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Fintech et paiement mobile, ou la révolution lifestyle et technologique chinoise

L'ADN
Le 6 févr. 2018

Alors qu’il répondait sur Twitter au Quizz de « Phil Welcome », le bot maison, sur les temps forts 2017 du Groupe, le CEO d'AccorHotels Sébastien Bazin a déclaré: « Alipay, Union Pay et WeChatPay sont la 4ème révolution, et cette révolution est le paiement en ligne ».

Une révolution accélérée notamment par les Chinois, qui, juste après les Indiens, sont les plus ouverts (88%) à essayer de nouveaux produits financiers, selon une étude Bain&Co (les US, l’Allemagne, les UK et la France occupant les 4 dernières places sur 10, avec des taux de 60% à environ 40% pour la France).
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Les Fintech à l'assaut

Les banques chinoises en savent quelque chose, qui perdent inexorablement du terrain face aux géants de la fintech. Tencent et Alibaba lançaient leur banque en ligne respective, WeBank et MYbank, en Décembre 2014 et Juin 2015. Déjà mi-2013 les petits porteurs se ruaient sur le fond Yu’e Bao («Trésor abandonné») d’Alibaba/AntFinancial (Tencent a également le sien: Lingqiantong), pour bénéficier de taux de rentabilité à +7% quand les banques d’état en proposaient à 4%; ces dernières ont vite sonné la fin de la récréation en abaissant ce taux pour le rapprocher du leur. S’en est suivi un ralentissement de la souscription. D’après Bloomberg, Yu’e Bao est le 1er wealth fund à la tête de plus de $160Milliards d’actifs, et a accumulé depuis son lancement en 2013 plus de 325 millions d’utilisateurs. Il bouscule les institutions finançières comme JPMorgan avec plus de $150 Milliards d’actifs sous gestion.

Autres produits en plein essor, le prêt en P2P et les sociétés de prêt en ligne. Les start-ups chinoises mènent des campagnes d’ « échantillonage adhésif » agressives sur les flottes de vélos en partage des rues de Beijing. D’après le New York Times, parmi ces pure players, l’application Yongqianbao, backée par Kai-Fu Lee (VC, et ancien patron de Google Chine), utilise l’intelligence artificielle et des données pour le moins très personnelles: elle mesure par exemple l’heure à laquelle le mobinaute souscrit un prêt, la rapidité à laquelle il tape sur son clavier, le niveau de batterie restant quand il souscrit ce prêt, et même s’il a pris le temps de lire les conditions générales de vente- pour déterminer le « bon emprunteur ».

Pourtant si les Chinois ont été très enclins à partager leurs données privées en échange de services, en tout juste un an les choses ont « changé », ils seraient de plus en plus soucieux de la confidentialité des données.

Pas de cash ? Pas de problème

Selon un étude Tencent, Ipsos-RDCY 2017, 74% des chinois déclarent qu’ils vivraient sans problème avec moins de 13€ en poche au delà d’une semaine et jusqu’à 4 semaines. WeChat et Alipay ont flairé l’aubaine : dès 2015 WeChat Pay lance le « No Cash Day » puis le « Cashless Month »; et Alipay de lui emboîter le pas avec la « Cashless Week » l’été 2017. Et les mesures incitatives qui « régissent » le web chinois restent inchangées : récompenses « in app » allant de 10 cents à $700

La People’s bank of China n’a pas tardé à réagir pour souligner un problème de communication, voire l’incompréhension générée dans la société, et obligeant ses agences bancaires à rappeler que ces offres n’interdisaient bien sûr pas de continuer de payer en cash durant ces périodes…

Le " new cash ": QR code, reconnaissance façiale, " Unmanned Stores "

Symbole de l’insolente santé du paiement mobile, l’omniprésence des QR code à scanner pour réaliser toutes sortes de transactions basiques de la vie quotidienne ; mais le coup d’accélérateur courant/fin 2017 sur le paiement à reconnaissance faciale, ainsi que le développement tout azimut des « Unmanned Stores » par tous les acteurs- de JD.com à Suning, sont les marqueurs, sans équivalents à l’Ouest, d’une “cashless society” qui bien plus qu’une révolution techno, déterminent un style de vie à part entière

Portés par l’explosion de la pénétration des smartphones ces 5 dernières années - qui atteint +70%, et celle du eCommerce - les 2 leaders du paiement mobile, Alipay et WeChat Pay, qui détiennent plus de 90% du marché, accélèrent leur déploiement à l’étranger. Et Alibaba de préparer l’entrée en bourse de son bras armé de services financiers, Ant Financial.

CC Mornings 2018/Mobile payment in China: market opportunity, impact for western marketers
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