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Un homme en chemise et cravate se sent les aisselles humides
© PeopleImages via GettyImages

Entre bruits indélicats et grossièretés, 66% des Français sont gênés par leurs collègues

Le 7 mai 2019

À l’ère de l’open space, travailler avec les autres dans des bureaux grands ouverts n’est pas si facile. Pour une majorité de Français, supporter ses collègues se rapproche même un peu de l’enfer. Remarques inapropriées, tics ou odeurs corporelles… de quoi donner envie de faire du télétravail.

Synonyme de modernité dans les années 50, l’open space devait révolutionner l’entreprise. Son but : décloisonner le bureau et faciliter la communication entre les collègues – et permettre aux managers de surveiller tout le monde. Au tournant du 21e siècle, les bureaux ouverts deviennent même l’image absolu du cool grâce à Google qui donne à ses open space des allures d’aires de jeux colorées. Aujourd’hui, on n’imagine pas un fleuron de la start-up nation à la coolitude affirmée travailler dans des bureaux fermés.

Et pourtant, open space rime aussi avec environnement de travail bruyant, difficulté à se concentrer, manque d’intimité et on ne parle même pas de la circulation des microbes. Quand on pense à cette chère Sophie qui passe 9 mois sur 12 à se moucher, à Jean-Mi qui passe des coups de fils à sa grand-mère et Sébastien qui enlève ses chaussures en pensant que personne ne le voit – ou ne le sent, l’open space, c’est tout de suite moins « cool ».

Tout le monde est gêné mais personne ne gêne…

Sartre disait « l’enfer c’est les autres. » C’est aussi ce que pense une majorité des Français. D’après un sondage réalisé par l'agence d'intérim Qapa auprès de 4,5 millions de candidats, 2/3 d’entre eux déclarent travailler avec des collègues gênants. En revanche, très peu ont l’impression de déranger leurs voisins de bureau. Seulement 11% des sondés pensent être à l’origine d’une gêne. Et ça, c’est plutôt gênant.

Conversations perso, bruits indélicats et négativité

En tête des motifs de gênes : les bruits corporels, qui irritent 1 sondé sur 5. Et on ne parle pas que de petits gargouillis avant la pause déj’ mais bien de gaz et d’éructations. Vraiment charmant... La toux et les reniflements font aussi partie du package, que ce soit en hiver avec les rhumes ou au printemps avec les allergies. Il y en a pour toutes les saisons.

Alors ok, on ne peut pas toujours contrôler tous ces petits bruits. En revanche, certains désagréments peuvent facilement être évités. À la deuxième place du classement, on trouve les monologues incessants. Oui, vous voyez ce collègue qui continue à parler même lorsque vous faites tout votre possible pour lui signifier votre manque d’intérêt. Il s’agit d’ailleurs du motif de gêne le plus cité par les hommes. Pour les femmes, le plus difficile à supporter ce sont les odeurs corporelles – la faute à Sébastien qui retire ses baskets après le déj'… Elles sont 30% à s’en plaindre.

Les attitudes négatives, les plaintes et autres grognements sont aussi parmi les causes de gêne au bureau les plus citées. Un argument en faveur des Chief Happiness Officer ? Carrément plus subjectif, 15% des sondés sont gênés par les postures ou la façon de s’habiller de leurs collègues.

Les irritants principaux en open space

  1. Bruits corporels
  2. Monologues incessants
  3. Discussions téléphoniques privées
  4. Plaintes et grognements
  5. Attitudes négatives
  6. Tics
  7. Remarques inappropriées et déplacées
  8. Grossièretés et manque de savoir-vivre
  9. Manque de professionnalisme
  10. Manque de respect pour les autres
  11. Odeurs corporelles
  12. Le look, les postures, la façon de s’habiller

Jean-Mi, faut qu’j’te dise…

Alors quelle attitude adopter face à des collègues gênants ? Pour se défouler ou pour se rassurer, 52% des salariés discutent entre eux de ce fameux collègue qui a du mal à se retenir. Vous pouvez oublier tout de suite le cliché des petites pestes de la cour de récré façon Lolita malgré moi. Quand il s’agit de critiquer Robert qui fait trop de bruit en mâchant son jambon-beurre, ce sont les hommes qui cancanent le plus. 56% d’entre eux le font contre 48% des femmes.

Se plaindre à la machine à café, ça peut faire du bien mais ça ne va pas régler le problème. Pour signifier à Marie-Noëlle que son attitude négative vous tape sur le système ou à Jean-Mi que cette chemise multicolore vous donne la migraine, rien ne vaut une bonne discussion. Ainsi, 21% des salariés reprennent leurs collègues en cas de bruits corporels. 29% des hommes montent au créneau pour stopper les monologues incessants d’un collègue trop bavard – seulement 8% des femmes font de même. 31% des femmes font des remarques à leurs collègues sur leur manque de savoir-vivre et les grossièretés – un motif qui n’émeut que 4% des hommes.

Dire à un collègue qu’il parle trop ou qu’il se plaint trop, ok. Se plaindre du nouveau look de son voisin, pas de problème. Une petite remarque sur une toux incessante voir quelques gaz, passe encore. Mais il y a un sujet qui est beaucoup plus délicat à aborder : les odeurs corporelles. Alors que c’est la principale source de gêne pour les femmes, elles ne sont que 3% à oser se plaindre auprès de ces collègues qui sentent un peu trop fort. Du côté des hommes, seulement 1% s’aventure à aborder le sujet.

Si vous n'osez pas verbaliser vos plaintes et que les odeurs de votre collègue deviennent insupportable, vous pouvez toujours vous tourner vers le télétravail. Ou partir travailler dans une boîte qui offre 12 semaines de congés par an. Loin des yeux, loin du nez.

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