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Requiem for the Krokodil

Le 21 oct. 2016

Prévention Krokodil livre un film glaçant et terrifiant pour dénoncer les ravages de cette drogue en Russie. Mission réussie.

D’après les chiffres officiels, la Russie compterait environ 5 millions de toxicomanes - presque le double selon les associations. Les camés hantent les rues et se shootent essentiellement à l’héroïne : une narco catastrophe qui a donné lieu à un renforcement de la lutte contre le trafic de drogue depuis une dizaine d’années dans tout le pays. Conséquence : le brown sugar se fait de plus en plus rare et de plus en plus cher. En manque, les addicts se sont donc tournés vers une substance faite maison, le Krokodil : accessible et terriblement addictive, elle détruit le pays. A l’image du cristal meth aux USA, la Russie a trouvé sa drogue du pauvre. Appelée communément la « drogue du zombie », elle se compose d’iode, d’héroïne, d’essence, de dissolvant à peinture, de phosphore rouge et de codéine. Ses effets, à la fois physiques et psychiques, sont dévastateurs.  A l’endroit de l’injection, la peau prend une teinte verte et écailleuse. A brève échéance, en plus de faire des dégâts irrémédiables sur le système nerveux, la peau des toxicomanes se nécrose, rendant l'amputation inévitable. Selon les spécialistes, la durée de vie aux addicts du Krokodil ne dépasserait pas les 2 à 3 ans. Dans certains cas, la première injection est même fatale.

C’est en fouillant dans son histoire personnelle et en retournant à ses origines, la Russie, que Romain Demongeot découvre l’extrême violence sociale que traverse la population. Un documentaire Vice, décrivant les ravages de la drogue dite du Krokodil, le bouleverse. Un sujet grave encore peu ou mal traité dans les media. Les victimes mourant dans les zones les plus abandonnées de nos sociétés, il est difficile d’avoir des données fiables sur sa vitesse de propagation. Ce fléau, recherché par une jeunesse désespérée fait écho en lui à sa propre histoire. « Evidemment, le sujet me parlait d’autant plus que j’avais consommé beaucoup de drogues et que j’avais plusieurs fois flirté avec la mort. Le côté désespoir me parlait aussi, après plus de 10 ans en thérapie», explique Romain Demongeot.

Krokodil Requiem

Il décide de créer « prévention-Krokodil » une association pour informer la jeunesse de tous les pays sur le caractère effroyable et irrémédiable de cette drogue artisanale, et de réaliser un film de sensibilisation. Romain Demongeot rassemble alors une équipe de créatifs : Sonia Presne, directrice artistique et spécialiste de la post production avec laquelle il avait déjà travaillé sur son film « Love2062 », Balthazar Benadon, compositeur et Sound designer et Sébastien Novac, direction d’acteur et Président de l’association.

Sensibiliser les jeunes tentés par cette drogue et leur éviter d’être tués

Pour faire passer ce message fort, l’association s’est inspiré du conte pour enfant « Pierre et le Loup » de Prokofiev et a réalisé Krokodil Requiem, un court-métrage de près de 6mn à l’esthétique visuelle et sonore exceptionnelle. La réalisation en images de synthèse et motion-capture, soutenue par la bande son binaurale ne peut laisser personne insensible. Krokodil Requiem est diffusé sur le web, la première source de renseignements qui permet aux victimes de trouver les ingrédients et le mode de fabrication du Krokodil. Victimes qui aujourd’hui ne se cantonnent plus à la Russie : le Krokodil a fait ses premiers pas aux Etats-Unis, en Suède, en Allemagne...

Le film est porté par un sublime texte conté et écrit par Romain Demongeot qui souhaite toucher un maximum de personnes. Bientôt le Krokodil sera partout. Pour l'instant, le film est disponile en français, en anglais, en polonais, en suédois et en russe... La Russie étant l'endroit où il est le plus difficile de communiquer : peuple et gouvernement marchant essentiellement en circuit fermé.

« Notre parti pris créatif,» détaille Romain Demongeot, co réalisateur « a été de parler de la drogue de l’intérieur. Les films de prévention n’expliquent pas ce que peut ressentir le consommateur de drogue. On ne parle pas des pensées morbides, du désespoir, des envies suicidaires… ».

 

Romain Demongeot est Experiential and Virtual Reality Art Director chez UNIT9 à Londres. Anciennement Directeur artistique de Publicis 133, HEREZIE, DDB Paris et Razorfish

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