Taxi-Fabric

Des taxis de Bombay transformés en oeuvres d'art

Le 9 févr. 2017

Des plus grands activistes indiens aux héros de Bollywood, le collectif Taxi Fabric et son écosystème de designers veulent raconter des histoires en revisitant les tissus émoussés des taxis de la capitale indienne.

Avec déjà 36 taxis revisités à la mode locale, le designer indien et initiateur du projet Sanket Avlani compte bien réinvestir la forme de transport la plus prisée de la ville. « Les taxis en Inde, en particulier à Bombay sont, non seulement la forme de transport la plus commode, mais aussi la plus emblématique de la culture de la ville » explique-t-il sur le site du projet. D’autre part, le secteur du design en Inde a encore très peu d’impact sur les modes de vie et n’a pas pour vocation de se placer au service du bien commun.

Un double postulat de départ donc, et deux bonnes raisons de transformer des housses de sièges de taxis en de véritables exutoires artistiques, au service des designers du pays, des chauffeurs, mais aussi des milliers de voyageurs qui se déplacent quotidiennement en taxi. La plateforme place ainsi le design à la portée de tous.

Tout a commencé dans les rues de Bombay. Sanket Avlani prenait un taxi tous les matins pour aller au travail et était fasciné par les patchworks colorés des sièges. De fil en aiguille, il a réalisé que l'espace à l'intérieur des taxis pouvait être utilisé pour atteindre les riverains.

« C'est là que le voyage a débuté. Nous avons commencé le projet en le finançant nous-mêmes. Il a été largement apprécié et avec l'aide que nous avons obtenue via Kickstarter, nous avons été en mesure d'en faire une marque. Aujourd'hui, nous avons plus de 100 taxis qui sont devenus des plateformes pour les concepteurs et les artistes. » nous explique Sanket Avlani.

« C'est simple, nous racontons des histoires locales à travers un objectif contemporain. »

Si l’on avait déjà vu des licornes à la place de taxis londoniens, c’est un projet véritablement hybride alliant créativité et civisme qui s’est développé à Bombay ces dernières années. Le business model est simple : en se concentrant sur les designers affiliés au collectif, Taxi Fabric alimente les relations entre créateurs et chauffeurs, favorisant ainsi la création de liens forts, propices à l’inspiration. En découle une rétroaction positive, notamment pour les conducteurs qui trouvent leur compte dans l’attractivité et la visibilité que leur confère un véhicule fraîchement customisé. Un enjeu particulièrement important puisque la concurrence est rude entre les chauffeurs de la capitale. C'est à celui qui jouera le plus des coudes et qui se montrera le plus attrayant...

« Certaines personnes vont même choisir de faire un trajet plus long, juste pour avoir suffisamment de temps pour regarder les œuvres. »

Chaque « Taxi Fabric » est équipé d'une étiquette mentionnant le nom du concepteur, l’histoire de sa création et indique comment rentrer en contact avec l’artiste pour une éventuelle collaboration. Après s'être étendu à la ville de Delhi, Sanket Avlani travaille actuellement avec son équipe sur l'expansion du projet dans d'autres villes indiennes.

« Nous espérons avoir un impact sur l'art et la culture en Inde et au-delà. Nous espérons aussi apporter une prise de conscience et une appétence pour le design et les causes que nous défendons, un taxi à la fois. » conclut le designer.

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