Aux États-Unis, les étudiants ont le droit de s'absenter pour prendre soin de leur santé mentale

Anxiété, dépression, stress... aux États-Unis, de plus en plus de lycées permettent aux adolescents de prendre le temps de souffler. 

Et si on prenait un jour de congé pour prendre soin de sa santé mentale ? Les troubles mentaux sont de moins en moins tabous, mais les façons de les gérer au quotidien sont encore mal compris par la plupart des gens. Pourtant aux États-Unis, l’idée commence à s’imposer dans les écoles et lycées. Plusieurs États et comtés permettent ainsi aux étudiants de prendre une absence pour prendre soin de sa santé mentale.

La santé mentale, un motif d’absence légitime

Dernier exemple en date, le comté de Montgomery en Virginie dans lequel un groupe d’étudiant a permis de faire reconnaître le droit aux absences « de santé mentale », rapporte le Washington Post. Dans le Minnesota, les étudiants peuvent être excusés pour des problèmes mentaux qui nécessitaient un traitement depuis 2009. En Floride, une loi est à l’étude pour autoriser les adolescents à s’absenter un jour par semestre. Tandis que dans l’Oregon, les étudiants bénéficient déjà de 5 jours de « santé mentale » tous les 3 mois.

Une génération « fragile » ?

Malgré des chiffres éloquents sur le taux de suicide aux États-Unis – celui des 10-24 ans a augmenté de 56 % entre 2007 et 2017, les absences pour cause de santé mentale suscitent des réticences, voire carrément des insultes. « La vraie vie, qui inclut le travail et l’éducation des enfants, n’offre pas de "congés de santé mentale". Ces petites fleurs fragiles vont avoir une très mauvaise surprise quand elles seront confrontées à la vraie vie où le monde ne s’arrête pas de tourner à cause d’un mauvais jour », peut-on lire dans les commentaires de l’article du Washington Post. Sous un autre article du média traitant du même sujet, un internaute surenchérit : « Je suis émerveillé de voir à quel point cette génération est fragile. Chaque génération pense son époque tellement plus dure que la précédente et la communauté médicale alimente cette idée. »

Une accusation de « fragilité » des adolescents qu’on retrouve également en France. Et à laquelle, le professeur d’anglais William Lafleur avait consacré un long texte rappelant qu’une génération n’est que le fruit de la société dans laquelle elle évolue.

Et en France ?

En France, le débat sur des jours d’absence ou de congé pour soigner sa santé mentale semble encore bien lointain. Et quand on sait que 62 % des salariés vont au travail même lorsqu’ils sont malades physiquement on a du mal à croire que le changement puisse venir du monde de l’entreprise et rejaillir sur toute la société.

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