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Soigner sa tumeur grâce à l'impression 3D

Avec les nouvelles technologies, il est désormais possible de s'immiscer dans les décisions du corps médical. Preuve en est, avec l’histoire de cet homme, qui, grâce à son esprit maker et l’impression 3D, a sauvé la vie de sa femme.

Pamela Shavaun Scott et son mari Michael Balzer sont tous deux férus de nouvelles technologies : elle est psychothérapeute spécialisée dans les addictions aux jeux vidéos, lui a travaillé à Air Force en tant qu’instructeur technique et ingénieur informatique.  En 2013, après avoir subi une thyroïdectomie, Pamela Shavaun Scott se plaint de violents maux de tête : son mari, très attentif aux complications qui pourraient subvenir après l’opération, la harcèle pour qu’elle passe un IRM. L’examen révèle qu’une tumeur de trois centimètres s'est logée derrière son œil gauche, pourtant les neurologues ne semblent pas s’inquiéter et conseillent au couple de repasser un IRM un an après. Ce diagnostic ne convient pas à Michael Balzer qui, depuis l’intervention qu’a subi sa femme, sait que dans toute maladie il est plus efficace d’être réactif : de prendre les symptômes en amont plutôt qu’une fois qu’il est trop tard.

Le couple décide alors de se rendre en Californie, au Center for Robotic Head and Neck Surgery dans une université de Pittsburgh, un lieu où les chirurgiens pratiquent leurs opérations grâce à des bras robotiques, ce qui accentue leur efficacité et leur précision. Cette découverte conforte Michael Balzer dans la nécessité d'avoir recours aux nouvelles technologies et de faire ses propres recherches pour sauver sa femme. Une prise de conscience alimentée par d’autres avis de professionnels de santé qui indiquent, contrairement à l’avis médical initial, que Pamela Shavaun Scott doit être opérée de toute urgence.

 

Il demande les données issues de l’imagerie médicales de sa femme, les DICOM (Digital Imaging and Communications in Medicine), pour pouvoir travailler dessus, quitte son emploi et monte sa propre entreprise de conception et numérisation 3D. Quelques mois plus tard, un nouvel examen révèle que la tumeur a considérablement augmenté : après analyse Michael Balzer dément l’information. En effectuant une superposition de deux fichiers DICOM sur Photoshop, il réussit à prouver que le diagnostic est mauvais, le médecin n’ayant pas pris le même point de référence d’une image à l’autre. Un élément de plus qui le conforte dans l’idée que technologie et médecine sont désormais indissociables. Furieux de l'erreur médicale, il décide de prendre une part active dans le traitement de sa femme. Il décide alors de convertir les DICOM disponibles en format 2D, au format 3D et parvient à recréer le cerveau de sa femme, ainsi que sa tumeur parfaitement localisée et à taille exacte, en trois dimensions. Pour arriver à cette formalisation 3D, il télécharge le logiciel gratuit InVesalius, développé par un centre de recherche au Brésil. La formalisation du cerveau de sa femme en 3D, permet de voir la tumeur de n’importe quel angle. Il envoie alors le fruit de son travail à plusieurs neurochirurgiens à travers les Etats-Unis afin d'éviter à sa femme de subir la craniotomie proposée par les experts médicaux. Une intervention qui revient à scier le crâne pour accéder au cerveau  et qui a des conséquences lourdes : le patient, à la suite de l’intervention, peut perdre l’odorat, le goût ou même la vue.

 

Un travail qui a porté ses fruits puisque que grâce à ses données formalisées en 3D et le crâne de sa femme imprimé en 3D, un neurologue a admis qu’il était possible d’opérer autrement : procéder à une chirurgie mini-invasive à partir de la paupière gauche de Scott et d'un micro forage pour supprimer la tumeur.

 

Aujourd'hui Pamela Shavaun Scott  va bien, 95% de la tumeur a été enlevée. Si elle avait attendu six mois de plus, elle aurait perdu la vue du fait de l’enchevêtrement croissant de la tumeur dans les nerfs optiques. Michael Balzer a, quant à lui, sauvé sa femme, et permis d’ouvrir de nouvelles portes dans le monde médical : il a prouvé que l’impression 3D pouvait accélérer les processus de santé considérablement.

 

« Tant de gens sont formés pour garder la tête vers le bas et se concentrer sur la pratique de la médecine, que parfois ils ne se demandent pas pourquoi ils font les choses d'une certaine façon et si ils pourraient les faire différemment. », a déclaré Michael Balzer.

 

Le docteur Michael Patton, CEO du Medical Innovation Lab à Austin s’est dit très impressionné par cette nouvelle manière de faire et a déclaré que désormais les portes de son institut étaient grandes ouvertes aux penseurs créatifs comme Michael Balzer.

 

Anterior Skull Section with tumor removed. by slo 3D creators on Sketchfab

 

Source: http://makezine.com

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