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Illustration de l'oiseau de Twitter à qui l'on coupe les ailes

Ligne édito, réseaux sociaux : même combat

Le 20 oct. 2017

« Mes tweets n’engagent que moi »… et mon média. Le New York Times a établi une charte stricte sur la façon dont ses journalistes peuvent ou non utiliser les réseaux sociaux.

Notre nouvelle charte souligne le rôle important joué par les médias sociaux dans le journalisme, et demande aussi que nos journalistes fassent extrêmement attention à ne pas exprimer d’opinions partisanes, ou de débattre des sujets couverts par le New York Times. 
Le journal a ainsi partagé avec ses lecteurs les nouvelles directives que les employés doivent suivre à la lettre.

L’objectif : maintenir une présence sur les médias sociaux pour rester « le meilleur outil d’information du monde », tout en s’assurant d’y conserver des prises de parole en lien avec la ligne éditoriale.

Les équipes identifient ainsi que les médias sociaux représentent des risques potentiels pour le New York Times. « Si nos journalistes sont perçus comme étant biaisés, ou s’ils s’engagent dans des débats sur la sphère sociale, ils peuvent affecter la crédibilité de toute la rédaction ».

Ainsi, les rédacteurs / journalistes / reporters doivent s’engager, sur leurs comptes personnels des réseaux sociaux, à :

  • Ne pas exprimer d’opinions partisanes
  • Ne pas promouvoir d’idées politiques ni soutenir de candidats
  • Ne pas publier de commentaires offensants
  • Ne pas prendre parti sur les sujets couverts par le New York Times
  • Ne pas se plaindre auprès d’un service client
  • Ne pas rejoindre de groupes privés ou secrets sur Facebook ou d’autres plateformes, surtout s’ils ont une orientation partisane
  • Ne pas rejoindre d’événements partisans sur les réseaux sociaux
  • Toujours faire preuve de respect, même dans le cas où les internautes publieraient des commentaires négatifs sur le travail des journalistes
  • Etre transparent en cas d’erreur
  • Faire preuve de précaution en cas de partage de « scoops » ou d’histoires sensationnelles émanant d’autres organismes que le NYT

Des consignes strictes qui s’appliquent à l’ensemble des journalistes, et non seuls ceux qui gèrent les rubriques liées à la politique. Peter Baker, reporter au NYT explique ainsi que « les tweets [des journalistes] qui concernent le Président sont considérés comme des déclarations du New York Times en tant qu’institution, même si ceux qui les postent ne couvrent pas le sujet. La Maison Blanche ne fait aucune distinction. Dans l’environnement actuel, nous avons besoin de nous soutenir les uns les autres ».

Serait-ce donc là le fond du problème ? Les éructations de Trump à l’égard du journal seraient-elles responsables du durcissement des règles à destination des journalistes qui pourraient utiliser les réseaux à un usage perso ?

 

Flippant, pour un pays qui est censé rester une démocratie...

Par ailleurs, cette liste ne se limite pas à l’usage de Twitter : Instagram, Facebook, et tous les autres sont concernés.

Les lecteurs, de leur côté, sont divisés. Certains y voient la conséquence directe de la politique instaurée par Trump à l’égard des médias « qui lui veulent du mal ». D’autres s’insurgent de la suppression de la liberté de parole des journalistes. Enfin, les détracteurs, fidèles au poste, voudraient que cette neutralité s’applique aux journalistes dans leurs articles.

Il n’empêche que le besoin de statuer sur le comportement à adopter dans ce qui relève de l’opinion privée ne laisse rien présager de bon, et il est à parier qu’une telle charte serait décriée dans d’autres secteurs ou pays.
L’employee advocacy, oui… Mais à quel prix ?

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