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OuiShare Fest : 4 jours pour repenser l'économie collaborative

Le 17 mai 2016

Aujourd’hui débute à Paris le OuiShare Fest. Futur du travail, répartition de la valeur, renouveau démocratique, pouvoir de la blockchain… Interview de Francesca Pick, chef de projet de l'évènement.

OuiShare est un collectif international dont la mission est d’être un terrain d’expérimentation et d’action pour une société basée sur le partage. Cette année, il présente la quatrième édition de son évènement, le OuiShare Fest, qui rassemblera pendant quatre jours (du 18 au 21 mai), au Cabaret Sauvage, à Paris, plus de 5 000 visiteurs, 200 intervenants et près de 50 nationalités. 

Qu’en est-il de l’économie collaborative aujourd’hui ?
Francesca Pick :
Aujourd’hui, de nombreuses et diverses initiatives sont regroupées sous ce terme. C'est pour cette raison que OuiShare interroge le véritable sens de l’économie collaborative et la manière dont il faut mieux différencier les actions. Cette nouvelle approche servira de fil rouge pendant toute la durée du festival cette année.
La technologie a permis de nouveaux types d’échanges, de nombreuses plates-formes peer-to-peer ont émergé et, avec elles, des modèles très différents. D’une part les modèles, dits classiques, comme Airbnb qui agrège beaucoup de valeurs mais n’appartient pas à tous les participants. De l’autre, des initiatives qui s’apparentent plutôt à des réseaux activistes. Ce qui les différencie ne tient pas à une question de taille mais plutôt à leur mode de gouvernance, la manière dont la valeur est redistribuée. La décentralisation sera d’ailleurs un des grands sujets du OuiShare Fest cette année. Comment peut-on redistribuer le pouvoir ? Existe-t-il des initiatives qui parviennent à développer des alternatives concrètes aux plates-formes classiques ? C’est le cas notamment de Zooz, une application qui entend réinventer le covoiturage et qui est une version décentralisée d’Uber. Un réseau rendu possible grâce à la blockchain. Cette solution s’inscrit dans le mouvement de Platform Cooperativism et elle ne peut plus être associée à l’économie collaborative, au même titre qu’Uber ou Airbnb. Nous avons pris beaucoup de recul avec la notion d’économie collaborative, même si nous avons beaucoup contribué à la popularité du terme en France.

 

Quels seront les points forts du festival cette année ?
F.P. :
Nous avons décidé, cette année, de structurer le festival de manière différente. Nous présenterons deux grandes thématiques. Le premier jour sera consacré à la ville collaborative, le futur de la démocratie, la blockchain et la décentralisation. Deuxième jour, focus sur les organisations et leur transformation, les nouveaux modes de détention et de gouvernance. Le troisième jour nous nous intéresserons au développement personnel et à l’éducation. Cette dernière journée débutera à 14h et finira tard afin que tous les professionnels puissent venir. Des performances artistiques se mélangeront aux conférences : méditation, yoga, musique live, danse et même gastronomie avec un chef berlinois qui proposera un repas cuisiné à partir de déchets. Des activités auxquelles s’ajouteront des mentors sessions - les visiteurs pourront échanger pendant 10 minutes avec des personnalités - , des meet up, des sessions de questions réponses et le OuiShare Village qui proposera notamment un accélérateur de 3 jours pour des projets open source avec un impact social. Trois projets ont été sélectionnés et, pendant ces trois jours, ils profiteront de cette audience très qualitative, internationale, qui les aidera sur différents points.

 

La dernière édition avait-elle aboutie sur des projets concrets ?

F.P. : Il est évident que nous devons faire plus d’efforts pour mesurer ce qui sort vraiment du OuiShare Fest. J’entends tout le temps dire : « J’ai rencontré cette personne au OuiShare Fest et maintenant on a cofondé ça ou on a fait ce projet ». Pour autant, il est difficile d’obtenir des statistiques car même si nous sommes un élément clef d’un réseau qui fédère, nous n’avons pas de vue d’ensemble. Cet été, nous avons organisé le POC21 : environ 300 makers, designers, et geeks ont réuni leurs forces pendant 5 semaines dans un magnifique château pour prototyper une société sans énergies fossiles et sans déchets. Leur but était de surmonter notre culture de consommation et de recréer la norme avec des produits open source et durables. Un concept nouveau et inspirant : de nombreux évènements similaires ont été conçus par la suite. D’autre part, beaucoup de visiteurs veulent organiser des OuiShare Fest dans leurs pays. En novembre dernier, le premier OuiShare Fest a été monté à Barcelone. En juin prochain, l’évènement sera organisé à Montreal, un autre à Rio en novembre prochain. A la fin de chaque festival, nous faisons toujours une enquête : les résultats indiquent que 100% des interrogés sont satisfaits d’un point de vue professionnel et personnel. Nos visiteurs sont principalement des entrepreneurs, des formateurs, des porteurs de projets à l’international. Nous attendons beaucoup de visiteurs d’Amérique du sud cette année. Le 21 mai, la journée intitulée « je rêvais d’un autre monde » sera gratuite et ouverte au public : au menu un tank, un workshop, un stand (car beaucoup d’initiatives et de startup seront présentes).

 

Que conclure des Nuits Debouts ? Une volonté nouvelle de travailler et penser ensemble ?
F.P. :
C’est très intéressant de voir comment ce mouvement a appris de ceux qui les ont précédés. Occupy Wall Street, Le Mouvement des Indignés (Indignados) en Espagne, Podemos… Des membres de ces différents mouvements seront d’ailleurs présents au OuiShare Fest, tout comme Armel Le Coz, de Démocratie Ouverte, l’anthropologue américain David Graeber, activiste du mouvement Occupy Wall Street, aujourd’hui professeur à la London school of Economics, ou encore Frédéric Lordon, économiste et philosophe, qui compte parmi les initiateurs du mouvement Nuit debout. Nous sommes d’ailleurs très fiers du mélange des genres de speakers sur ces trois jours : seront présents Daniel Pinchbeck, au sujet des chamans, Sébastien Bazin, PDG d'Accor, Yochai Benkler, spécialiste Peer to Peer, Gavin Wood, confondateur d'Ethereum, Stephan Tual, fondateur de Slock, sur la question des blockchain.

 

Le 21ème siècle sera-t-il éminemment collaboratif ?
F.P. : On ne peut pas le dire aussi simplement. La véritable question est : est-ce qu’on y sera forcé à un moment car il sera trop tard ou avons-nous encore la possibilité d’une transition plus confortable ?

 

Rendez-vous à Paris du 18 au 21 mai prochains : www.ouisharefest.com

L'ADN est partenaire de l'évènement.

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