Catégories Entreprises innovantesTech à suivre

500 euros le premier entretien, 1 000 pour le suivant... le nouveau prix à payer pour espérer recruter dans la tech

La pénurie de main-d'œuvre est telle dans les nouvelles technologies que des entreprises sont prêtes à sortir le chéquier simplement pour voir un candidat en entretien. Et les conditions d'embauche deviennent délirantes.

500 euros pour un premier entretien. C’est le prix que propose l’assurtech allemande Familienversicherung pour tenter de faire venir les candidats. S’ils passent la première sélection, ils recevront 1 000 euros. Et pour une période d’essai complète de 6 mois, l’entreprise promet 5 000 euros. Cette startup de la tech, visiblement désespérée d’attirer de nouvelles recrues, souffre comme tout le secteur d’une pénurie de main-d'œuvre.

Selon Wired, c’est loin d’être la seule à proposer des « Golden Hellos », ces bonus d’arrivée (voire de pré-arrivée) pour accueillir les nouveaux salariés. Showhere, une entreprise de la proptech (tech immobilière) britannique, offre par exemple un mois de salaire en plus lors de la signature d’un nouveau contrat.

Le quasi plein-emploi pour la tech

Depuis la pandémie, la numérisation à tout-va et le mouvement de grande démission, les profils tech – développeurs, experts cyber, data scientists… – qui étaient déjà difficiles à trouver sont devenus une denrée rare à l’échelle mondiale. Selon un récent rapport, 76 % des décideurs de l’IT (informatique) ont souffert de manques cruciaux de compétences dans leurs équipes en 2021, un chiffre en augmentation de 145 % par rapport à 2016. En France, selon l’organisation professionnelle du numérique Numeum, les budgets numériques des entreprises ont progressé de 10 % en 2021, et il manquerait chaque année 10 000 ingénieurs.

Aux États-Unis, la situation est encore plus tendue : le secteur est en situation de quasi plein-emploi. Traduction : personne n'a besoin de trouver un travail, ou presque. Le taux de chômage a atteint 1,7 %, contre 4 % pour l’ensemble du pays. Pour la cyber, il serait même autour de 0,2 %, rapporte le New York Times Magazine.

Recruteur de la tech = harceleur sur LinkedIn

Dans un récent article, le magazine américain décrit le dur labeur des chasseurs de têtes spécialistes de ce secteur. Ceux qui étaient il n’y pas si longtemps couverts de fleurs et de petits mots de remerciement sont perçus par les candidats comme de pénibles nuisances, voire des harceleurs sévissant sur LinkedIn. Pour 75 propositions envoyées, une recruteuse explique avoir reçu 5 réponses dont 3 n’étaient que de laconiques « non, merci ». L’offre promettait pourtant une position de data analyst dans une entreprise prometteuse, soutenue par de gros investisseurs, des vacances illimitées, une bonne couverture médicale et la possibilité de télétravailler.

Gros salaire, télétravail, vacances illimitées

Car pour tenter d’attirer les candidats, les entreprises sont obligées d’aligner salaires mirobolants et conditions plus que confortables. Outre-Atlantique le salaire médian des postes tech a progressé de 7 % entre 2020 et 2021 pour atteindre 6 700 dollars chaque mois. Pour les développeurs, la hausse atteint les 21,3 %. En France, les salaires des fonctions digitales auraient bondi de 10,6 % en 2021 selon Aravati.

Côté avantages sociaux, les entreprises n’ont pas hésité à améliorer leur package. Pinterest propose par exemple depuis janvier un allongement de son congé parental, d’autres innovent en offrant par exemple des congés d’une semaine lors de l’adoption d’un animal de compagnie, décrit Wired.

Et LA condition sine qua non pour espérer trouver une nouvelle recrue : le télétravail. Sans télétravail à plein temps ou au moins partiel, ce n’est même pas la peine de chercher, explique un recruteur au New York Times Magazine. Aux États-Unis, les postes incluant un télétravail à temps plein constituent 18 % des emplois (contre 9 % en début d’année) et pourraient atteindre 25 % en 2022.

Commentaires

  • Et moi qui vient de finir de faire une formation en Javascript très complète galère pour avoir un stage presque gratuit. Le monde est fou ou je dois me mettre à apprendre l'allemand

  • nan c'est juste que t'es un junior et que personne dans la tech ne veut embaucher de junior. c'est là toute l'ironie du truc. car avec un an d'expérience tu vas être courtisé de tous et l'entreprise qui aura pris le temps de te former aura tout perdu quand tu l'as quittera. Et ceux qui devrait jouer le jeu ne le font pas. Prenez des grosses boites francaise comme le bon coin. Combien de dev sénior et combien de junior ? combien d'alternant ou de stagiaire ? Cherchez pas ils prennent que des séniors.

  • Ouais alors que prendre un junior peut avoir des avantages et les seniors il y'en a très peu voir pas car ce sont des métiers très neufs qui existent seulement depuis même pas 10 ans...

  • Je fais partie de la population "harcelée" par les recruteurs (Cyber + expérience).
    Je me sers de Linkedin pour la veille sécu, mais quand j'ai voulu changer de job, j'ai mis à jour mon profil et désactivé le mode privé.

    Que n'avais-je pas fait ! Je me suis littéralement fait flooder de sollicitations (plusieurs dizaines par jour les premiers jours). J'ai essayé de jouer le jeu au début, de recontacter les recruteurs ou de leur faire un retour négatif le cas échéant.

    J'ai assez vite déchanté cela dit, les 2/3 des offres ne collaient pas du tout à mon profil (pourtant bien renseigné), beaucoup étaient très vagues du type "super opportunité chez un client à l'envergure internationale !" sans réelle fiche de poste, et quasiment aucune ne mentionnaient de fourchette salariale.

    En tant que personne recherchant un emploi je sais quel type de poste je recherche, et combien je veux être payé. Si en face il n'y a pas moyen d'obtenir ces informations basiques au premier échange, ça n'est pas la peine.

    Au bout de 3 semaines, plus de 200 offres, des dizaines d'entretiens téléphoniques/visio qui ne menaient nulle part (inadéquation géographique ou technique, propositions salariales éclatées au sol...), j'ai fini par couper le robinet Linkedin, et repassé mon profil en privé. J'ai ensuite uniquement continué de démarcher à travers mon réseau en court-circuitant les RH.

    Je sais que j'ai un profil attractif, j'ai postulé de mon côté dans les boites que j'ai identifié et j'ai l'embarras du choix. En cas de sollicitation externe, je m'attends à un minimum d'efforts du recruteur : une fiche de poste précise (qui corresponde à mon profil) + fourchette de salaire dans l'offre.

    C'est pourtant simple.

Partager
Publié par :
recrutementstartuptech

Ce site utilise Google Analytics.