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Une marionnette de Pinocchio
© Koca via GettyImages

Confinement : nos meilleurs mensonges pour échapper à la vie sociale numérique

Le 23 avr. 2020

« Désolé, je peux pas, j’ai … » Ah bah non. Nous sommes confinés et la plupart des excuses pré-pandémie de Covid-19 ne fonctionnent plus pour zapper une invitation.

Après un mois et demi à la maison, ceux qui avaient peur de s’ennuyer à l’annonce du confinement ont déchanté depuis. Entre les groupes WhatsApp familiaux, les apéros avec les potes Houseparty et les afterworks sur Zoom, la « distanciation sociale » ne nous coupe pas du tout de notre vie sociale.

Tout le temps à la maison, donc disponible en permanence ?

Même confinés, nous restons connectés – voire hyper-connectés. Mais surtout, nous sommes supposément disponibles en permanence. Avec une heure max de sortie autorisée par jour, difficile de prétexter ne pas trouver le temps pour un appel en visio. Sauf que, même si on a le temps, on n’a pas forcément l’envie. Comme « avant », d’ailleurs. Alors comme « avant », on use de petits mensonges insignifiants pour échapper à un énième Skype avec toute la famille.

Nul besoin de culpabiliser, ces petits arrangements avec la vérité sont tout à fait normaux. Interrogé par The Atlantic, Robert Feldman, professeur de psychologie à l’Université du Massachusetts, affirme qu’il s’agit « d’un comportement universel. » Le journaliste Joe Pinsker va même jusqu’à qualifier ces petits mensonges sans conséquences de « lubrifiant social ».

Programme télé, repas, batterie faible… nos excuses bidons à la sauce confinement

Ces petites tromperies sociales doivent, elles aussi, s’adapter au confinement, afin de rester crédibles et sans conséquences. Et elles en disent long sur nos usages de confinés.

Entre les grignotages d’ennui et la fabrication compulsive de pain au levain, la nourriture prend une place centrale dans nos vies confinées. La préparation des repas devient donc l’excuse idéale pour décliner une invitation ou mettre fin à une interminable conversation.

Avec le télétravail et les loisirs numériques, les écrans aussi deviennent omniprésents dans notre quotidien. Ils nous permettent de rester en contact avec nos proches. Mais ils permettent également de mettre fin à un apéro en prétextant une batterie faible, comme l’explique Heather à The Atlantic. Étudiante de retour dans le foyer parental, elle n’hésite pas non plus à utiliser sa vie de famille. « Désolée, je regarde un film avec mes parents, je ne peux pas arrêter », fait partie de sa panoplie d’excuses.

Le confinement bouscule nos habitudes et implique nécessairement de nouveaux usages. Comme le retour des jeunes vers la télé. L’avantage de la télévision par rapport à Netflix est qu'elle impose ses horaires. Top Chef permet donc d’écourter un afterwork virtuel qui s’éterniserait le mercredi soir. Pratique.

Des méthodes plus techniques pour les plus motivés

Pour échapper aux obligations sociales numériques, certains n’hésitent pas à faire preuve d’ingéniosité et à utiliser des méthodes beaucoup plus élaborées. Le journaliste Joe Pinsker décrit ainsi la technique de la « frozen face ». La méthode demande quelques compétences théâtrales puisqu’il s’agit de simuler un problème de connexion Internet. En pleine visioconférence, on arrête de bouger comme si l’image se figeait à cause d’un WiFi défaillant. Il suffit ensuite de cliquer sur le bouton pour quitter la réunion. Un message d’excuse incriminant cette fichue bande-passante saturée et le tour est joué.

Autre technique lors d’une réunion nombreuse, la « déconnexion par étape ». On disparaît petit à petit, jusqu’à se faire oublier. On coupe d’abord le micro, puis la caméra, jusqu’à quitter en douceur la conversation de groupe sans avoir à trafiquer un mensonge. Oui, c’est lâche mais apparemment efficace. Et autant en profiter maintenant car en post-confinement, il sera encore plus difficile de refuser des invitations sans froisser personne.

Alice Huot - Le 23 avr. 2020
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