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The Darknet

Le 18 févr. 2015

Inside the Digital Underworld... Le livre de Jamie Bartlett est un voyage auprès des âmes sombres du net, des sous-cultures créatives, et des plus destructrices : "une exploration fascinante et inquiétante des recoins de l'Internet et de l'esprit humain". A découvrir d'urgence. Par Caroline Martin.

"Une exploration fascinante et inquiétante des recoins de l'Internet et de l'esprit humain" (Josh Cohen)

Ce livre est un voyage auprès des âmes sombres du net, des sous-cultures créatives, et des plus destructrices. Au nom de l'innovation, de la liberté, de l'anonymat, ou encore de la perversité et de la haine, les sans-visage mènent une vie parallèle dans un monde souvent discuté, jamais vraiment exploré. Il était une fois… La fascination du pire, et du meilleur, en 239 pages.

Jamie Bartlett a commencé à s'intéresser au Darknet en 2007, lorsqu'il enquêtait sur les extrémistes islamistes à travers l'Europe et les Etats-Unis. Il s'est vite rendu compte que tout se passait en ligne : guerres, pornographie, drogues, suicides, anarchie, politique, pédophilie etc. Spectateur d'abord amateur, Jamie s'est ensuite plongé dans cette culture TOR (réseau anonyme et sécurisé qui donne accès aux pages non indexées), où les emails sont cryptés, l'historique de navigation intraçable, et les paiements effectués en Bitcoins : "un monde où règnent avant tout liberté et anonymat, et où les utilisateurs disent et font ce qu'ils veulent, sans aucune censure, ni régulation, en dehors des normes sociales. C'est un monde aussi choquant et perturbant qu'il est innovant et créatif." Car, comme le souligne si bien le New Yorker, "on the Internet, no-one knows you're a dog" ("sur Internet, personne ne sait que vous n'êtes qu'un chien").

Et tout commence à l'ombre d'une jeune fille qui aurait malencontreusement perdu sa fleur sur le réseau 4chan. En quelques secondes, les Trolls se saisissent du dossier (des photos nues principalement), la piègent et transmettent le tout à sa famille, ses amis, au monde entier. Puis ils l'appellent, la noient de messages, fiers de l'action salvatrice qu'ils pensent avoir menée face à la démocratisation du nu sur Internet…

D'une histoire à l'autre, Jamie B. nous emmène dans un monde plus dark encore, habité par des loups solitaires comme Anders Behring Breivik, islamophobe norvégien, qui a abattu 77 personnes en 2011. Plus loin, nous assistons à un live par webcam où 3 jeunes femmes accomplissent plusieurs actes sexuels en échange de conseils de comptabilité, une sorte de troc à base de pornographie… au grand désespoir de l'industrie, qui en prend un sacré coup (chute des recettes de 50% depuis quelques années). Nous entendons aussi parler de communautés de futurs suicidés, de marché de l'assassinat participatif, de la Route de la Soie version Bitcoin, d'apologie du terrorisme et d'espionnage politique.

Mais Jamie B. fait bien de nous rappeler que le Darknet connait aussi des fins plus nobles. Dissidents, révolutionnaires, combattants de la liberté… Contre la censure gouvernementale, les démocrates syriens créent un système crypté pour coordonner leurs activités. Même combat pour les dissidents russes ou les homosexuels du Moyen-Orient, qui y trouvent enfin un havre de paix.

Jamie B. conclut d'ailleurs que le Darknet doit être considéré comme une ressource et non une menace aux valeurs de la société civile. D'après lui, le Darknet « favorise une créativité à couper le souffle », et « plutôt que de dépenser notre énergie à essayer de censurer, de réglementer et de fermer ces sites, nous ferions mieux d'apprendre d'eux et de travailler sur la façon dont nous pourrions utiliser la technologie qu'ils ont impitoyablement exploitée pour de bon ».

Sous la surface des chemins bien tracés des réseaux ordinaires - Google, eBay, Facebook, YouTube - se trouve donc un monde sans lois, qu'il nous faut mieux comprendre, pour toujours tenir compte de l'obscurité avant d'innover dans la lumière. Car « la vie en ligne va très vite. Et même si à la lecture de ce livre beaucoup de choses peuvent avoir changé depuis son écriture, il est certain que ce que les êtres humains font sous les conditions de l'anonymat n'ont pas changé ».

Le meilleur des mondes est au bout du tunnel, encore une fois.

Une histoire sans fin.

 

Lecture éclairante, pour les uns comme pour les autres.

Aujourd'hui disponible seulement en anglais et en ligne sur Amazon.

 

Caroline Martin

@CarolineMrtn

L'ADN - Le 18 févr. 2015
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