en plus indispensable d'accompagner l'ensemble des populations, de veiller à l'insertion des plus vulnérables notamment et des jeunes issus des quartiers sensibles. On voit à quel point cette catastrophe fragilise un peu plus les classes défavorisées. Il y a cinq à dix pour cent des jeunes de banlieue qui ne sont même pas connectés avec leurs professeurs car ils n'ont pas internet. Les entreprises ont un rôle d'acteur sociétal et environnemental à jouer si on veut éviter les ruptures et les fractures au sein de nos sociétés. C'est indispensable. Et c'est l'idée même de notre mission, à savoir rendre le numérique accessible à tous et à toutes dans une dimension responsable. Les entreprises ne peuvent plus opérer en vase clos sans se soucier des inégalités qui peuvent exister dans la société.

 

Justement, comment lutter contre l'inégalité numérique ?

D.P. : Pour apporter une solution, nous avons énormément investit dans les réseaux, notamment la fibre et la 4G. Nous sommes très présents en Afrique pour développer des infrastructures numériques. On voit à quel point internet et les réseaux téléphoniques sont des outils hyper importants là où on manque de tout. Nous travaillons aussi beaucoup autour de l'éducation et de la santé dans les pays africains. Nous avons ouvert des maisons dédiées au digital pour que les femmes puissent s'approprier le numérique et ainsi gagner en autonomie. Nous poussons toutes ces actions sociétales pour favoriser l’égalité numérique.

 

Selon vous, qu'est-ce que la crise va changer ?

D.P. : J'ai vraiment espoir que cette crise puisse changer profondément la donne. Nous vivons actuellement un arrêt sur image. Tout s'est arrêté du jour au lendemain. C'est le bon moment pour penser une société plus solidaire et plus viable écologiquement. Il y a une vraie opportunité à saisir. Il y a urgence à réfléchir à ce que l'on a envie de faire collectivement. Peut-être même au niveau européen pour contrebalancer ce qui pourrait émerger aux Etats-Unis ou en Chine. C'est une crise monumentale et catastrophique, mais c'est aussi une occasion historique de repenser en profondeur nos modèles.

 

Quels sont vos objectifs pour 2020 ?

D.P. : Le 21 avril 2020, nous avons lancé avec le Fonds Arborus la première Charte internationale pour une Intelligence Artificielle inclusive. Cette Charte, devrait permettre de créer un cadre de confiance pour les individus sur la façon dont les systèmes d’IA sont conçus et utilisés. Nous souhaitons qu’un maximun d’entreprises, d’institutions la signent et s’engagent à garantir une Intelligence Artificielle (IA) conçue, déployée et opérée de manière responsable et inclusive. Cette initiative qui est une première étape. Nous avons pour ambition de créer un label GEEIS*-AI (*Gender Equality European & International Standard) dans les prochains mois.

 

Delphine Pouponneau est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
Vivez des expériences imaginées par L’ADN, et construisez votre réseau d’acteurs du changement.
Vous êtes également un acteur du changement et vous souhaitez rejoindre le collectif L’ADN Le Shift ?
Découvrez le programme de l’année et écrivez-nous ici pour nous faire parvenir votre candidature !

Arnaud Pagès - Le 29 avr. 2020
À lire aussi
premium2
habillage