premium 1
premium 1
actu_19752_vignette

Golden Moustache : le gang du gag infiltre le Net

Le 10 janv. 2014

Golden Moustache n'a qu'un an mais s'est déjà imposé comme un phénomène dans le divertissement. Leur savoir-faire : de l'humour et du Net. Rencontre avec Adrien Labastire, son Directeur Général Adjoint.

Comment est né Golden Moustache ?

Adrien Labastire : C’est un concept que l’on a lancé le 8 novembre 2012. L’idée initiale de M6 était de lancer un pure player de vidéos sur la comédie, avec l’envie de toucher la cible des 15-30 ans sur le digital. Nous avions en tête des exemples tels que les sites de comédie américains comme Funnyordie et CollegeHumor qui ont beaucoup de succès. CollegeHumor est, sans dire de bêtises, le douzième ou treizième site en termes de trafic dans le monde, ce qui paraît assez spectaculaire par rapport aux types de contenus offerts. L’éclosion des YouTubers avec Norman et toute sa bande, la mini-série Bref dont la résonance sociale était intéressante, nous ont donné l’idée de lancer une marque que l’on a déclinée sur plusieurs plateformes différentes : un site, une chaîne YouTube, les réseaux sociaux que l’on utilise pas uniquement comme caisse de résonance mais également comme outils de création. Par exemple, pour Twitter, un Community Manager mais aussi un auteur, sont chargés de « faire de la vanne ». Sur Facebook, on crée des visuels spécifiquement  et exclusivement pour le réseau. A chaque fois, on fait en sorte de créer une communauté.

Nous  avons voulu créer un label de qualité. Que les gens se disent voilà j’adhère à ce truc là, ça me fait marrer, et puissent le retrouver sur le web, à la TV avec notre programme court sur W9. A terme, il s’agit de les emmener vers d’autres types d’exploitation comme la scène, le spectacle.

 

Comment expliquez-vous la rapidité de votre succès ?

Adrien Labastire : Je pense qu’il y a un succès plus global auprès de ce type de contenus. Nous avons observé qu’il y a d’un côté une génération de créatifs qui voulait faire des choses extrêmement libres, sans aucune contrainte, et de l’autre coté, un public qui avait envie de voir ce type de contenu complètement déformaté de la TV. Sur le web, plus vous êtes authentique, plus vous êtes précis, plus c’est un propos de niche, plus paradoxalement le calibrage va être large. Par exemple, pour traiter les jeux vidéo, il vaut mieux faire « Le joueur du grenier » qui a 3.5 ou 3.6 millions d’abonnés sur YouTube, que de faire un format qui s’appellera « Tous les jeux vidéos du monde ». Parce que les gens ne vont pas rechercher ça. Plus vous êtes singulier, authentique, plus vous allez agréger autour de vous toutes les personnes qui se reconnaissent dans vos discours. A l’échelle du web, cela devient énorme alors qu’en TV c’est impossible puisqu’il faut être fédérateur, s’ouvrir au plus grand nombre.

 

En même temps, la TV a joué un vrai rôle pour Golden Moustache…

Adrien Labastire : Nous avons diffusé une partie de notre contenu sur W9 mais ce n’est pas cela qui crée notre audience. En revanche, cela nous a certainement aidé à accroître notre notoriété. L’audience que l’on recherche est une audience réellement consommatrice de web.

 

Comment êtes-vous organisés ?

Adrien Labastire : Le cœur de Golden Moustache, ce sont les créatifs, donc nous travaillons avec une quinzaine de talents. Ils viennent soit du stand-up, soit de YouTube. C’est essentiellement la bande de Bref : Bruno Muschio aka Navo, Yacine Dédo… mais aussi la bande des YouTubers autour desquels nous avons mis en place une production.

Nous avons un autre pilier qui est le marketing digital qui est quasiment aussi important pour nous en termes d’attention que de contenus. Il s’agit de référencement, d’édition de trafic, de RP digitales, de community management, d’optimisation sur YouTube… Nous faisons évoluer en permanence la visibilité de notre contenu. Sandra Albertolli  s’occupe de la partie commerciale, nous comptons un responsable du brand content et un responsable back office.

 

Comment se passe cette alliance avec les marques ?

Adrien Labastire : Dès le deuxième mois de lancement, on avait fait un deal avec Activision sur le thème de la fin du monde pour qui nous avions conçu une série ; puis nous avons fait une pub avec Warner, « movie versus life », qui a été vue deux millions de fois en 48h. Nous avons réalisé Mission 404 avec Orangina, puis travaillé avec Granola… Cela correspond à un appétit des annonceurs d’avoir un contenu qui crée beaucoup d’affinité avec la cible et qui est doté d’un potentiel viral important. Nous  essayons d’être un peu les bons élèves de YouTube ! Nous fabriquons du contenu qui marche bien sur YouTube et sur d’autres types d’exploitation. Nous faisons du conseil, apportons notre expertise aux marques qui viennent de lancer leur chaîne.

 

Aujourd’hui, êtes-vous rentables ? Quel est votre modèle économique ? 

Adrien Labastire : Oui, depuis plus de trois mois.

L’équipe de permanents compte une dizaine de personnes, sans compter les talents qui sont vingt. On a réalisé une centaine de vidéos par an, deux à trois films de pub par mois, Nous vendons nos contenus à W9 et notre espace média avec dix millions de vidéos vues par mois à peu près. Nos revenus sont décomposés d’un tiers de ventes média, un tiers de brand content, un tiers de nos productions pour la TV.

Le contenu créé, que cela soit pour nous ou pour une marque, doit être divertissant. Nous essayons également, à chaque fois, d’exprimer les valeurs de la plateforme de marque.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.