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Femme en fauteuil roulant devant des escaliers
© Apeyron via Getty Images

Pourquoi la France est à la traîne en matière de mobilité inclusive

KPMG
Le 25 avr. 2019

En France, les moyens de transport sont un enfer pour les personnes en situation de handicap. Les nouvelles formes de mobilité, comme les trottinettes électriques et les Sea Bubbles, n’arrangent rien au problème, constate Charlotte de Vilmorin, fondatrice de Wheeliz.

Réserver son trajet de RER 24 heures à l’avance pour être assisté par un agent, se contenter de la ligne 14 du métro car les autres sont inaccessibles… C’est la dure réalité d’une personne en situation de handicap à Paris. La France est une mauvaise élève en matière de mobilité inclusive. Dans l’Hexagone, « plus d’1,2 million de personnes âgées et 400 000 victimes d’accidents divers n’ont pas accès aux transports », pointe Charlotte de Vilmorin, fondatrice de Wheeliz, une start-up qui met en relation des propriétaires de véhicules aménagés pour les fauteuils roulants et des utilisateurs qui en ont besoin.

Sea Bubble pas accessible aux personnes en fauteuil : « un non-sens »

Les dernières innovations en date n’arrangent rien au problème. Sea Bubble, un concept de taxi flottant sur la Seine, est certes « hyper innovant », souligne Charlote de Vilmorin, mais il « n’est pas pensé pour les personnes en fauteuil. Ce qui pour moi est un non-sens. » Et que dire des trottinettes électriques qui envahissent les trottoirs ? Elles ne sont pas accessibles aux personnes en situation de handicap et elles ne facilitent pas vraiment le passage des fauteuils roulants.  

Pour Charlotte de Vilmorin, c’est un cercle vicieux. « Les personnes à mobilité réduite ne sont pas visibles parce qu’elles ne peuvent pas se déplacer donc on les oublie au moment de concevoir l’innovation. Il en va de même pour les véhicules autonomes. Aujourd’hui, les grands constructeurs français de véhicules autonomes ont oublié de les rendre accessibles aux personnes en fauteuil alors que cela pourrait être un formidable espoir d’autonomie pour un public qui ne peut pas se déplacer tout seul. »

New-York et Londres s'en sortent mieux

Pourtant les autres pays, du moins les grandes capitales, ne s’en sortent pas si mal. L’accessibilité des transports aux personnes à mobilité réduite est davantage prise en compte. « À Londres, j’ai été frappée de voir que tous les taxis sont équipés de rampes. Un fauteuil roulant peut entrer dans tous les black cab que l’on croise dans la rue. Cela change complètement le rapport à la mobilité, à la ville et à la façon de se déplacer », explique Charlotte de Vilmorin. À New-York, un taxi sur dix est accessible aux personnes en fauteuil roulant. À Dubaï, toutes les stations de métro sont accessibles en ascenseur. Il serait peut-être temps de prendre exemple. 

Pour lire l'intégralité de l'interview de Charlotte de Vilmorin, rendez-vous sur HOW.


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