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World of Warcraft sur écoute de la NSA

Le 11 déc. 2013

De véritables espions de la NSA infiltrent « World of Warcraft » selon les dernières déclarations du Guardian. La paix reste fragile sur Azeroth.

Lundi dernier, le Guardian rendait publique, en partenariat avec le New York Times et ProPublica, des documents d’Edward Snowden, révélant un vaste plan de surveillance des jeux en réseau. Deux jeux sont notamment cités, World of  Warcraft et Second Life, et le service de jeu en ligne Xbox Live. Cette opération d’espionnage débutée en 2008 serait l’initiative de la NSA et de son homologue britannique GCHQ. L’objectif premier aurait été de démanteler des groupuscules terroristes islamiques.

 

« Les documents montrent que des agents du renseignement, craignant que des réseaux terroristes ou criminels n'utilisent ces jeux pour communiquer secrètement, transférer de l'argent ou planifier des attentats, ont pris position dans ces mondes peuplés d'avatars numériques qui incluent des elfes, des gnomes ou des top-modèles», précise le New York Times.

 

De réels espions auraient alors infiltré des hordes de orcs et se seraient également créés des avatars humains sur Second Life. Leur mission était double : mettre à nu des islamistes parmi les personnages et les guildes, et tenter de recruter des informateurs au sein même des jeux.

 

Le document dévoilé, et baptisé Exploiting Terrorist Use of Games & Virtual, souligne les risques inhérents aux communautés de jeux qu’il décrit comme un « réseau de communication riche en cibles potentielles », où les joueurs peuvent « naviguer à vue ». Correctement exploités, ces réseaux pourraient s’avérer une source inépuisable de données : photos de profil, discussions entre joueurs, données de géolocalisation et informations biométriques du fait de l’utilisation de casques-micro, de video conférences, et autres formes d'identifiants… Un véritable terrain de chasse pour la NSA.

 

« Nous savons que les terroristes utilisent les nombreuses possibilités d'internet, comme les

 

courriels, les chats, les proxies ou les forums, pour des opérations futures, et il est très probable
qu'ils utilisent les moyens de communication offerts par les jeux et leurs environnements virtuels »,
précise le Guardian.

Le document ne précise pourtant nullement si ces recherches ont abouti : il n’est fait part d’aucune preuve claire que les groupes terroristes utilisent les communautés virtuelles pour communiquer.

 

Des révélations qui soulèvent une fois de plus le débat sur la confidentialité des données personnelles, en l’occurrence ici des joueurs. Le producteur de World of Warcraft en Californie a déclaré que ni la NSA, ni GCHQ, n’avaient jamais demandé la permission de recueillir des renseignements dans le jeu. « Nous ne  sommes au courant d'aucun plan de surveillance mis en place », a déclaré un porte-parole de Blizzard Entertainment. « Si cela a eu lieu, c’eut été fait sans permission et connaissance de notre part ».

 

La NSA s'est refusée à tous commentaires. Un porte-parole de GCHQ a cependant déclaré que l'agence ne confirmait, ni ne niait, ces révélations. En attendant les hordes, les guildes et avatars, restent sur leur garde.

 

Des révélations qui tombent à pic, au moment où huit géants américains des nouvelles technologies (Aol, Apple, Facebook, Google, LinkedIn, Microsoft, Yahoo! et Twitter) demandent à Obama une réforme des pratiques de surveillance, suite aux révélations d’Edward Snowden.

 

« Les révélations de cet été ont mis en évidence le besoin urgent de réformer les pratiques de surveillance des gouvernements à l'échelle mondiale », ont-ils déclaré dans une lettre commune.

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