premium 1
premium 1 mobile
Data

Generali : des bons points contre des datas

Le 13 sept. 2016

Generali France lance son programme Generali Vitality : celui-ci vise à améliorer le bien-être des salariés par la récupération de leurs données. Des dangers de la data dans les assurances ?

Le programme Generali Vitality est développé en partenariat avec la société Discovery et sera effectif à compter du 1er janvier 2017. Il sera mis en place au sein des entreprises clients de Generali qui le souhaitent.

Un package pensé en trois étapes :
Se connaître : le salarié est invité à évaluer son alimentation, son mode de vie, sa santé à travers un questionnaire en ligne… A l’issue du questionnaire, un âge Vitality est déterminé, et des objectifs personnalisés lui sont proposés.
S’améliorer : Le salarié qui décide de s’engager suit les recommandations du programme pour atteindre les objectifs fixés et cumuler des points.
Profiter : Plus le salarié cumule de points, plus son statut est élevé et plus il obtient de récompenses auprès des partenaires de Generali Vitality, tels que Club Med, Look Voyages, Wedoogift (Sephora, Fnac, Decathlon). Il existe 4 statuts : bronze, argent, or et platine, donnant droit à différents niveaux d’avantages.

Une proposition alléchante pour les adeptes du Quantified Self, cette méthode grandissante qui vise à capturer les données relatives à son corps et à ses activités grâce à toutes sortes d’objets connectés, en vue de surveiller et d’améliorer ses données physiologiques. Un écosystème qui offre également des perspectives révolutionnaires dans le domaine des assurances et des employeurs notamment ; des secteurs qui auront toujours plus à gagner en tablant sur la bonne santé de leurs clients. Un assuré ou un employé en bonne santé est un client viable en termes économique, et beaucoup l’ont compris.

« Le dispositif Generali Vitality a été pensé pour répondre à des attentes nouvelles des entreprises et des salariés en termes de bien-être au travail comme d’accompagnement par leur assureur. », précise Yanick Philippon, membre du comité exécutif de Generali France, en charge des assurances collectives. «Les entreprises nous sollicitent désormais pour plus d’aide et d’accompagnement avec une logique présentant la performance des salariés comme une nécessité de la performance de l’entreprise. Enfin, pour l’employeur, c’est aussi un facteur d’attractivité. Pour avoir et garder les meilleurs, il faut se différencier des concurrents et cette démarche peut y contribuer. […] Cela peut se traduire par l’identification de salariés « champions » qui seront des moteurs, par l’organisation de conférences d’information, de journées de prévention… »

Faut-il avoir peur de certaines dérives quant à l’utilisation de ces datas ? Certaines sociétés, dans d’autres pays, ont déjà pris le train du Quantified Self en marche pour optimiser leurs offres. C’est le cas notamment de l’assureur sud-africain Discovery avec son offre Vitality et de l’assureur britannique PruHealth qui, sous couvert de programmes de bien-être, invitent leurs assurés à partager leurs données en échange de récompenses. Le site Bloomberg cite quelques exemples intéressants aux Etats-Unis : la compagnie pétrolière BP aurait récemment fourni 25 000 bracelets FitBit à ses employés nord-américains : s’ils font un million de pas, ils cumulent des points leur permettant de baisser leurs frais médicaux à l’année ;  la réforme du système de santé américain ‘Affordable Care Act’ donne la possibilité aux compagnies de dépenser 30% de leur prime assurance annuelle pour récompenser ceux qui ont un rythme de vie sain ; Houston Methodist, propriétaire d'une chaîne d'hôpitaux dans la région de Houston, s'est procuré 6 000 FitBits cette année et offre à ses employés la chance de gagner 10 000 dollars s'ils marchent davantage que les directeurs de l'entreprise ; enfin, Scotty Brewhouse, un restaurant de burgers à Indianapolis, offre un jour de congé à ses managers s’ils prouvent, via le Jawbone Up, qu’ils ont effectué 10 000 pas par jour pendant trois mois. De nouvelles stratégies de management qui laissent certains employés aux Etats-Unis perplexes. « Aux Etats-Unis on voit déjà une opinion publique très partagée avec des gens qui s’inquiètent de l’exclusion de certains salariés qui refusent de participer et donc pénaliseraient leurs camarades ou eux-mêmes. Ça peut effectivement être inquiétant, on perd le principe de solidarité », souligne Julien Maldonato, associé chez Deloitte, spécialiste des sujets digital/banque/assurance.

En juin 2015, AXA offrait un Withings Pulse aux 1 000 premiers clients qui souscrivaient à la complémentaire santé Modulango : s’ils faisaient  de 7 000  à 10 000 pas par jour, ceux-ci se voyaient récompensés par des bons pour de la médecine douce. Pour autant, en France, il n’est pas question encore de personnalisation de services, la Loi Evin interdisant à tous les assureurs de tarifier un contrat selon les risques. AXA affirme par ailleurs ne garder aucune de ces données pour les traiter par la suite. Reste à savoir qu’elle sera la prochaine étape de ce partenariat avec Withings.

A propos de Generali Vitality et sur ce sujet, Yanick Philippon précise : « La démarche de Generali Vitality est tout sauf une démarche de sélection et d’exclusion. Les informations médicales qui sont fournies à Generali Vitality n’ont aucune utilisation à des fins de tarification. L’assureur Generali Vie n’a pas accès à ces données fournies par la personne. […] Ensuite, il est important de préciser qu’aucune donnée n’est obligatoire ». Reste à savoir, alors, qui hébergera les données et comment sera considéré celui qui se refuse à la pratique…

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.