2018 : Mark Zuckerberg a compris son job

2018 : Mark Zuckerberg a compris son job

Roulement de tambour : cette année, pour une fois, Mark Zuckerberg ne se lancera pas de défi personnel. On s’était pourtant habitués à son petit rituel. Depuis 2009, au moment des bons voeux, le tycoon du social media affichait une ambitieuse résolution, preuve de sa puissance de feu intérieur : apprendre le mandarin,  développer sa propre IA, parcourir tous les États d’Amérique… Mais 2017 l’a rappelé à l’ordre. Il faut désormais colmater les urgences, et rester focus sur le coeur du coeur de son job. Car au cours des 12 derniers mois, Facebook a surtout gagné un sale arrière goût d’Empire. Pas besoin d’être un Jedi pour le comprendre : Facebook n’a pas rendu le monde meilleur. Facebook n’a pas tenu sa promesse de « donner le pouvoir aux gens ». Facebook est devenu une tentaculaire machine à cash, une boîte à cibler ses utilisateurs en captant leur temps de cerveau disponible, un dealer de rue qui applique à ses clients la fameuse formule : la première ligne est gratuite mais les suivantes sont chères, toujours plus chères. Et les allégations acides d’anciens dirigeants de Facebook confirment volontiers cette dérive. Sean Parker déclarait en novembre dernier : « Facebook a été conçu pour exploiter la “vulnérabilité” humaine. Nous le savions, et nous l’avons fait consciemment. » Le bilan d’un tel cynisme ? En 2017, il n’est pas glorieux.

Alors même que Mark Zuckerberg soutenait la candidate démocrate, les équipes de Donald T. se targuent d’avoir utilisé sa plateforme pour faire basculer les indécis dans leur camp. Sans faire de mea culpa trop explicite, Mark Zuckerberg reconnait dans son post de début d’année : « Dans les années 1990 et 2000, la plupart des gens croyaient que la technologie serait une force décentralisatrice. Mais aujourd’hui, beaucoup ont perdu la foi en cette promesse. Avec l’émergence d’un petit nombre de grandes entreprises technologiques (et les gouvernements utilisant la technologie pour surveiller leurs citoyens), nombreux sont ceux qui croient désormais que la technologie centralise le pouvoir plutôt que l’inverse. Il existe d’importantes contre-tendances, comme le chiffrement et la crypto-monnaie, qui prennent le pouvoir des systèmes centralisés et le remettent entre les mains des citoyens. Mais elles portent le risque d’être plus difficiles à contrôler. Je veux étudier les aspects positifs et négatifs de ces technologies, et savoir comment les utiliser au mieux dans nos services. »

Comme le disait l’oncle de l’homme araignée : « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». Mark semble en avoir pris conscience. Convient-il désormais que trop de cynisme ne sert pas sa cause ? On peut l’espérer. Il était temps. Il n’est jamais trop tard…