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Une image de la série Girlboss de Netflix

Business With Attitude : donner leur chance aux femmes entrepreneuses

Le 30 nov. 2017

« Il ne s'agit pas d'un simple prix, mais d'un programme, un accélérateur de chances ». Jean-Sébastien Stehli, Rédacteur en chef de Madame Figaro, revient sur les enjeux du projet.

Définir le rôle et la place des femmes dans la vie économique, l’influence et le partage : voilà la mission que s’est fixée la rédaction de Madame Figaro avec le programme Business With Attitude. Retour sur les ambitions du concours, et l’état d’esprit du magazine.

Militer pour que les femmes osent

« Nous nous posons chaque jour la question de savoir quelle énergie nous insufflons au monde », explique Jean-Sébastien Stehli. « Nous sommes des activistes ! »

Cet engagement est à l’origine du positionnement de Madame Figaro, mais aussi de Business With Attitude. L’ « attitude », c’est cette impertinence presque insolente qui permet de se démarquer de tous les prix existants. Dans le contexte actuel, nous avons tous et toutes besoin d’énergie, d’optimisme, de force pour nous lancer. « Mais force est de constater que les femmes doutent, souvent plus que les hommes, dans leurs projets du quotidien ou professionnels ». Avec l’idée qu’il est toujours possible d’agir, Business With Attitude récompense à travers 5 catégories (Savoirs, Engagement, Création, Next Tech, Génération services) les meilleurs projets d’entrepreneuses. Pour participer, il faut remplir certains critères : l’entreprise présentée doit avoir entre 1 et 5 ans d’existence, être implantée en France et afficher un total de 250 000 euros minimum en chiffre d’affaires et/ou levée de fonds. « Plutôt qu’un prix, nous nous présentons comme un programme » avec une vraie logique d’accompagnement selon les besoins des entrepreneuses. « Nous retenons une femme par catégorie, puis identifions ensemble ce qui peut les aider : apprendre à pitcher, définir une stratégie marketing, maquetter un produit, … nous les formons avec les équipes de L’Echappée Volée sur des sujets bien particuliers ».

Cérémonie de remise des prix de la première édition de Business With Attitude

© Madame Figaro

Si la cérémonie de remise de prix qui aura lieu le 15 mars 2018 récompensera le meilleur projet, pour Jean-Sébastien Stehli, « chaque participante est une gagnante ». Et pour cause : toutes les femmes qui s’inscrivent sont repérées et suivies par les équipes de Madame Figaro, et il arrive au magazine d’écrire sur celles qui ne sont pas retenues. « Elles font partie de notre écosystème : nous avons à cœur de les faire émerger, de leur proposer le soutien nécessaire ».

Oui, les femmes entreprennent

Un programme qui tord le cou à la fâcheuse idée que dans le monde de l’entrepreneuriat, les bonnes idées ne viennent que des hommes. « Cette année, nous avons reçu des dossiers extrêmement pointus sur des sujets tels que les biotechnologies ou la robotique ». Après 30 ans passés en Californie, Jean-Sébastien Stehli l’affirme : le monde a changé. « Les gens sont de plus en plus créatifs, prêts à prendre des risques ! Et les femmes font partie de cette dynamique. Le problème, c’est que les médias ne s’intéressent pas aux initiatives qui sortent de l'ordinaire et préfèrent s’attarder sur ce qui ne va pas ». Pourtant, les femmes sont là, et s’affirment de plus en plus : « elles représentent aujourd’hui 10% des startups high tech ! Ce n’est pas assez, mais nous devons les montrer ! ». Autres exemples : Alice Zagury, fondatrice de TheFamily, ou Axelle Tessandier, qui a accompagné Emmanuel Macron pendant sa campagne. « Il faut leur donner plus de visibilité pour encourager les vocations ». Selon lui, « il faut aller à la rencontre des plus jeunes : les femmes sont très bonnes en science mais ont l’impression que les études d’ingénieures ne sont pas faites pour elles ». Par ailleurs, il souhaite que les entreprises apprennent à former et à accompagner les femmes. « Je suis absolument pour les quotas. Rien ne change, sans cela. Il faut parfois un peu brusquer les organisations pour arriver à un résultat satisfaisant ».

De nouveaux role models

Madame Figaro n’est pas un magazine féminin, « mais un magazine qui parle aux femmes », et c’est différent. « Nous pouvons traiter de tous les sujets si l’angle permet de mettre en lumière des femmes inspirantes, courageuses ». Ainsi, lorsque les équipes parlent du combat syrien, c’est présentant ces femmes qui ouvrent les portes des écoles épargnées par les bombardements. « Les nouveaux modèles doivent insuffler un féminisme multiple : qu’il s’agisse des femmes qui font de l’acupuncture au Kurdistan ou des entrepreneuses françaises, notre objectif est toujours de pousser les femmes. Nous ne sommes pas sur des sujets futiles : nous voulons que les femmes qui nous lisent puissent se sentir encouragées ».

 

Avoir conscience de l’existence

Quand lui demande s’il a un conseil à donner aux femmes qui n’osent pas se lancer, Jean-Sébastien Stehli est sans détours : « je ne crois pas que les gens aient conscience de la brièveté de l’existence : ce n’est pas une répétition générale. C’est pourquoi chaque idée mérite d’être concrétisée ». Certes, le chemin est difficile. Le travail intensif, les doutes, les angoisses, les nuits blanches… et les potentiels échecs. « Aujourd’hui un échec doit permettre de rebondir. Les choses ont changé, et la situation est bien différente de celle connue par les générations précédentes. Tout compte chaque pensée peut avoir un impact ».

 

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