
L'écosystème du e-commerce vit une mutation majeure, et pivote vers l'adoption de pratiques plus durables. Décryptage.
Et si, plus qu’une tendance, la seconde main constituait la première brique d’une économie véritablement circulaire ? C’est la question qui a animé en filigrane les échanges au cours d'un webinar animé par Guillaume Ledit, directeur éditorial de L’ADN, avec Alice Vachet, experte en RSE, Francis Barel directeur général de PayPal France, et Marc Lolivier, délégué général de la Fédération e-commerce et vente à distance (Fevad).
La conversation s’est ouverte sur une constatation : les consommateurs français, poussés par une conscience écologique croissante et des contraintes économiques fortes, se tournent de plus en plus vers le marché de la seconde main. A tel point que le secteur est aujourd’hui estimé à 150 milliards d'euros. Ces mutations de comportements sont renforcées par l'essor des plateformes en ligne facilitant les transactions d'objets d'occasion, traduisant une évolution profonde dans les modes de consommation.
Fin du monde et fin du mois
Les raisons de cet engouement sont multiples : le souhait de dépenser moins, certes, mais aussi une attention particulière à l'impact environnemental des achats. Les préoccupations quant à la fin du monde rejoignent alors les inquiétudes budgétaires de fin de mois, comme le note Francis Barel. La seconde main, autrefois marginale, devient donc un vecteur d'économies et de responsabilité sociale. Marc Lolivier souligne ainsi que le secteur représente déjà 11% des achats e-commerce en France, signe d'un marché en pleine expansion.
Alice Vachet note de son côté que les attentes des consommateurs qui recherchent un mode de vie durable sont souvent comblées par des services en ligne. Le commerce en ligne a donc un rôle central à jouer dans la promotion de la seconde main, en permettant notamment des transactions sécurisées.
Passer de la première à la seconde
Les entreprises, confrontées à ces changements, explorent différentes stratégies pour intégrer la seconde main dans leurs modèles économiques. L'exemple de grands acteurs comme le groupe SEB, qui combine vente de produits neufs et services de réparation, illustre cette tendance. Toutefois, le défi demeure d’éviter l'effet rebond, et de promouvoir cette pratique sans encourager la surconsommation.
Une surconsommation potentiellement facilitée par le déploiement des outils d'intelligence artificielle, levier pour dynamiser le marché de l'occasion en personnalisant l'expérience client et en valorisant les produits de seconde main.
Mais alors, comment faire pour passer la seconde et enclencher sa transition vers l’économie circulaire ? Nos experts conseillent de bien se renseigner, puis d’établir un diagnostic de sa chaîne d’approvisionnement avant d'établir une stratégie. Celle-ci peut passer par la collaboration avec des acteurs déjà installés, qui permettra in fine la mise en place de modèles d'affaires innovants. Mais quelles que soient les options choisies, l'essentiel reste de communiquer en toute transparence avec vos clients, sans omettre les progrès qu’il reste à accomplir !
Personne ne peut prédire l’avenir de la consommation, mais elle se doit selon nos experts de devenir responsable et moins intensive. Un changement de paradigme dans lequel la seconde main va jouer un rôle moteur, non seulement comme levier économique mais aussi comme vecteur de changement sociétal.
Tendances ou... effet de mode (ce qui reste... malgré tout, compatible avec le secteur !) ?