Une filel avec des lunetets de soleil dans son canapé avec sa tablette et en fond un palmier

Voyager depuis son canapé : un bonheur plus simple qu’il n’y paraît

© FB via Midjourney

Pas besoin du métavers pour découvrir un autre monde. La démarche des cartes postales sonores permet de se mettre à l’écoute autrement et de découvrir combien c’est bon.

Rencontrer 4 000 moutons et leurs bergers sur la Terre de feu, naviguer sur le fleuve Amazone, se faire bousculer dans Istanbul, visiter un temple zen à Tokyo..., les cartes postales sonores d’Arte Radio propulsent les auditeurs loin, très loin.

Ces documentaires audio sans commentaires ont démarré sur la plateforme Soundcloud avant 2010 et ont fédéré une communauté d’artistes du son dont Felix Blume est aujourd’hui l’un des représentants : « Qu’on le veuille ou non, le son réveille l’imaginaire. Chacun est dans sa propre réalité, se construit son propre voyage selon ses références. Une clochette, par exemple, peut rappeler un troupeau de chèvres dans les Cévennes, un vendeur de glace à Mexico ou un cireur de chaussures à Port-au-Prince. »

Afin de donner du corps à ces tableaux sonores, de réussir à faire voyager l’auditeur dans le temps et dans l’espace, il ne suffit pas de poser son micro et d’appuyer sur « record ». Le bruit voyage lui aussi et plusieurs micros disposés de façon réfléchie sont nécessaires pour redonner aux situations enregistrées leur étoffe. En premier plan, le sifflement d’un homme auquel répond au loin le croassement des grenouilles, puis un oiseau au chant aigu, le bruit d’une rame dans l’eau… Et quand la profondeur de champ est établie, le voyage, en Amazonie, ou ailleurs, peut commencer. « L’écoute peut aller au-delà du sonore, c’est se mettre à la place de l’autre, qu’il soit nature ou humanité, veut croire Felix Blume. Des prises de conscience peuvent naître. Peut-être que les gens après une telle expérience, enlèveront leurs écouteurs pour entendre le quotidien des gens qui les entourent. »

La prochaine exposition de Felix Blume poursuit cet objectif. Essaim est une installation qui implique 250 enceintes diffusant chacune le son d’une abeille unique. L’artiste enregistre chaque insecte un à un afin d’immortaliser cette polyphonie mise en danger par le dérèglement climatique. Vous pourrez la visiter du 8 février au 26 juillet 2025 dans le cadre de l’exposition Chaosmos, au MAIF SOCIAL CLUB.

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commentaires

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  1. Avatar Charles dit :

    Superbe proposition... Voyager c'est effectivement de l'émotion.
    La force de l'Art!
    Un excellent réveil d'intérêt qui entretient la pensée 360 degrés.
    Il n'y a qu'à ajouter le contact humain et la connaissance d'une culture.

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