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Un instituteur devant un tableau de salle de classe ardoise
© selimaksan via Getty Images

La salle de classe est-elle ringarde ?

Le 25 févr. 2019

À en croire le succès des outils d’apprentissage et de l’école à distance, la classe du futur ne s’encombrera ni de tables, ni de chaises, ni... d’élèves. L’avenir de l’école se joue-t-il hors des salles de classe ?

Sur internet, personne ne vous entend hurler. Surtout si vous êtes seul dans votre chambre à plancher sur un problème de maths. Alors que les outils d’apprentissage en ligne se multiplient, devrons-nous nous habituer à cette solitude ? Et aurons-nous encore besoin d’une salle de classe ?

La pédagogie par la technologie

Nous sommes en 2022 et votre prof de physique est un hologramme. Pure science-fiction me direz-vous ? Plus pour longtemps. Avec sa société RealCast, Craig Vezina imagine un avenir radieux pour l'hologramme dans l'éducation. « Grâce à cette technologie, un plus grand nombre de gens pourra étudier auprès des meilleurs enseignants. C'est déjà le cas en Corée du Sud. Les contraintes géographiques vont disparaître », s’enthousiasme-t-il.

Plus proche de nous, en France, certains établissements commencent à intégrer la réalité virtuelle dans leurs cours. L’école de commerce Neoma Business School de Paris fait figure de pionnière. Elle développe depuis plusieurs années une éducation par l’expérimentation et l’immersion, aussi appelée « éducation expérientielle ». Fini les cours théoriques sur paperboard. Les élèves réalisent des études de cas marketing en immersion, via un casque de réalité virtuelle. De quoi se confronter à la pratique et développer sa créativité.

« Nous avons une réelle réflexion sur l’utilité de la technologie pour lui donner un sens. Nous bannissons l’utilisation de gadgets technologiques. Pour autant, les cas de réalité virtuelle nous permettent de disposer d’un engagement maximal des étudiants. Le prisme du casque leur offre la possibilité de vivre une expérience strictement personnelle et de couper tout effet de groupe », explique Alain Goudey, directeur de la transformation digitale à Neoma.

Non, la salle de classe n’est pas morte !

Est-ce la mort annoncée de la salle de classe (et du dernier rang blotti contre les radiateurs) ? Non, car la classe reste le lieu qui centralise les échanges en groupe, elle conforte l’école dans son rôle social. Mais elle est profondément remaniée et bannit même une partie du mobilier scolaire que l’on connaissait (dites adieu au dernier rang).

Ainsi le collège Jean-Philippe Rameau de Champagne-au-Mont-d’Or, près de Lyon, a créé l’espace ECLA, un nouvel « espace d’innovation pédagogique à l’ère du numérique ». Ici, la classe est un learning lab connecté, au mobilier scolaire entièrement revisité pour créer une classe sans bureau. L’école devient un espace de coworking, un lieu où les élèves se rendent pour collaborer entre eux ou avec l’enseignant. C’est le lieu des travaux de groupe. Les initiatives en cours en France sont répertoriées sur ce site.

School as a service

Mais la véritable révolution de l’école est son ouverture sur l’extérieur. Comme souvent, l’exemple vient de l’étranger. Dans la ville d'Espoo, en Finlande, s'est développé le concept d'École comme Service (SaaS). Les habitants peuvent utiliser certains espaces de l'école Saunalahti, dont son gymnase et sa bibliothèque. De même, les élèves de secondaire de l'école Otaniemi étudient la physique et la chimie dans les laboratoires de l'université d'Aalto.

Les établissements sont décloisonnés, les citoyens collaborent, les connaissances circulent et se partagent. Bref, l’école devient un carrefour d’échanges au sein de la communauté.

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