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Monoprix ouvert aux bitcoins

Le 10 avr. 2014

Monoprix envisage d’utiliser le bitcoin comme nouveau mode de paiement. Une décision étonnante au vu de la méfiance grandissante dont souffre la monnaie virtuelle.

 C’est dans une interview accordée au Journal du Net que Patrick Oualid, directeur e-commerce de Monoprix, a dévoilé l’intérêt de l’enseigne pour la monnaie virtuelle : « Monoprix a toujours eu un positionnement de défricheur et cherché à apporter à ses clients ce qu'on ne voit pas forcément ailleurs. […] Les bitcoins ne sont pas un feu de paille. […]. Nous devons nous y mettre car c'est dans notre ADN. »

Selon lui, le paiement par bitcoin pourrait être mis en place d’ici la fin de l’année 2014 : « Techniquement, cela ne me paraît pas très difficile à intégrer. De cette manière, si l'éclosion se produit en 2015, nous serons prêts. ».  Ce mode de paiement sera mis en place en priorité sur le site de marque, les canaux du web, le mobile et s’étendra au fur et à mesure aux magasins.

Une prise de position étonnante au vue de la méfiance qu'inspire la monnaie virtuelle. Si certains voient dans le bitcoin un nouveau système de paiement révolutionnaire, d’autres ne lui accordent aucune légitimité.

Créé en 2009, le bitcoin s’appuie sur un système d’algorithmes très complexe et qui échappe à toute forme de règles monétaires. Ne dépendant d’aucune banque, ni d’aucune autorité supérieure, ce nouveau mode de paiement virtuel fait figure de pied de nez à la spéculation des banques et des états que beaucoup considèrent comme responsables de la crise financière. Un système décentralisé qui, par ailleurs, permet de transférer des bitcoins en un temps record et à l’autre bout du monde et sans aucun frais bancaire. Pour autant, une question subsiste : cette monnaie a-t-elle réellement une valeur ?

Ce n’est certainement pas Kristoffer Koch qui dira le contraire. En 2009, cet étudiant avait vu son petit pécule de 5 000 bitcoins (achetés à l’époque 18,74 euros) se transformer, quatre ans après, en une coquette somme, soit 600 000 euros. Une petite mise de départ qui lui a permis de s’acheter son propre appartement.  Pour autant, toutes les histoires entourant le bitcoin ne sont pas aussi touchantes. Ce système de paiement évolue dans un environnement légal incertain et beaucoup le soupçonne d’être un véritable vecteur du blanchiment d’argent. En octobre dernier, la fermeture du site Silk Road, considéré comme le marché noir du web, n’a fait que corroborer ces soupçons. Le FBI était tombé sur un magot virtuel de plus de 26 000 bitcoin, soit l’équivalent de quelques millions de dollars : « C'est assez nouveau pour nous. Nous allons probablement essayer de les écouler sur le marché », avait déclaré alors une représentante du FBI, interrogée par Forbes. La fermeture du site avait alors provoqué une chute de 20% du bitcoin.

En février dernier, ce fût le tour de MtGox  d’annoncer sa faillite : la plateforme a en effet  « perdu » l’intégralité des 850.000 bitcoins qu’elle gérait en raison de « faiblesses dans le système informatique ».

Pour autant, les gouvernements ont compris qu’ils devaient faire avec cette nouvelle monnaie. En août dernier, Angela Merkel a fait part de sa décision de reconnaître le bitcoin comme une véritable monnaie : une décision qui lui permet de ponctionner 25% des bénéfices. A contrario, l'administration fiscale américaine ne veut attribuer le statut de monnaie réelle au bitcoin mais considère que, comme tout autre bien, il doit être imposable. En Thaïlande, le bitcoin est tout simplement proscrit, en France les prises de position sur le sujet sont plus frileuses. La Banque de France reconnaît une absence totale de statut : Le bitcoin n’est « ni une monnaie légale, ni un moyen de paiement (…) le Bitcoin comme les monnaies virtuelles n’entrent pas directement dans le champ d’exercices de la supervision et de la surveillance des autorités compétentes en matière de paiement».

Le mois dernier, Pierre Moscovici, alors ministre de l’Économie et des Finances, avait demandé une concertation européenne sur la régulation des monnaies virtuelles. « Il ne s'agit pas de bannir ces monnaies mais il faut en assurer un encadrement précautionneux », avait-il alors déclaré.

Un bitcoin vaut aujourd’hui l’équivalent de 303 euros. Il reste encore très peu utilisé en France mis à part quelques sites internet spécialisés.

«En France, le bitcoin fait effectivement l'objet d'une défiance monumentale. On pense que c'est la monnaie du blanchiment, la monnaie des voleurs. On n'a pas encore bien compris l'ampleur du sujet. Pourtant, je suis convaincu que ne pas y croire, ce serait comme ne pas croire aux réseaux sociaux il y a quelque temps.», a déclaré Patrick Oualid au Journal du Net.

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