livre des tendances 2026
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    Portrait de François Candelon, partner chez Seven2

    Francois Candelon

    François Candelon est membre de L’ADN Le Shift, le collectif du média L'ADN, son prolongement humain.

    Si vous deviez raconter votre parcours en quelques lignes… quel fil rouge relie vos différentes vies professionnelles et personnelles ?

    F.C. : La fidélité, d'abord : 30 ans de mariage avec la merveilleuse Zoé ainsi qu'au BCG avant l'arrivée chez Seven2 où j'ai rejoint le nouveau CEO qui fut mon consultant il y a 25 ans. Mais une fidélité mêlée de curiosité, tournée vers les frontières : aller vivre en Chine en 2010 pour comprendre ce qui s'y tramait vraiment, puis basculer toute mon énergie professionnelle sur l'adoption de l'IA à partir de 2019. J'aime bien essayer de comprendre ce qui se passe là où ça bouge.

    Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous occupe l’esprit ou vous fait vous lever le matin (en dehors du café) ?

    F.C. : Comprendre l'impact de l'IA sur les entreprises, sur la société au sens large, sur notre Europe en particulier ! C'est un tsunami qui nous arrive en pleine figure, avec ses côtés positifs et négatifs. Mieux vaut vite trouver une planche pour le surfer que de faire l'autruche.

    Y a-t-il une rencontre, une date ou un moment qui a changé votre manière de voir le monde ?

    F.C. : 2012. Je rencontre Ren Zhengfei, le fondateur de Huawei. Il me demande ce qu'aucun client ne m'avait jamais demandé : que doit-il faire pour que Huawei existe encore dans cent ans ? Une question qui ne me lâche plus, quant aux conséquences de mes propres actions.

    Les œuvres (romans, films, expositions, séries, BD, musiques…) qui vous ont retourné ou que vous glissez volontiers dans les mains de vos amis ?

    F.C. : Les Essais sceptiques de Bertrand Russell : pour une approche systématique de l'esprit critique, résister aux croyances et à l'irrationnel.
    Le Mahabharata : où est le bien ? Où est le mal ? Il y a des actions et leurs conséquences…

    Mutation ou transformation : quel grand changement (sociétal, technologique, culturel…) vous semble le plus déterminant pour votre secteur ?

    F.C. : « La compétitivité d’une Nation dépend de la capacité de son industrie à innover et à se moderniser ! » Cette citation de Michael Porter, figure emblématique de la stratégie à Harvard, date de 1990. Elle n’a jamais été aussi actuelle qu’avec l’IA aujourd’hui. L’idée de faire de la France une « start-up nation » était bonne en soi mais aujourd’hui nous avons besoin de faire adopter ces nouvelles technologies par nos entreprises traditionnelles afin qu’elles regagnent en compétitivité. Le programme pour y arriver est dantesque et passe en particulier par la réduction des coûts de restructuration en cas d’échec !

    Une collaboration, un projet ou une initiative dont vous êtes particulièrement fier ?

    F.C. : La responsabilité de la Women Initiative au BCG en 2007. Le BCG Paris n'avait alors aucune femme directrice associée et très peu de cheffes de projet confirmées. Il reste encore un chemin considérable, mais aujourd'hui elles représentent le même ratio que dans les écoles où le BCG recrute et leur impact est incontestable. Pour y arriver, j'ai fondé mon approche sur l'efficacité, plutôt que la morale : j'ai convaincu mes associés qu’avec l’augmentation du nombre de nos nouvelles recrues, nous ne pouvions pas nous passer du talent et de la diversité cognitive des jeunes femmes de nos écoles cibles. En proposant quelques adaptations – notamment autour du temps partiel – j'ai démontré à nos jeunes consultantes que le conseil, avec ses possibilités de pauses et de mobilité qui n'affectent pas la trajectoire de carrière, était l'une des meilleures industries pour celles qui voulaient faire carrière.

    Votre manière d’innover : comment cultivez-vous la curiosité ou la créativité dans votre quotidien professionnel ?

    F.C. : Développer des capteurs : lectures régulières de newsletters comme Exponential View d'Azeem Azhar, voyages réguliers aux États-Unis et en Chine pour voir ce qui s'y passe vraiment, pas ce qu'on en raconte.
    Et puis cristalliser tout ça : écrire et donner des conférences pour forcer la synthèse à un moment donné.

    Une personnalité ou un courant de pensée qui influence votre manière de voir le monde du travail ?

    F.C. : Clayton Christensen et sa théorie de l'innovation disruptive. Il nous a appris que ce ne sont pas les mauvais managers qui ratent les virages technologiques, mais que les mécanismes même du succès peuvent rendre aveugle au changement. Une leçon d'humilité indispensable face à l'IA et face au changement climatique comme décrit par Frédéric Samama dans son ouvrage The Enigma of Climate Inaction.

    Vous faites partie de L’ADN Le Shift, ce think tank un peu hors-norme : qu’avez-vous envie d’y trouver, ou d’y apporter ?

    F.C. : Des idées. Des émotions. Et surtout des gens qui ne pensent pas comme moi. Après 30 ans dans le conseil en stratégie et le private equity, je connais le risque de la bulle : mêmes formations, mêmes références, conversations prévisibles. L'ADN Le Shift, c'est l'occasion de croiser des créatifs, des entrepreneurs sociaux, des technos qui regardent les mêmes problèmes avec d'autres lunettes. C'est dans ce frottement là que naissent les intuitions intéressantes. Et quand on parle d'IA et de transformation, on ne peut pas se contenter d'une vision techno ou business. Il faut chercher à être bousculé.

    Votre ambition ou vos rêves pour demain : quel impact aimeriez-vous avoir sur votre organisation, votre secteur ou la société ?

    F.C. : Aider nos entreprises européennes à se moderniser pour permettre à l'Europe de conserver ses valeurs et son mode de vie. Si nous ratons cette révolution industrielle, la chute peut être très rapide et très lourde. Regardez la Chine du XIXe siècle : elle pesait environ 30 % du PIB mondial avant de rater la révolution industrielle. En 1900, elle n'en représentait plus que 10 %, et s'est enfoncée dans un « siècle d'humiliation » économique et géopolitique, perdant jusqu'à sa souveraineté avec les « traités inégaux ». À ma modeste place, je contribuerai du mieux que je peux pour nous éviter un tel destin.

    Enfin, si vous deviez résumer votre raison d’être en une phrase, une maxime, une réplique culte ou même une punchline… Ce serait ?

    F.C. : « Ton fils n’est pas ton fils mais le fils de son temps ! (Confucius) » Accepter sans nostalgie que le Monde d’aujourd’hui n’est plus le nôtre mais celui de la nouvelle génération, et essayer de contribuer à le rendre meilleur selon leurs critères !

     

     

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