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Vincent Luciani

Retour sur la nuit de l’IA au Palais de Tokyo

Le 16 févr. 2018

Bientôt des concurrents des GAFA made in France ?

Deux heures de conférences ont ouvert la soirée suivies par la découverte des innovations des startups Françaises les plus prometteuses (robots, voitures connectées, systèmes de conciergerie intelligents, outils médicaux intelligents, systèmes de reconnaissance d’images etc.).

La première édition de l'AI Night by Artefact a été l'occasion pour les intervenants sur scène de rappeler à quel point la data est le nerf de la guerre dans le domaine de l'intelligence artificielle. Nombre d'entre eux ont soulevé l’étroitesse du cadre législatif français et ont appelé de leurs vœux à libérer la data, car la réglementation (RGPD et ePrivacy) et les contraintes culturelles sont des entraves au développement de l’IA en France. Pour Jean-Philippe Desbiolles, la donnée est là et c’est cette donnée qui peut permettre de passer d’un monde de la programmation et du code à un monde d’apprentissage (les algorithmes vont pouvoir analyser et suggérer des solutions par eux-mêmes).

L'autre sujet fort ressorti de ces interventions est le combat à mener autour de la formation. La France forme seulement mille data scientists chaque année, alors que la demande ne cesse d’augmenter. Lors de son discours, Mounir Mahjoubi, secrétaire d’état au Numérique, a souligné l’éducation des jeunes générations et la nécessité de sensibiliser les français au sujet : “C’est important de chercher à susciter des vocations dès le plus jeune âge [...] Il faut impliquer tout le pays dans la transformation numérique, dont les 20% de Français qui en sont éloignés”.

De plus, non seulement le pays manque de travailleurs qualifiés sur le sujet, mais un grand nombre de ces ingénieurs optent pour les rangs des grandes sociétés technologiques américaines. Les intervenants de l’AI Night by Artefact ont donc rappelé l'importance de la création d'un écosystème favorable pour faire émerger des champions de l'Intelligence Artificielle. Le rôle de la France et de l’Europe ont été débattu vis-à-vis de la toute puissance des GAFA dans le domaine. Pour Bruno Maisonnier, PDG et fondateur d’AnotherBrain, la question n’est plus aujourd’hui d’égaler les GAFA, mais bien d’aller plus loin que le deep et le machine learning et de sauter une génération pour en créer une nouvelle.

Une solution proposée consiste également à initier des collaborations entre le privé et le public, pour, par exemple, permettre à des chercheurs de concilier travail de recherche et applications business. Laurent Alexandre quant à lui, dans sa keynote d’ouverture, a tenu à apporter une touche d'espoir "Je suis optimiste à l'idée de voir émerger des champions de l'IA Français".

Un succès à reconduire en 2019

Pour Vincent Luciani « Cette première édition de la Nuit de l’IA créée par Artefact est un franc succès. Nous remercions chaleureusement nos intervenants et les start-up présentes ainsi que toutes les personnes ayant pris part à ce grand rassemblement. Nous leur donnons rendez-vous en 2019 pour fédérer le mouvement des startups de l’IA à un niveau européen cette fois-ci ! ».

Damien Gromier, président de France is AI (powered by France Digitale) et co-organisateur conclut « La Nuit de l’IA va devenir un événement incontournable dans l’écosystème, c’est pourquoi nous avons tenu à fêter le deuxième anniversaire de France is AI à cette occasion ! Depuis 2 ans, la mission de France is AI est de promouvoir l’écosystème français de l’intelligence artificielle et d’en fédérer tous ses acteurs afin de leur permettre de travailler ensemble : les laboratoires de recherche publics ET privés, les startups, les communautés (comme les meetups qui rassemblent plus de 50 000 data scientists en France), les investisseurs et les grands groupes. Nous œuvrons pour porter cette ambition française en IA au niveau européen. Rendez vous en 2019 pour une nuit de l’IA européenne ! »

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