livre des tendances 2026
le livre des tendances 2026
 

    Emilie Binois, directrice éditoriale de La Fabrique de l'Industrie

    Emilie Binois

    Emilie Binois est membre de L’ADN Le Shift, le collectif du média L'ADN, son prolongement humain.

    Si vous deviez raconter votre parcours en quelques lignes… quel fil rouge relie vos différentes vies professionnelles et personnelles ?

    E.B. : L’écriture est le premier mot qui me vient. Mais l’écriture n’est en réalité qu’un média. Finalement, ce qui me guide c’est peut-être l’envie de mettre en lumière ce qui pour moi ne doit pas rester dans l’ombre. C’est ce que semble raconter mon parcours. D’abord journaliste, j’ai pris plaisir pendant près de vingt ans à informer et à mettre un coup de projecteur sur des gens et des événements. En parallèle, j’ai coanimé une émission sur Radio Néo dont l’objectif était de faire connaître de nouveaux artistes. J’ai cocréé une association visant à valoriser l’emploi des femmes dans le secteur automobile. J’ai coécrit des pièces de théâtre avec la joie de faire vivre mes mots dans la voix et le corps des acteurs. Et aujourd’hui, en tant que directrice éditoriale du think tank La Fabrique de l’Industrie, j’accompagne les auteurs sur leurs manuscrits, de l’écriture jusqu’à l’impression de leurs livres.

    Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous occupe l’esprit ou vous fait vous lever le matin (en dehors du café) ?

    E.B. : L’inattendu. Aucun jour ne ressemble jamais à ce que j’avais imaginé.

    Y a-t-il une rencontre, une date ou un moment qui a changé votre manière de voir le monde ?

    E.B. : Je ne saurais pas comment résumer "ma manière de voir le monde" parce qu'elle évolue avec le temps. Mais j'ai en tête des évènements, des rencontres et des lectures qui m'ont bouleversée au point de remettre en question mes habitudes et ma façon d'être au monde. Mais tout reste mouvant.

    Les œuvres (romans, films, expositions, séries, BD, musiques…) qui vous ont retournée ou que vous glissez volontiers dans les mains de vos amis ?

    E.B. : Le choix est difficile. Mais, parce que cela correspond particulièrement à mon état d’esprit actuel, je citerais d’abord les romans de Constance Debré. Son écriture est comme elle : puissante et épurée de tout ce qui est inutile.
    Côté musique, ce serait Tindersticks. Ce groupe britannique incarne ce que je retrouve chez beaucoup de ceux qui ont été importants dans mon parcours : l’élégance, le rock et la mélancolie. Enfin, côté cinéma, les films de Bruno Podalydès pour la poésie et la beauté qu’il sait mettre dans des situations banales.

    Mutation ou transformation : quel grand changement (sociétal, technologique, culturel…) vous semble le plus déterminant pour votre secteur ?

    E.B. : L’intelligence artificielle à plusieurs égards, avec autant de raisons de la craindre que de la souhaiter.

    Une collaboration, un projet ou une initiative dont vous êtes particulièrement fière ?

    E.B. : Je suis fière de tous les projets auxquels j’ai participé. Aller au bout de quelque chose, quel que soit le projet, c’est une grande satisfaction. Et, dans mon métier, j’ai toujours beaucoup de plaisir à voir sortir de l’imprimerie le dernier livre sur lequel j’ai travaillé avec ses auteurs.

    Votre manière d’innover : comment cultivez-vous la curiosité ou la créativité dans votre quotidien professionnel ?

    E.B. : En prenant le temps de lire, écouter ou regarder des choses qui, a priori, ne m’intéressent ou ne me plaisent pas. En me libérant régulièrement de mes propres algorithmes, je trouve de nouvelles idées ou je reconsidère ce que je pensais être la bonne voie.

    Une personnalité ou un courant de pensée qui influence votre manière de voir le monde du travail ?

    E.B. : À La Fabrique de l’industrie, nous avons publié plusieurs ouvrages sur l’organisation du travail qui amènent à prendre du recul sur notre façon de travailler, mais je n’ai pas de « maître à penser ». Peut-être aussi parce que j’ai la chance de faire un travail qui n’est pas « aliénant », tout au contraire.
    Je suis en revanche très reconnaissante de celles et ceux qui participent à faire évoluer l’égalité et la diversité dans le monde du travail, et à faire exploser quelques plafonds de verre.

    Vous faites partie de L’ADN Le Shift, ce think tank un peu hors-norme : qu’avez-vous envie d’y trouver, ou d’y apporter ?

    E.B. : J’attends la découverte de nouveaux sujets d’attention et de nouvelles personnes. J’attends de pouvoir encore « grandir » et évoluer aux contacts des membres du Shift. J’attends le foisonnement, le plus, le trop, le besoin de faire du tri. Chaque histoire, chaque témoignage me nourrit, parfois à titre professionnel, parfois à titre personnel. J’espère pouvoir offrir cela aussi.

    Votre ambition ou vos rêves pour demain : quel impact aimeriez-vous avoir sur votre organisation, votre secteur ou la société ?

    E.B. : J’aimerais donner le goût du doute.

    Enfin, si vous deviez résumer votre raison d’être en une phrase, une maxime, une réplique culte ou même une punchline… Ce serait ?

    E.B. : "Oublie que t'as aucune chance, vas-y fonce, sur un malentendu..."

     

     

    Vivez des expériences imaginées par L’ADN, et construisez votre réseau d’acteurs du changement.

    Vous souhaitez rejoindre le collectif L’ADN Le Shift ?
    Découvrez le programme de l’année et écrivez-nous ici pour nous faire parvenir votre candidature !

    commentaires

    Participer à la conversation

    Laisser un commentaire