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Le visage ne fait pas non plus le moine

Le 19 avr. 2012

Les apparences sont souvent trompeuses. Changing Faces détourne les codes du cinéma horrifique. Le monstre est parfois dans les yeux de celui qui regarde.

Le cinéma a longtemps fait preuve de paresse. Trop souvent habitué à dépeindre la perfidie humaine en surface, il a oublié d’en explorer ses méandres. Ainsi, le cinéma s’est pendant longtemps servi d’artifices pour représenter le mal. Cicatrices, prothèses, amputations et malformations sont le package essentiel à la panoplie du tueur.

Une tendance qui tend à se dissiper avec l’apparition sur nos écrans de personnages ordinaires aux psychoses troubles. Les personnages comme Dexter ou Hannibal Lecter en sont les exemples parfaits, ils mettent en scène ces gens, au premier abord respectables, qui cachent sous des traits ordinaires des intentions monstrueuses.

Pourtant dans l’imaginaire collectif, Elephant Man, Freddie Krueger, Frankenstein, avec leurs visages difformes, s’apparentent inextricablement au mal, même s’ils ne font que mettre en exergue la médiocrité humaine. Un ancrage subconscient qui aujourd’hui dessert les personnes aux visages marqués. Que ce soit des cicatrices, des brûlures ou des blessures déjà présentes à la naissance ou faisant suite à une maladie, celles-ci ne bénéficient pas de regards bienveillants.

Comme Tod Browning, avec son inoubliable Freaks (1932), Changing Faces cherche à renverser ces paradigmes. Apprendre à ne plus se fier aux apparences, à dépasser les préjugés pour ne se fier qu’à la nature humaine. Avec le film "Tell us what you think", signé DDB London, l’association joue avec nos peurs les plus primitives et donne au spectateur une belle leçon d’humanité.

 

Changing Faces a été fondé en 1992. Cette association britannique aide les personnes défigurées à retrouver confiance, estime de soi et à avoir accès aux meilleurs services de santé. Cet organisme de bienfaisance offre également une formation et des conseils aux professionnels de la santé et aux enseignants.

L'ADN - Le 19 avr. 2012
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