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Social media : dopez le MoJo !

L'ADN
Le 29 mars 2018

Tout et tout de suite : nos usages des réseaux sociaux ont conditionné notre façon de nous informer. Dictées par ces nouveaux modèles de consommation de l’information, de nouvelles pratiques émergent. Parmi elles : le MoJo. Une tribune de Raphaël Chenevas, Benjamin Sureau, Thanh-Nhan Ly Cam de La Netscouade.

Un modèle pensé pour (et par) les médias sociaux

Il ne s’agit ni d’une ville en Éthiopie ni d’un groupe de house français : MoJo, c’est la contraction de Mobile Journalism, ou journalisme mobile. Le néologisme couvre un ensemble de pratiques consistant à utiliser son smartphone pour réaliser, monter et diffuser (en direct ou en différé) des vidéos, reportages photo ou des interviews à destination des réseaux sociaux.

Reflet de l’évolution de nos usages dans la consommation de l’information, le MoJo adapte la production vidéo à la façon dont les publics consultent, visionnent et partagent des contenus audiovisuels.

MoJo

Le goût des utilisateurs pour la vidéo n’a jamais été aussi prononcé. Et ils ne sont pas les seuls. Les réseaux sociaux structurent l’information selon des normes technologiques qu’ils imposent aux producteurs de contenus : les algorithmes de ces plateformes, et plus spécifiquement Facebook, mettent délibérément le format vidéo en avant sur les fils d’actualités. Ainsi, les contenus « social media-friendly » ou « mobile friendly » correspondent la plupart du temps à des contenus vidéo, ce qui nécessite des moyens de production et de captation facilités, pour des contenus diffusés de manière quasi-instantanée.

Postproduction ? Pas question !

À l’approche d’une ère tout mobile, mais surtout, tout vidéo -  en 2020, 50 % de la consommation vidéo se fera sur mobile - on observe un paradoxe : comment produire rapidement des vidéos de qualité, s’agissant d’un contenu (très) chronophage à réaliser ? Écriture, réalisation, montage… produire une vidéo digne de ce nom - aussi courte soit-t-elle - est un véritable casse-tête créatif, logistique et financier.

En réponse à cette double problématique, le MoJo semble être la riposte la plus adaptée : rapide, court et facile, il permet aux médias, aux marques ou aux influenceurs de se rapprocher de leur audience, avec un temps de production proche de zéro. Très rapidement, la pratique est devenue indissociable de la production de contenus sur les médias sociaux. Et cela se remarque déjà : on pense notamment à la rédaction de BFM Paris qui n’utilise que des iPhone, au journalisme pratiqué par Rémy Buisine, ou à la rédaction France TV Slash qui réalise des reportages entièrement au mobile.

Un tournant dans notre perception de la vidéo

La mobilité de l’image fait que l’information ne se restreint pas au champ seul qu’une caméra et un trépied vont délimiter. Avec le MoJo, c’est le smartphone qui vient capter l’information que nous souhaitons transmettre, où qu’elle jaillisse : dans la rue, à des événements, ou chez soi. Il s’agit d’une information produite « sur le pouce », montée sur le vif, et qui se consomme également sur à peine 5 pouces.

Au début des années 1990, le philosophe Régis Debray parlait de la vidéosphère comme la troisième médiasphère. Arrivant après la logosphère et la graphosphère, elle marquerait le tournant civilisationnel depuis l’invention de la télévision en couleurs. Et si nous assistons aujourd’hui à une ère-post vidéosphère ?

Cette vidéosphère n’est que plus renforcée avec le MoJo : une mondialisation plus forte qu’à l’heure du hertzien, une technique de production surpassant l’espace et le temps et surtout, l’immédiateté à son summum.

Ainsi, à l’heure où la crédibilité de l’information sur Internet ne cesse d’être remise en question, les pratiques du MoJo confèrent une nouvelle dimension à la vidéo, grâce à un sentiment d’immédiateté, d’intimité, de « pris sur le vif », provoquant plus d’authenticité et de réalité.

smartphone

Nouvelles pratiques, nouveaux métiers

Le MoJo a fait naître le social media reporter, une créature hybride. Véritable couteau suisse de l’information, celui que l’on appelle aussi mobile journalist produit l’information avec un matériel peu encombrant et une mobilité sans limite. Sa capacité à imaginer et penser l’usage mobile lui permet de produire des contenus adaptés à sa cible. Est-il pour autant un journaliste ? Oui et non : il peut aussi bien être un journaliste avec une forte connaissance du digital, qu’un expert des réseaux sociaux avec un fort intérêt pour la production d’images.

extrait du film nightcrawler

À La Netscouade, agence de communication et de transformation numérique, nous mettons très régulièrement en place ce type de dispositif mobile pour nos clients. Comme par exemple, le Sénat, Microsoft, Renault, le CNES, L’Oréal...

Se plaçant comme un véritable levier d’engagement sur les médias sociaux, les avantages d’utilisation du MoJo sont nombreux. Si on aurait tort de penser qu’il se substituera au journalisme traditionnel, le journalisme mobile semble avoir trouvé une place de choix en communication numérique.


Une tribune de Raphaël Chenevas, Benjamin Sureau, Thanh-Nhan Ly Cam de La Netscouade.


 

Commentaires
  • Merci pour la découverte ! Ce métier est clairement innovant et repousse le cadre journalistique que l'on connais aujourd'hui...une tendance à absolument suivre dans les années à venir.

  • Méthodologie innovante et permettant de s exprimer réellement ,avec une argumentation tout à fait sérieuse et crédible .
    Aller de l avant avec professionnalisme .....

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