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Thom Yorke, artiste et militant

Le 7 oct. 2014

Le musicien britannique défend une autre forme de partage et d'achat de la musique : plus directe entre les artistes et leur public. Un acte militant contre les grandes firmes de streaming musical.

Tandis que de nombreux utilisateurs d’iTunes se sont plaint qu’on leur impose le dernier album de U2 dans leur playlist, obligeant la firme à leur fournir un manuel de suppression dédié, Thom Yorke, le leader de Radiohead, continue sa croisade pour rester maître de ses créations.

Un combat qui ne date pas d’hier, puisque déjà en 2007 l’album In Rainbows de Radiohead était uniquement proposé sur internet en téléchargement légal, avec la possibilité de faire le don de son choix. En 2013, son album solo The Eraser et celui de son autre groupe Atoms for Peace, Amok, ont été retirés officiellement des listes d'écoute Spotify. Des prises de positions qu’il justifie par le fait que la plateforme musicale ne rémunère absolument pas les artistes, tandis qu’elle n’hésite pas à s’enrichir elle-même. « Ne vous leurrez pas, les artistes que vous découvrez sur Spotify ne percevront rien. Pendant ce temps, les actionnaires vont se rouler dans l’oseille. », avait-il alors tweeté.

Récemment Thom Yorke a annoncé la sortie de son prochain album Tomorrow’s Modern Boxes sur BitTorrent, le logiciel de partage de fichiers sur Internet. Un support étonnant puisqu’il n’est en général usité que par des artistes très peu connus. L’album proposé en peer-to-peer est en téléchargement légal pour six dollars et n’est en vente nulle-part ailleurs.

En marge de photos énigmatiques postées sur la toile par Thom Yorke et qui laissaient sous-entendre un prochain album de Radiohead, l’artiste a contacté par mail sa base de fans : il signifie son respect à tous ceux qui comme lui ne s’engagent pas sur les réseaux sociaux.  «Bonjour, vous n’avez peut-être pas entendu parler de la sortie de mon prochain album. Il s’appelle Tomorrow’s Modern Boxes. C’est sûrement parce vous n’êtes pas engagés sur les réseaux sociaux… et pour cela vous avez tout mon respect. »

Un pied de nez à Spotify, iTunes, Deezer et autres plateformes musicales dont Thom Yorke considère qu’elles dépouillent les artistes de leurs droits. A propos de la sortie de son album sur BitTorrent, il déclare : « Si cela fonctionne, ce pourrait être une manière très efficace de rendre un tant soit peu le contrôle du commerce en ligne aux véritables artisans. […] Permettre à ces personnes qui font de la musique, des vidéos ou tout autre genre de contenu digital, de le vendre sans intermédiaire ; court-circuiter ceux qui se sont auto-proclamés les gardiens... Si cela fonctionne, tout le monde peut faire comme nous l’avons fait. »

 


Source : Marketing magazine

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