Fake News

Les humains sont plus doués que les bots pour répandre les « fake news »

Le 12 mars 2018

Vous pensiez les bots et autres fermes de contenus coupables de la diffusion massive de « fake news » ? Détrompez-vous, les humains sont bien plus doués.

Dans la course aux « fake news », de nombreux grands méchants sont souvent désignés : les plateformes comme Facebook, Google ou Twitter, les gouvernements ou les fabriques de faux contenus. Pourtant, selon une étude publiée le jeudi 8 mars dans la prestigieuse revue Science, « le comportement humain contribue davantage à la propagation différentielle de la fausseté et de la vérité que les robots automatisés ». Autrement dit, nous sommes naturellement enclin·e·s à diffuser de fausses informations plutôt que des faits avérés. Gloups !

4,5 millions de tweets analysés

Pour en arriver à cette conclusion, les auteurs de l’étude, Soroush Vosoughi, Deb Roy, Sinan Aral du Massachusetts Institute of Technology (MIT), ont analysé 126 000 histoires tweetées ou retweetées plus de 4,5 millions de fois par 3 millions de personnes. Ce travail colossal a été effectué en collaboration avec 6 organisations de vérification de l’information (Snopes, PolitiFact, FactCheck, Truth or Fiction, Hoax Slayer, et Urban Legends). Les données analysées, comprises entre 2006 et 2017, montrent que les « fake news » se répandent plus rapidement et sur un volume d’internautes beaucoup plus grand que ce qui est estimé. 1 000 personnes dans le premier cas et jusqu’à 100 000 dans le second.

Confidence pour confidence

Comment expliquer ce résultat édifiant ? Les chercheurs mettent en avant une particularité humaine : celle de s’attacher aux informations surprenantes et inédites. Pour Sinan Aral, l’un des co-auteurs de l’étude, « les personnes qui diffusent de nouvelles informations améliorent leur statut social parce qu’elles sont considérées comme étant « dans la confidence » ou comme ayant des informations privilégiées ». Par ailleurs, les chercheurs ont aussi identifié l’éventail émotionnel véhiculé par les tweets. Les nouvelles suscitant la surprise ou le dégoût sont les plus à même d’être partagées de nombreuses fois.

Quelles solutions ?

Comment endiguer ce problème ? Selon les chercheurs, deux solutions sont possibles. La première serait d’étiqueter les sources d’informations pour repérer les plus factuelles. Une autre alternative serait de demander aux plateformes comme Facebook et Twitter de modifier leurs algorithmes pour bloquer la propagation de « fake news ». D'ici à ce que l'une de ces plateformes se décide...
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