
Les grèves ont été au cœur des avancées sociales et il semble qu'elles commencent à obtenir des résultats dans les jobs du numérique.
1789 : À chacun son taf
Triomphe de la bourgeoisie sur l’ordre féodal, la Révolution française consacre l'exercice libre des professions, en contre-pied du système des corporations, mais prive les travailleurs du droit de se coaliser et de faire grève.
1804 : It’s a new deal
Le Code civil adopté sous le Premier Empire lance les prémices du contrat de travail sous le terme de « louage d’ouvrage » qui est « un contrat par lequel l’une des parties s’engage à faire quelque chose pour l’autre, moyennant un prix convenu entre elles ».
1819 : La guerre homme/machine aura bien lieu : acte 1
En Angleterre, les luddites protestent contre les machines textiles censées les remplacer en les détruisant. Ces évènements révèlent les premiers clashs entre travailleurs et technologies.
1860 : Une certaine idée du mi-temps
La première loi sur les heures de travail en France limite la journée de travail à douze heures pour les adultes et huit heures pour les enfants.
1871 : Patron, la nouvelle figure du tyran
Avec l’ère industrielle, les rapports patrons/salariés prennent de nouvelles formes et se crispent dans la foulée. À Paris, alors que la Commune a été violemment réprimée, Eugène Pottier écrit « L'Internationale » : « Hideux dans leur apothéose, les rois de la mine et du rail, ont-ils jamais fait autre chose, que dévaliser le travail ? »
1886 : Premier 1er mai
Lors d’une grève à Chicago pour l’obtention de la journée de huit heures, deux manifestants sont tués par la police. Le mouvement s’amplifie et sera sanctionné par la condamnation à mort ou des peines de prison à perpétuité pour huit manifestants. Ces évènements sont à l’origine de la création de la journée internationale des travailleurs le 1er mai.
1891 : Des chiffres et des lettres
Création de l’Office du travail. Par ses enquêtes et ses statistiques, l’ancêtre du ministère du Travail met à disposition des législateurs, des syndicalistes et des réformateurs des connaissances précises sur le travail, la production et les relations sociales, son but étant de préparer la réforme sociale.
1906 : Alléluia !
Instauration d’un repos obligatoire hebdomadaire de vingt-quatre heures, qui doit être donné le dimanche.
1919 : Le prix du sang et des larmes
Après le carnage de la Première Guerre mondiale, les droits des travailleurs sont renforcés, la journée de huit heures est mise en place, et le contrat de travail, généralisé.
1936 : Quand on s'promène au bord de l'eau
Le Front populaire, gouvernement composé d’une coalition de partis de gauche, instaure la réduction du temps de travail, les congés payés (15 jours), et met en place le « billet populaire de congé annuel », qui réduit les tarifs du train pour permettre aux travailleurs de partir plus facilement en vacances.
1945 : Disruptif, moderne et social
En quelques mois, le ministre du Travail Ambroise Croizat, sous le gouvernement de De Gaulle, crée la Sécurité sociale et déploie tout le système administratif pour la gérer.
1950 : Pousser le minimum au max
Création d’un salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), remplacé par le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) en 1970.
1979 : Mort annoncée des cols bleus
Près de 300 000 personnes participent à la marche des sidérurgistes de Longwy à Paris. La manifestation est marquée par des affrontements très durs avec la police. Avec la mondialisation, les luttes pour les avancées sociales se transforment en manifestations pour juste garder son job.
2000 : On rase gratis
TripAdvisor permet à ses utilisateurs de publier des avis, des photos et des recommandations sur les hôtels, les restaurants et les attractions touristiques. C’est le début des contenus générés par les utilisateurs (CGU). Le numérique va généraliser ces pratiques qui consistent à faire bosser les utilisateurs gratis.
2005 : Mega passion, mini job
Etsy, société américaine de vente en ligne, spécialisée dans le fait main et le vintage, propose à tous les passionnés de macramé, de babioles et de tricot de vendre leurs créations. La promesse : que le numérique permette à chacun de pouvoir vivre de sa passion. C'est le début de l'économie dites de la passion.
2008 : Petits boulots, tout petits revenus
La société TaskRabbit invente la « gig economy », l’économie des petits boulots. Cette plateforme permet aux particuliers de proposer leurs compétences et leurs services pour effectuer diverses tâches à la demande.
2018 : Moi aussi...
Des employés de chez Google manifestent dans plusieurs pays pour s'opposer aux affaires de harcèlement sexuel au sein de l'entreprise. Le mouvement ne dure que quelques minutes...
2019 : Ça chauffe, chez les chauffeurs
Quelques jours avant l’introduction en Bourse d'Uber, à Londres et New York, ses chauffeurs entament une grève pour protester contre la distorsion entre la précarité de leurs conditions de travail et les sommes colossales que les investisseurs s'apprêtent à investir lors du plus gros VTC.
2021 : Faut pas prendre les Googlers pour des canards sauvages...
Un groupe de 226 employés de Google aux États-Unis créé l’Alphabet Workers Union, un syndicat ouvert à tous les employés et sous-traitants de la société mère. Cette initiative majeure fait suite aux protestations des travailleurs du secteur de la technologie qui ont accusé les entreprises de la Silicon Valley de pratiques de travail déloyales et de transactions commerciales contraires à l’éthique. Les dirigeants élus de l’organisme ont écrit qu’ils veilleront à ce que les travailleurs sachent sur quoi ils travaillent et puissent faire leur travail à un salaire équitable, sans crainte d’abus, de représailles ou de discrimination.
2023 : 64 au bord de 68
Le mouvement social contre la réforme des retraites en France mobilise pendant plusieurs mois des millions de personnes protestant contre le relèvement de 62 à 64 ans de l'âge légal de départ à la retraite (le départ à 60 ans datait de 1983) et à quarante-trois ans la durée minimum de cotisation.
2023 : L'IA mise au pas
Après cinq mois de conflit, syndicats des scénaristes d’Hollywood et direction sont parvenus à un accord. À côté des revendications salariales, figurent des mesures de protection contre l’arrivée des robots écrivains.
Cette fresque historique est parue dans le numéro 34 de la revue de L'ADN - Où sont les travailleurs ? Ils ne veulent plus travailler comme avant. Vous pouvez vous procurer votre exemplaire en cliquant dans notre boutique, par ici.
Et le combat des salariés d'Amazon à COVENTRY toujours en cours pour faire reconnaître leur syndicat ....