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L'ombre d'une femme avec le poing levé
© Miguel Bruna via Unsplash

L'association COM-ENT s'engage contre le sexisme dans la com'

Emmanuelle Raveau
Le 8 avr. 2019

La présidente de COM-ENT, Emmanuelle Raveau, et son Conseil d’Administration, signent une tribune contre le sexisme et toute les formes de harcèlement dans la communication. Ils appellent à la responsabilisation du secteur pour faire de la bienveillance la norme.

Il est de notre responsabilité de participer au respect de chacun.e et de faire d’un environnement bienveillant la norme.

COM-ENT est la première organisation professionnelle de communicants et communicantes à s’être impliquée, depuis 2012 avec la création du réseau « Toutes Femmes, Toutes Communicantes », dans la lutte contre le sexisme et à s’engager, plus largement, à combattre toute forme d'agissement s'opposant au respect de la dignité humaine dans le secteur de la communication. Engagement renforcé en 2016 avec la mise en place de la campagne « No More Clichés » et l’élaboration d’un kit militant ouvertement pour une communication non sexiste.

Le lundi 4 mars, le monde de la communication et de la publicité constatait avec effarement qu’il n’était, hélas, pas épargné par le fléau du harcèlement moral et sexuel. Mais pourquoi l’aurait-il été face à un phénomène dont on ne peut que constater l’ampleur. Chez COM-ENT, nous estimons qu’il est aussi de notre responsabilité de participer au respect de chacun.e et de faire d’un environnement bienveillant la norme.

Suite à ces révélations, COM-ENT a lancé, du 28 mars au 3 avril, un sondage en ligne auprès des professionnel.le.s de la communication, afin de prendre toute la mesure du phénomène de harcèlement moral et sexuel dans notre secteur dans l’objectif d’y apporter des réponses concrètes. Car, si les agissements de certain.es ne doivent pas nuire à toute une profession, il est également de notre devoir de les dénoncer.

175 cas de harcèlement moral et 66 cas de harcèlement sexuel recensés en 6 jours

Les résultats du sondage corroborent malheureusement ceux plus généralement constatés dans l’ensemble des secteurs et organisations. En six jours seulement, 175 cas de harcèlement moral et 66 cas de harcèlement sexuel au travail ont été recensés parmi les 360 réponses reçues. S’il affecte prioritairement les femmes et les jeunes, particulièrement exposé.es, le harcèlement moral et sexuel n’épargne personne quel que soit le genre et ne se limite pas non plus au rapport de subordination hiérarchique.

Ces chiffres sans équivoque confirment l’urgence de mettre en place des actions et des moyens dédiés pour protéger et aider les salarié.es et prévenir toute forme d’agression.

Responsabiliser la profession

Fort de ces convictions, le Conseil d’Administration de COM-ENT a voté la mise en place d’un dispositif dédié, composé d’une hotline et d’un dispositif d’accompagnement à destination de toutes celles et ceux qui ont été, sont ou pensent être victimes ou témoins d’une situation de harcèlement moral ou sexuel sur leur lieu de travail.

Par la mise en place de ce dispositif, COM-ENT réaffirme sa conviction : nous, communicant.es, avons une véritable responsabilité. Parce que notre profession se positionne à l’avant-garde des tendances sociétales, en contribuant à la création et à la diffusion de messages qui vont imprégner la société, elle a la capacité de perpétuer des images fortes, mais aussi d’insuffler de nécessaires changements. Pour combattre le sexisme et/ou toute forme d’agissement contraire au respect de l’intégrité humaine dans notre profession, il faut avant tout savoir se remettre en question pour responsabiliser l’ensemble de la profession.

Cette démarche n’est bien entendu pas isolée et s’inscrit dans un contexte international de prise de conscience : le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a adopté, le 27 mars dernier, une recommandation de prévention sur la lutte contre le sexisme. Ce texte, s’il n’a pas de valeur contraignante, contient la première définition du sexisme reconnue à l’échelle internationale, une grande avancée. Outre l’invitation, adressée aux Etats membres, à la mise en œuvre de réformes législatives et l’adoption de pénalités financières, il préconise l’adoption de mesures de sensibilisation et « l’élaboration de guides pratiques pour un langage et une communication non sexiste et exempts de genre, à utiliser dans les documents de l’administration publique », une bonne pratique vouée à s’appliquer à l’ensemble des secteurs d’activité. Dont, bien évidemment, le nôtre.

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