Cécile Barral, Chargée de la programmation et de la valorisation de la Cité de l’économie et des Métiers de demain

    Cecile Barral

    Cécile Barral est membre de L’ADN Le Shift, le collectif du média L'ADN, son prolongement humain.

    Si vous deviez raconter votre parcours en quelques lignes… quel fil rouge relie vos différentes vies professionnelles et personnelles ?

    C.B. : Passionnée de politique, j’ai toujours considéré que l’action publique et politique était le levier le plus puissant pour faire évoluer notre société et améliorer la condition humaine. C’est cette conviction qui a guidé mes choix professionnels et m’a conduite à consacrer ma jeune carrière à l’accompagnement des élus, jusqu’à exercer des fonctions de direction au sein de cabinets politiques.
    Mon parcours a débuté à la mairie de La Grande Motte, où j’ai évolué pendant dix ans, passant de chargée de communication à directrice de la communication, avant d’accéder au poste qui représentait pour moi l’aboutissement naturel de cet engagement : celui de directrice de cabinet. Cette progression s’est construite grâce à mon sens de l’engagement, à une vision pragmatique de l’action publique et à une volonté constante de contribuer concrètement aux projets menés au service des habitants.
    J’ai ensuite occupé les fonctions de directrice de cabinet adjointe auprès de Jean-Paul Fournier à Nîmes durant un an, avant de rejoindre le cabinet de Carole Delga à la Région Occitanie.
    Ce parcours, riche et diversifié, a toujours été guidé par la même passion : accompagner l’action publique et travailler aux côtés de responsables politiques animés par le goût de l’action et le sens du service rendu aux citoyens.

    Sur le plan personnel, cet engagement s’est récemment traduit par ma candidature aux élections municipales de Mauguio-Carnon. Une expérience qui concrétisait de façon très personnelle ma volonté de mettre mes compétences, mon énergie et ma connaissance des enjeux locaux au service des habitants de mon territoire et d'une équipe.

    Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous occupe l’esprit ou vous fait vous lever le matin (en dehors du café) ?

    C.B. : Je suis assez préoccupée par l'accélération globale des rythmes. J'observe ces évolutions tout en restant confiante dans la nature humaine même si je m'inquiète de notre capacité d'être et de rester libre.

    Y a-t-il une rencontre, une date ou un moment qui a changé votre manière de voir le monde ?

    C.B. : Je ne crois pas aux révélations fulgurantes, mais plutôt à un cheminement progressif. Je crois beaucoup en l'individu et ses propres ressources intérieures et sa capacité à s'adapter.
    Ma vision du monde s’est donc élargie et affirmée avec le temps, au gré des expériences, des responsabilités, des succès comme des échecs, toujours avec un prisme très fort sur la vie de la Cité. Ce sont les centaines de rencontres, les discussions avec des habitants, des élus, des agents publics, des associatifs ou des entrepreneurs qui, peu à peu, ont façonné mes convictions.

    Les œuvres (romans, films, expositions, séries, BD, musiques…) qui vous ont retourné·e ou que vous glissez volontiers dans les mains de vos amis ?

    C.B. : Bienvenue à Gattaca" ! Mon film culte de 1997, réalisé par Andrew Niccol, un futur dystopique où la génétique détermine le destin des individus. Une claque visuelle, et philosophique à 14 ans. Les séries "la Fièvre" et "Baron noir" évidemment. Le livre que j'offre c'est le Courage de la nuance" de Jean Birnbaum. Je recommande bien volontiers aussi au plus grand nombre à lire "Créer des ponts" de Gabrielle Halpern.

    Mutation ou transformation : quel grand changement (sociétal, technologique, culturel…) vous semble le plus déterminant pour votre secteur ?

    C.B. : La société évolue à un rythme effréné, souvent au prix d’une simplification outrancière des enjeux, je suis résolue à mettre en adéquation temporelle: le milieu politique et les attentes des gens.
    Jamais les citoyens n'ont eu autant d'attentes envers le pouvoir politique et jamais il ne les a autant déçus.

    Une collaboration, un projet ou une initiative dont vous êtes particulièrement fier·e ?

    C.B. : Mon rôle actuellement à la Cité de l'économie et des Métiers de demain, fabuleux centre d'expérimentation et ma participation active de trait d'union du décryptage des signaux à sa diffusion pour servir une évolution positive et humaniste de notre société.

    Votre manière d’innover : comment cultivez-vous la curiosité ou la créativité dans votre quotidien professionnel ?

    C.B. : Je lis. Je m'abonne aux infolettres diverses et variées. Je les trouve plus intéressantes aujourd'hui que les articles de journaux d'information. Je m'inspire de celles et ceux qui osent se montrer, écrire, proposer un point de vue. Je recherche l'expression de la créativité humaine sous toutes ses formes : l'art et le sport aussi.

    Une personnalité ou un courant de pensée qui influence votre manière de voir le monde du travail ?

    C.B. : Je suis plongée dans l'hybridation pensée par Gabrielle Halpern et incarnée par Carole Delga. La philosophe et la présidente du réel. Cette façon de travailler et de penser, de porter une nouvelle voie me parle : créer des ponts, mettre " un nouveau monde". C'est visionnaire.

    Vous faites partie de L’ADN Le Shift, ce think tank un peu hors-norme : qu’avez-vous envie d’y trouver, ou d’y apporter ?

    C.B. : Partage, apprentissage, bulles d'air, échanges, discussions et mariages improbables. L'alliance et le mélange des personnes, des métiers, des expériences. C'est exactement ce genre d'espaces d'échanges apaisés et respectueux hors du temps qui nous font grandir et appelle notre responsabilité individuelle vers ce que nous souhaitons collectivement.

    Votre ambition ou vos rêves pour demain : quel impact aimeriez-vous avoir sur votre organisation, votre secteur ou la société ?

    C.B. : Continuer à développer des idées positives pour mon territoire basé sur le lien humain, transformer les organisations publiques pour qu'elles continuent de proposer un service public de qualité et donc adapté aux attentes des usagers; être la facilitatrice des projets et des rencontres.

    Enfin, si vous deviez résumer votre raison d’être en une phrase, une maxime, une réplique culte ou même une punchline… Ce serait ?

    C.B. : Comme j'écris ces réponses alors qu'Edgar Morin vient de nous quitter, les hommages ont rempli les réseaux et nos journaux. L'occasion de se replonger dans sa pensée sur l'éducation. "Enseigner la compréhension entre les humains est la condition et le garant de la solidarité intellectuelle et morale de l'humanité".

     

     

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