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Les FUSACQS dans la Com'

Le 17 déc. 2013

Depuis 2011, les fusions-acquisitions semblent stables en France: mais 1 deal sur 2 concerne une entreprise affichant un chiffre d’affaires inférieur à 2M€. Dans le secteur de la communication, les expertises digitales et mobiles sont largement plébiscitées.

Lors du Cristal Festival, Stephane Amis, Associé d'APM Corporate Finance a présenté la 1ère édition du baromètre des fusions-acquisitions dans le secteur de la communication et du marketing digital. Ce baromètre recense d’une part les opérations sur les cibles françaises et d’autre part les acquisitions réalisées à l’étranger par les acteurs français depuis 2011. Seuls les acquisitions où il y a changement de contrôle du capital (on inclut donc les montages LBO) sont prises en compte. 

Des volumes absorbés qui tournent autour de 350 M€ par an hors opérations exceptionnelles et un nombre de deals qui oscille entre 57 et 72.  En 2013 sur les 57 opérations recensées, 36 concernent des agences de communication (pub, marketing, agences digitales, mobile, corporate…) et 21, des cibles du secteur média (TV, radio, site web, presse, régies, achat d’espaces…)

Le deal moyen en CA absorbé est de 6,4 M€ en 2011, 4,8 M€ en 2012 et 5,9 M€. Mais cette moyenne est biaisée par quelques deals de taille importante. Ainsi quasiment 1 deal sur 2 concerne une cible affichant un chiffre d’affaires inférieur à 2M€. « De jeunes entreprises offrant une expertise verticale viennent ainsi renforcer l’offre de plus grands groupes » commente Stéphane Amis.

Le deal moyen sur le secteur de la communication a tendance à baisser depuis 2011. De 7,6 M€ en 2011, il passe à 3,5 M€ en 2013 (-27%).

En revanche, le deal moyen du secteur média a plus que doublé en 3 ans pour atteindre 10,6 M€ en 2013 contre 4,2 M€ en 2011.

La presse quant à elle, représente 46% des deals en nombre et 60% en volume. Les régies avec notamment les expertises en RTB (Real-time-bidding) concernent presque 1 deal sur 5, révèle le baromètre. 

Les entreprises étrangères semblent frileuses à l'égart des agences françaises. Avec seulement 3 acquisitions opérées sur des cibles françaises pour un volume cumulé de 48 M€ (contre 62 M€ en 2012 et 20 M€ en 2011), les acteurs étrangers sont demeurés assez timorés sur le marché français. « L’hégémonie de Publicis et Havas, la décroissance du marché publicitaire (La France est en passe de passer au delà de la 10° place mondiale en termes d’investissements publicitaires) et la complexité politique, fiscale et sociale du pays sont des facteurs qui expliquent en partie cette frilosité des acteurs étrangers » indique Stéphane Amis.

Publicis a clairement  accentué sa stratégie d’acquisition à l’étranger. On constate qu’il est quasiment l’unique acheteur français à l’étranger en 2013 alors que sa part ne représentait que 50% en 2011 en volume d’effectif absorbé. « Les activités en France du groupe Publicis représentent moins de 10% de son chiffre d’affaires global. Au regard de l’apathie du marché publicitaire français, il est donc normal pour le groupe d’accroître son effort d’expansion sur des pays à fort potentiel de développement (Inde, Chine, Brésil). En revanche les autres acteurs qui ont une dépendance plus forte de leur activité vis-à-vis du marché français ont tendance à se replier sur leur implantation historique et prennent moins de risques en matière d’investissement » estime Stéphane Amis.

Il y a donc un double effet qui explique l’hégémonie en 2013, du groupe Publicis sur le marché international : la hausse de ses acquisitions et l’arrêt complet depuis 2011 de la politique de croissance externe des concurrents et notamment d’Havas.  60% des acquisitions de Publicis en volume d’effectif se situent en Asie et en Amérique du Sud.

 

Adrien de Blanzy - Le 17 déc. 2013

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