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    Portrait de Laetitia Montanier, Directrice de mission à la Cité de l'Economie et des Métiers de Demain de la région Occitanie

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    © DR

    Laetitia Montanier est membre de L’ADN Le Shift, le collectif du média L'ADN, son prolongement humain.

    Si vous deviez raconter votre parcours en quelques lignes… quel fil rouge relie vos différentes vies professionnelles et personnelles ?

    L.M. : Mouvement et ancrage. Vie professionnelle et personnelle forment une unité, guidées par mes aspirations profondes : la liberté, le sens du juste et la volonté d’agir là où cela compte. Mon parcours pluridisciplinaire - histoire, innovation, gouvernance, défense, prospective - n’est pas une simple juxtaposition d’expériences. Il nourrit une approche systémique, sensible et originale des grands enjeux contemporains, et raconte une même quête : comprendre les dynamiques profondes de notre époque pour mieux contribuer à les transformer. Je suis animée par une recherche constante de sens, une attention soutenue à la dimension humaine et la conviction que l’innovation doit servir l’intérêt général. Je concrétise ces valeurs en m’investissant pleinement dans des projets à fort impact, portée par l’élan constant de relever de nouveaux défis.

    Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous occupe l’esprit ou vous fait vous lever le matin (en dehors du café) ?

    L.M. : La curiosité et l’envie. Ce sont elles qui me portent et m’emportent, mes deux moteurs pour explorer, créer, faire, découvrir, interagir, rencontrer et croiser les mondes afin d’inventer de nouveaux possibles. Face à l’obsolescence de nos systèmes actuels, préserver cette « en‑vie » et cette curiosité reste un travail quotidien, une vigilance intérieure : une résistance douce mais déterminée contre l’inertie et le découragement.

    Y a-t-il une rencontre, une date ou un moment qui a changé votre manière de voir le monde ?

    L.M. : 2005 marque ma rencontre avec le livre de Christian Harbulot « La main invisible des puissances », qui m’a ensuite conduit, en 2008, à intégrer l’École de Guerre Économique, cofondée par Christian Harbulot et le général Jean Pichot-Duclos. Ce livre propose un décryptage visionnaire des guerres secrètes de la mondialisation et explore les liens entre économie, renseignement et stratégie globale. Le réel de 2026 n’en est qu’une prolongation.

    Les œuvres (romans, films, expositions, séries, BD, musiques…) qui vous ont retournée ou que vous glissez volontiers dans les mains de vos amis ?

    L.M. :

    • « Les 7 plumes de l’aigle » (Henri Gougaud) pour sa poésie
    • « Les Falsificateurs » (Antoine Bello) pour le questionnement
    • « Le Cœur cousu » (Carole Martinez) pour sa délicatesse et sa célébration de la liberté et de la transmission entre femmes
    • Et Ara Malikian pour son énergie, sa liberté totale et son mélange unique des mondes culturels et musicaux

    Mutation ou transformation : quel grand changement (sociétal, technologique, culturel…) vous semble le plus déterminant pour votre secteur ?

    L.M. : Le refus de la médiocrité. La médiocrité devient la norme : les collectifs malmenés par les chaos de fin de cycle se trouvent prisonniers de postures passéistes. Ils perdent en capacité d’action et décuplent ainsi l’exposition de leurs vulnérabilités. Retrouver une boussole et un métronome, revient à accepter un changement profond de posture pour sortir d’un déni de réalité périlleux. Si rêver grand et beau est possible, organiser la réflexion et l’action différemment est fondamental. Cet élan bâtisseur d’un demain éclairé, passe par un préalable : le refus de la médiocrité.

    Une collaboration, un projet ou une initiative dont vous êtes particulièrement fière ?

    L.M. : Je suis particulièrement fière de contribuer depuis 5 ans, avec une équipe ultra motivée, au développement d’une dynamique de prospective et d’expérimentation, dédiée au futur du travail. Il s’agit de la Cité de l’Économie et des Métiers de Demain créée par la Région Occitanie. C’est une immense fierté de vivre et d’agir sur un territoire qui porte une vision, investit dans l’avenir à un moment où tout se contracte, et encourage la projection, l’impertinence comme l’audace.

    Votre manière d’innover : comment cultivez-vous la curiosité ou la créativité dans votre quotidien professionnel ?

    L.M. : Confiance & mise à l’épreuve, de mes intuitions. Je considère l’intuition comme un outil stratégique sensible : une capacité à capter les signaux faibles et à relier des mondes qui ne dialoguent pas encore. L’innovation commence lorsque cette intuition se transforme en action et produit un impact réel.

    Une personnalité ou un courant de pensée qui influence votre manière de voir le monde du travail ?

    L.M. : Les travaux très opérationnels de la philosophe Gabrielle Halpern mettent en lumière une réalité essentielle : le monde dans lequel nous évoluons est profondément hybride. Ce monde hybride ne devient fécond que si s’opère une métamorphose réciproque entre ses différentes composantes. De ce décloisonnement peut naître un lien renouvelé, capable de transformer les dynamiques de nos collectifs - au sens large - et plus particulièrement celles qui structurent le monde du travail.

    Vous faites partie de L’ADN Le Shift, ce think tank un peu hors norme : qu’avez-vous envie d’y trouver, ou d’y apporter ?

    L.M. : Y trouver : un croisement de l’existant – de grande qualité – avec des visions et des actions issues des territoires (de « province » ). Faire se rencontrer cet existant de projection de très bon niveau avec des acteurs de terrain non parisiens : pourquoi pas imaginer inclure des parties prenantes du quotidien impactées très directement et très concrètement par des enjeux de prospective (ex : climat & sécurité civile).
    Y apporter : réfléchir à opérationnaliser cette proposition.

    Votre ambition ou vos rêves pour demain : quel impact aimeriez-vous avoir sur votre organisation, votre secteur ou la société ?

    L.M. : Contribuer à préserver la souveraineté des esprits en favorisant le développement des compétences du XXIᵉ siècle. Mon ambition serait de concrétiser un pacte public-privé en Occitanie autour de cet enjeu, afin de renforcer l’autonomie intellectuelle, l’esprit critique et la capacité d’action de nos citoyens et de nos organisations.

    Enfin, si vous deviez résumer votre raison d’être en une phrase, une maxime, une réplique culte ou même une punchline… Ce serait ?

    L.M. : J’hésite entre : « oublie que t'as aucune chance, vas-y fonce, on sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher », de Jean-Claude Dusse ou « la connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information », de Albert Einstein.

     

     

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