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Les Français et la campagne de vaccination contre la Grippe A

Vaccination contre la Grippe A : L'emprise de la peur génère des paradoxes. Les Français ont peur du virus, peur du vaccin, peur des effets secondaires, peur que le gouvernement soit dépassé par le danger... si danger  il y avait !  
Les Français se sentent mal informés tant par le gouvernement que par le corps médical et portent un regard critique sur l'organisation et la gestion de la campagne de  vaccination. Ces réactions générées par la peur génèrent rumeurs et paranoïa  et contre toute attente, les Français restent peu convaincus du danger de la grippe A et de la nécessité de se faire vacciner.

 

MediaprismGroup, 1er groupe intégré de Marketing Services en France a réalisé une enquête on line les 10 et 11 décembre 2009 auprès d'un échantillon de plus de 14 000 personnes âgées de 18 ans et plus issu de la base de données de 12 millions d'internautes acceptant de participer au programme d'enquêtes EmailetVous. Le sujet de la grippe A est une préoccupation majeure des Français puisque 95% d'entre eux déclarent en parler régulièrement avec leur entourage. Au-delà de cette forte préoccupation, l'enquête révèle une véritable ambiguïté puisque 64% des répondants jugent le virus de la grippe A peu ou pas du tout dangereux alors que 62% pensent qu'il peut provoquer le décès de personnes ne présentant pas de pathologie, ni de fragilité particulière.

 

Cette ambiguïté exacerbe le sentiment des Français concernant l'information autour de la grippe A. Ils se disent plutôt mal informés : 59% d'entre eux se considèrent mal informés par le gouvernement et 56% mal informés par le corps médical. Par réaction à ce phénomène, 69% pensent que les médias ne relaient pas correctement l'information.

 

La confusion ambiante, la méconnaissance et le sentiment d'être mal informé conduisent à un véritable paradoxe puisque les Français ont plus peur du vaccin que de la grippe en tant que telle et donnent un grand scepticisme à l'égard de la vaccination :
- 90% des Français ne se sont pas (encore) fait vacciner et 78% d'entre eux n'envisagent pas de le faire.
- 84% des parents n'ont pas fait vacciner leurs enfants et 79% d'entre eux n'ont pas l'intention de le faire.
- C'est essentiellement la peur des effets secondaires à long terme qui les freine : 73% les redoutent, 48% les redoutent beaucoup.
- 73% des répondants considèrent que le dispositif de vaccination est mal organisé et donc approuvent à 63% le fait que les internes, les médecins du travail et les militaires soient réquisitionnés.

 

 

Ce scepticisme est beaucoup plus prononcé chez les femmes que chez les hommes : elles sont moins candidates à la vaccination (17% des femmes versus 28% des hommes), elles ont davantage peur des effets secondaires à long terme (82% des femmes versus 63% des hommes). Elles sont plus critiques vis-à-vis de l'organisation du dispositif de vaccination (75% des femmes la trouvent mauvaise versus 71% des hommes).

Quant au temps d'attente pour se faire vacciner, très stigmatisé dans les médias ces dernières semaines, il est finalement une moindre préoccupation même si 54% des personnes qui envisageaient de se faire vacciner pourraient y renoncer s'ils jugent l'attente trop longue et 86% entre eux considèrent que celle-ci ne doit pas dépasser deux heures.

 

55% des Français déclarent avoir consulté leur médecin traitant qui, dans 58% des cas, ne leur a pas recommandé la vaccination. A l'évidence, le scepticisme et la confusion auraient été moindres si les professionnels de santé avaient été pleinement associés au processus de prévention et d'information, puisque 60% des répondants préféreraient se faire vacciner par leur médecin traitant.

 

Finalement, quelques mois après l'arrivée du virus, 77% des répondants estiment que le gouvernement a sur-réagi face à la grippe A.

 

Au fil des semaines, les premières interrogations se sont transformées en inquiétude puis en scepticisme voire en rejet pour certains. Scepticisme et rejet qui se cristallisent aujourd'hui autour de la ministre de la santé  puisque 63% des répondants considèrent que Roselyne Bachelot ne fait pas du bon travail et 67% estiment qu'elle communique mal.

 

 « Par cette étude, nous avons cherché à mesurer l'opinion des Français sur trois sujets principaux : la perception du danger du virus, la perception de la campagne d'information et de communication menée par les pouvoirs publics et relayée par les médias et les intentions de se faire vacciner. La grippe A est une préoccupation majeure des Français et ils attendent sur tous les sujets en général et sur des sujets de santé publique en particulier, une vraie communication, de la transparence et de la confiance Les Français ressentent le besoin d'être en phase avec leurs gouvernants pour dépasser les crises afin de ne pas être guidés par des peurs mais bien par des principes de précaution clairs et des valeurs de partage et de civisme » explique Frédérique Agnès, Présidente de MediaprismGroup.

 

 

 

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