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Vous écoutez quatre siècles de tubes

Le 19 avr. 2012

Radio Classique fêtera son 30ème anniversaire cette année. Rencontre avec Sébastien Lancrenon, directeur général Adjoint, en charge de l'antenne et des programmes de Radio Classique.

 

Doc News : Êtes-vous satisfait de vos résultats d’audience ?

Sébastien Lancrenon : Radio Classique atteint la plus forte audience de son histoire. Depuis 2004, la station est passée de 563 000 auditeurs (par rapport à la période janvier-mars 2004) à 1 221 000 auditeurs (janvier-mars 2012), soit une progression de +117% en 9 ans. Nous avons gagné sur une année 227 000 auditeurs. Il y a un an, nous étions à 1.9% d’audience cumulée, il y a 5 ans à 0.9. Aujourd’hui, nous sommes à 2,3% d’audience cumulée. Radio Classique, c’est une boite de jeunes. C’est comme si Europe 1 passait de 10 à 12 points d’audience. 

 

Quelle est votre recette pour avoir réussi une telle progression d'audience ?

Sébastien Lancrenon : Ce qui fait le succès de Radio Classique, c’est de placer l’auditeur au centre de tout.  Nous lui offrons d’entendre les tubes des quatre derniers siècles composés par des génies. J’ai la chance de travailler sur un patrimoine de beauté. Nous avons voulu faire une radio de grande qualité alliant authenticité, beauté et nostalgie. Radio Classique est la radio du sens et de l’émotion. L’auditeur vient avant tout se ressourcer sur notre antenne. Nous lui avons formulé cette promesse d’élégance, de qualité, d’intelligence avec une information claire et détaillée le matin et une programmation musicale agréable et accessible la journée.

Notre  stratégie est de maintenir une très grande qualité et la rendre accessible grâce aux journalistes et présentateurs : Guillaume Durand, Eve Ruggieri, Christian Morin, Olivier Bellamy, Claire Chazal…

France Musique est destiné aux initiés donc peut être extrêmement excluant. C’est une radio « Club ». Nous faisons très attention aux choix des versions, des interprètes, car nous souhaitons avant tout être la radio de l’émotion avant d’être la radio de la connaissance.

A travers ces chefs-d’œuvres, nous avons l’obligation d’évènementialiser l’antenne. Nous avons par exemple en avril dédié notre antenne à Barbara Hendricks. Plus qu’une grande star, c’est une femme du monde qui a des choses à dire. Si Mozart vivait aujourd’hui, il composerait la musique des films de Spielberg pour être entendu par tous. Il faut placer la musique classique dans notre époque. Nous sommes devenus leader avec seulement 82 émetteurs quand France Musique en possède 500. Nous avons appliqué du bon sens. La radio est un accompagnateur de vie. Nous avons joué la carte de la diversité de la musique en diffusant de l’opéra, de la musique de chambres … mais aussi des comédies musicales. Nous avons arrêté la diffusion d’œuvres intégrales.

 

Comment expliquez-vous cet engouement ? Qui sont vos auditeurs ?

Sébastien Lancrenon :  Radio Classique est l’unique radio refuge de notre pays. Dans une société en crise et parfois violente, en période électorale de surcroit, les radios d’informations devraient progresser. Si nous progressons, c’est que les français ont besoin de calme, de perspectives.

Par exemple, sur la partie actualité, nous ne traitons pas des faits divers ou juste en brèves et non en ouverture de journal, ou nous le faisons dès lors qu’ils deviennent un sujet sociétal. Ils seront alors abordés avec des experts.

La musique classique est partout, elle est très présente dans la publicité, à l’image du dernier spot d’Air France où tout repose sur le puissant 23ème concerto de Mozart.

Le public sensible au classique est CSP+, urbain et quinqua. Il est exigent et a soif d’émotions et de sens. Il est dans une quête d’authenticité, de transparence. Nous avons rajeuni la station, l’âge moyen de notre auditeur est de 54 ans, il est de 69 ans sur France Musique et de 60 ans sur Europe 1. Nous sommes la radio des parents et des grands parents. Nous avons un joli succès avec l’émission « Il était une fois ». Tous les soirs, Elodie Fondacci prend l’antenne pour conter une histoire aux enfants.

 

Avez-vous fait le choix de diversifier vos activités ?

Sébastien Lancrenon :  Oui, nous avons pour objectif d’enrichir le lien entre les auditeurs et la radio. Nous avons lancé une production de spectacles depuis quelques années. En juin prochain, se déroulera la 4e édition du Festival Radio Classique à L’Olympia qui rassemble chaque année 10 000 spectateurs et accueillera Barbara Hendricks. C’est un lieu mythique et nous voulons offrir au public la possibilité de découvrir les œuvres les plus célèbres, interprétées par les meilleurs. Les concerts sont d’ailleurs présentés comme à la radio.

A Noël, la radio proposera un rendez-vous inédit : « Le Grand Concert de Noël » à la salle Pleyel, à l’image du Concert du Nouvel An à Vienne. Ce sera aussi le rendez-vous des enfants avec « Le Carnaval des Animaux » pendant les vacances de fin d’année au Théâtre Edouard VII.

Nous lançons également les croisières musicales Radio Classique/Club Med2, les auditeurs pourront partir en croisière avec Eve Ruggieri. En décembre prochain, nous lançons la Thalasso Radio Classique. Nous avons étendu nos activités également dans la production de CD et de livres.

Radio Classique est financé à 80% par la publicité et 20% par les produits dérivés. Nous avons le soutien du groupe LVMH, notre radio incarne les valeurs du groupe : la quête de l’excellence, le chef d’œuvre, la beauté. Radio Classique atteindra l’équilibre en 2013.

 

Comment avez-vous abordé le tournant sur le digital ?

Sébastien Lancrenon :  Dans l’attente de la radio numérique, le site permet d’écouter  Radio Classique partout en France. Les auditeurs nous écoutent sur leur lieu de travail. Nous sommes bien sûr  sur mobile, avec une application Iphone téléchargée plus de 150 000 fois. Nous avons été la première radio à faire apparaitre les références musicales pendant la diffusion des morceaux. Nous sommes bien entendu présents sur les réseaux sociaux.

 

 

Virginie Achouch

L'ADN - Le 19 avr. 2012

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