De Snapchat à TikTok et Discord : comment les préadolescents font leur entrée sur les réseaux ?

Dès qu'ils obtiennent leur premier smartphone, les préadolescents suivent le même parcours. D’après l’agence Heaven, nos juniors commencent par Snapchat pour s'échouer, selon leur sexe, sur TikTok ou Discord. 

Les plateformes sont censées leur interdire l’accès et pourtant ils sont bien là. « Ils », ce sont les moins de 13 ans qui malgré les limites d’âge, colonisent les réseaux sociaux. Il faut dire que 84% d’entre eux sont équipés d’un smartphone dès l’entrée au collège. S’ils ne sont que 50 % à avoir ouvert un compte sur un réseau en 6e, 90% d’entre eux y seront inscrits en 3ème.

Snapchat, le joujou social qui initie au web

« Quand cette nouvelle génération débarque sur les réseaux, elle n’a pas d'amis à rejoindre explique Emmanuel Berne, Directeur des études de l’agence Heaven. Résultat : les préados ont le choix de choisir ce qu’ils considèrent comme les meilleures plateformes sur le marché. » Pour les moins de 13 ans, le point d’entrée principal dans le numérique reste Snapchat. Annoncée plusieurs fois perdante face à la montée en puissance d’Instagram, la plateforme américaine continue d’attirer les plus jeunes grâce à ses nombreux filtres et son chat. « C’est un véritable jouet que les enfants apprennent à utiliser dès le milieu de l’école primaire, poursuit Emmanuel. À partir du CM2, ils commencent aussi à utiliser l’application comme messagerie. »

Instagram, pour apprendre à maîtriser son image

Avec la 6ème tout change. Instagram se fait plus présente et les ados en profitent pour peaufiner la maîtrise de leur image sur les réseaux. « Ils vont poser, apprendre à cadrer leurs photos à les retoucher, explique Emmanuel Berne. Ils vont aussi s’essayer aux sorties qui sont souvent vues comme un gage d’authenticité ». Ce qui marque le plus, c’est la facilité avec laquelle ils peuvent gagner très rapidement des followers. C’est au même moment qu’apparaît la pratique des « finsta », ces comptes parallèles sur lesquels les jeunes peuvent être plus authentiques et raconter leur vie de tous les jours à des proches sélectionnés avec soin.

TikTok, l’application qu’on aime ou qu’on déteste

Une fois l’apprentissage des réseaux bien intégré, les usages vont se diversifier et devenir nettement plus genrés. Chez les adolescentes, TikTok conforte sa place de bon troisième. Certes, la plateforme vidéo divise beaucoup. Soit on aime, soit on déteste. Si les ados participent sans problème aux challenges et autres chorégraphies, c’est plus par jeu que par réelle envie de s’exposer. Comme pour Instagram, on utilise aussi TikTok pour suivre ses premières stars. Il s’agit souvent de célébrités de téléréalité ou bien de vidéastes humoristiques comme Junior TV qui cumule plus de 1,4 million d’abonnés sur la plateforme.

Discord et les jeux vidéo pour les collégiens

Du côté des garçons, les usages vont différer complètement et ces derniers s’orientent beaucoup plus vers le jeu vidéo. Pour pouvoir dialoguer en direct pendant une partie multijoueur, mais aussi chatter plus tranquillement avec leurs amis, ils vont utiliser Discord. Très peu connue du grand public, cette application a connu un boom phénoménal en 2019. Sa spécificité est de proposer un univers privé. Il faut pouvoir être invité par un autre membre du groupe pour y entrer. Avec la plateforme de streaming Twitch et YouTube, Discord forme un écosystème complet sur lequel les adolescents vont pouvoir créer des groupes de discussions et d’échange, jouer, mais faire partie de la communauté de joueurs professionnels.

Et Twitter et Facebook dans tout ça ?

Le média social de Mark Zuckerberg at définitivement perdu la partie avec les plus jeunes. Considéré comme un « réseau social de vieux », Facebook souffre surtout d’une méconnaissance de ses possibilités. En revanche, les préados n’hésitent pas à utiliser Messenger, notamment parce que l’application offre de petits jeux multijoueurs. Pour Twitter, c’est un peu différent. Considéré comme un réseau social « d’adultes », les jeunes sont moins enclins à l'utiliser. Ils sautent toutefois le pas pour y suivre quelques célébrités.

Les préados de la génération Z ont donc un usage très progressif des réseaux : ils les découvrent, et éventuellement les abandonnent, avec leurs tribus. Mais quand on leur dit qu’ils passent trop de temps sur leur portable, 39% d’entre eux rétorquent sans sourciller que les adultes en font de même. Soulignant, non sans raison, que si chaque âge a ses réseaux... tous partagent la même addiction.

 

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