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Quand la dictature devient télé réalité

Le 17 nov. 2014

Des jeunes gens, enfermés, coupés du monde, et filmés. Jusque là, rien de nouveau. Ajoutez un hôpital désaffecté, un "guide", et un dictateur invisible, et vous obtenez Diktatorn, un concept de TV réalité censé faire prendre conscience du bien fondé de la démocratie.

L’idée n’est pas nouvelle. Eduquer les jeunes générations sur ce qu’elles prennent pour acquis, leur faire prendre conscience que tout modèle a ses limites, et chaque humain ses faiblesses : voilà un leitmotiv qui a inspiré bon nombre de livres, films, ouvrages théoriques, émissions, et expériences sociologiques en tous genres.

On ne sait jamais. Des fois que vous ayez oublié vos cours d’Histoire, une petite piqûre de rappel sur les dérives possibles des régimes politiques ne fait jamais de mal.

Alors si vous n’avez pas vu La Vague, que vous avez échappé au Jeu de La Mort de France 2, et que vous avez manqué tous les documentaires de ces 20 dernières années sur l’Expérience de Milgram, voici Diktatorn, une émission de télé-réalité suédoise, diffusée sur SVT2 depuis le 28 octobre. Si vous pensiez que le truc le plus glauque auquel vous pouviez assister était un épisode d’Allô Nabilla : ma vie derrière les barreaux, c’est raté.

Le schéma est identique à toutes les émissions du genre : un huis-clos où des jeunes à forte personnalité doivent effectuer des missions quotidiennes. Cette fois-ci, pas de Voix façon Secret Story, mais un « guide », qui veille à ce que les ordres d’un dictateur invisible soient respectés. Les candidats eux-mêmes ne savent pas ce qu’ils doivent faire pour gagner les 100 000 couronnes en jeu. Se rebeller ? Obéir docilement ? C’est évidemment ce qui fait tout l’intérêt du programme. Avec l’idée que cette expérience permettra aux participants de se rendre compte des bienfaits de la démocratie, et que la liberté d’expression ne doit pas se tenir pour garantie.

Du haut niveau. Et quand on voit que l’un des candidats, visiblement sympathisant d’un parti d’extrême-droite du pays, exprime sa peur que le dictateur soit musulman, on imagine que ça peut encore aller très, très loin. On préfère la dérision de Chaplin et Baron Cohen.

Bienvenue dans la médiocratie.

 

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