Vous avez aimé l’affaire Cambridge Analytica ? Découvrez CLOUD Act, le nouveau scandale au rayon privacy

Vous avez aimé l’affaire Cambridge Analytica ? Découvrez CLOUD Act, le nouveau scandale au rayon privacy

À l’heure où l’Amérique accumule les preuves formelles que ses citoyens ont bien été manipulés grâce aux efforts conjoints d’un candidat à l’élection présidentielle et de sociétés de droit privé, on pouvait espérer que les États-Unis fassent un petit geste – même discret – en faveur de la « privacy ».

Il n’en n’est rien.

Jeudi 22 mars dans l’après-midi, le Congrès américain a glissé dans les 2 232 pages de la révision du budget un texte qui n’avait pas grand-chose à voir avec les dépenses de la nation : le CLOUD Act (à ne pas traduire par « nuage act » mais par « Clarifying Lawful Overseas Use of Data »). Dans la foulée, Donald Trump a ratifié le texte.  « Les gens méritent le droit à un meilleur processus » concluait à raison Jim McGovern, représentant du Massachusetts.

De quoi s’agit-il encore ?

L’objectif du CLOUD Act est de fluidifier les procédures permettant aux pays – les États-Unis comme les États ayant signé un accord avec eux – l’accès aux données personnelles stockées par les entreprises soumises à la juridiction de l’Oncle Sam, sans passer par les tracasseries de la justice ou les fastidieux processus diplomatiques. En clair, sur simple demande, Google, Microsoft, Facebook et consorts sont désormais tenus de livrer les secrets de leurs utilisateurs, sans discuter, sans qu’un juge tatillon ne le discute.

Tout cela est évidemment pour la bonne cause – « protéger la sécurité publique et lutter contre la criminalité grave, y compris le terrorisme » mais update sans complexe le 4ème amendement de la constitution des États-Unis. Rappel du texte fondateur ainsi raillé : « Le droit des citoyens d’être garantis dans leur personne, domicile, papiers et effets, contre les perquisitions et saisies non motivées ne sera pas violé, et aucun mandat ne sera délivré, si ce n’est sur présomption sérieuse, corroborée par serment ou affirmation, ni sans qu’il décrive particulièrement le lieu à fouiller et les personnes ou les choses à saisir. »

Le sujet a soulevé fort peu de réactions. On a tort, et on ferait bien de se passer l’info comme on échange une video de chat : en masse. Même si c’est vrai que c’est beaucoup moins mignon…