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Les fantômes de Google Street View

Paolo Cirio réinvente le street art avec "Street Ghosts". Il habille les murs des captures de personnes photographiées par les caméras de Google Street View.

Paolo Cirio est un artiste engagé. Il tente, à travers ses différentes manifestations artistiques, d’interroger les spectateurs sur leur rapport aux nouvelles technologies. Données confidentielles, violation de la vie privée, faux profils…. Paolo Cirio n’a de cesse de dénoncer les dérives d'Internet.

Sa dernière œuvre : Street Ghosts. L’artiste a imprimé en grandeur nature des photos de personnes trouvées sur Google Street View et les a placardées à l’endroit même où celles-ci avaient été prises. Comme à la source, leurs têtes sont floutées. Des photos prises sans autorisation, tient à rappeler Paolo Cirio.

Il souhaite avec ces images interpeller l’opinion publique sur les enjeux esthétiques, biopolitiques, tactiques et juridiques, d’une telle prise d’image. «Ces corps humains fantomatiques apparaissent comme les victimes de la guerre d’information urbaine, un record transitoire de dommages collatéraux, fruits d’une bataille entre les entreprises, les gouvernements, les civils et les algorithmes. », précise l’artiste.

 

En 2011, il s’était déjà illustré, avec Alessandro Ludovico, dans le projet Lovely Faces. Les deux hommes avaient hacké un million de profils Facebook pour n’en garder que 250 000. Ces différents profils avaient ensuite été diffusés sur le faux site de rencontre lovely-faces.com et classés par genre, sexe, centre intérêts, préférences musicales et autres spécificités. Le site, aujourd’hui fermé, ressemblait à s’y méprendre à un véritable site de rencontres et il suffisait de cliquer sur l’un des profils pour accéder directement au véritable Facebook de la personne. Cette initiative posait clairement la question de la confidentialité et de la protection des données personnelles.

En 2010, Paolo Cirio avait fait fabriquer et distribuer des milliers de cartes de crédit produisant de l’argent virtuel, de manière à introduire une redistribution des richesses grâce à un modèle économique visionnaire. En 2006, l’artiste avait piraté et volé des livres numériques sur Amazon.com pour les redistribuer gratuitement. En 2005, il avait créé de faux réseaux de robots pour frauder le service AD Sense de Google.com.

 

Source http://www.arpla.fr/

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