YouTube assume : la plateforme continuera à héberger des contenus « controversés et choquant »

La CEO de YouTube a assumé le choix de la plateforme de poursuivre sa politique basée sur « l’ouverture », quitte à laisser en ligne des vidéos haineuses.

Enfants exploitées pour du like, vidéos complotistes, ou discours de haine ; on connait bien les travers de YouTube. Alors qu’en juin dernier, la plateforme avait tapé du poing sur la table en disant vouloir s’attaquer aux vidéos des suprémacistes blancs et des néo-nazis... il se pourrait bien que tout cela reste lettre morte.

Une plateforme « ouverte » 

Dans sa lettre trimestrielle à l’intention des créateurs de contenus, la CEO de YouTube Susan Wojcicki a rappelé que la politique de la plateforme de vidéos était basée sur « l’ouverture ». Par ce terme a priori positif, la dirigeante souhaite désigner les contenus qu’il serait impossible de voir dans des médias mainstream, comme cette chaîne animée par des enfants atteints du syndrome de la Tourette.

Et elle ne s'est pas arrêtée là... « Si YouTube doit rester une plateforme ouverte, elle doit accepter les vidéos controversées, voire offensantes », prend-elle le soin de préciser. Pour justifier cette décision, Susan Wojcicki a tenu à rappeler que ces vidéos ne représentaient « qu’une fraction d’1% des contenus publiés sur la plateforme ». Elle voit en elles une sorte de mal nécessaire, permettant à d’autres types de contenus, moins controversés, mais originaux de pouvoir aussi exister.

YouTube a du mal à modérer les vidéos haineuses

Pour donner le change, la lettre de la dirigeante fait aussi référence aux récentes règles d’utilisation de la plateforme mise en place en juin dernier, notamment celle qui interdit les « hate speeches » (discours de haine) et le harcèlement entre youtubeurs. Sauf que celles-ci ne seraient pas franchement respectées : un article du site Gizmodo explique que le contenu haineux n’a jamais vraiment disparu de YouTube. Sur les 226 chaînes que le journaliste Aaron Sankin a répertoriées, une trentaine seulement ont été bannies.

Malgré ces chiffres décourageants, Susan Wojcicki assure que sa politique d’ouverture est plus importante que jamais et que des efforts sont poursuivis pour modérer la plateforme. « Nous travaillons chaque jour à réduire encore ce nombre (la fraction des 1% de vidéos problématique). Ce nombre si faible a pourtant un impact démesuré, aussi bien pour nos utilisateurs que pour ce modèle d'ouverture qui a permis l'essor de notre communauté ».

On peut s'en réjouir... Mais dans une enquête datant d’avril dernier et publiée sur Bloomberg, on apprenait que Susan Wojcicki avait déclaré à l’un de ses employés : « Mon travail consiste à diriger la société, pas à gérer cela ». D'après les témoignages de salariés travaillant chez youTube, les tentatives de modération contre les vidéos complotistes et haineuses avaient été découragées au profit de l’engagement des internautes. La loi du clic semble être la plus forte.

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