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Des gens qui font la fête à une soirée
© mediaphotos via GettyImages

C’est quoi Clubhouse, le nouveau réseau social qui affole la Silicon Valley ?

Le 26 mai 2020

C'est l'appli dont tout le monde parle dans la Silicon Valley. Et malheureusement, vous ne pouvez pas la télécharger.

Oubliez Instagram et ses millions de photos, TikTok et ses vidéos qui défilent à l’infini. Le nouveau réseau social à la mode s’appelle Clubhouse et n’utilise que votre voix. Hyper-confidentielle, l’application lancée par Paul Davidson et Rohan Seth mi-avril 2020 enflamme les VC de la Silicon Valley.

Clubhouse, le twitter de l’audio

Depuis le confinement, la vidéo a pris une place prépondérante dans nos vies. Pour télétravailler ou garder le contact avec ses proches, impossible d’échapper à la fameuse visio conférence – jusqu’à fatiguer nos cerveaux. Mais sur Clubhouse, c’est l’audio qui est à l’honneur. Sur ce réseau social, parfois qualifié de « Twitter de l’audio », tout passe par la voix. On ne se voit pas mais on se parle. Chaque utilisateur à la possibilité de créer une « salle de discussion » que les autres peuvent rejoindre. Le modérateur de la salle choisit qui a accès à la parole et l’orateur peut également inviter un autre utilisateur à discuter. Le principe est relativement simple mais Clubhouse semble déjà être hautement addictif. Avec des utilisateurs qui rapportent avoir passé plus de 15h en une semaine sur l’appli.

Capture d'écran de Clubhouse

Mieux que la VR

Pour la digital détox, ce n’est pas super donc. Mais Clubhouse semble avoir de nombreuses autres qualités. Comme celle de faciliter les discussions entre les gens. « C’est comme arriver dans une soirée où l’on est sûr que tout le monde a envie de discuter avec les autres, » résume Sonia Baschez au New York Times. D’après ses utilisateurs, le réseau social possède également une vraie capacité d’immersion dans un autre univers. Interrogé par WiredNarendra Rochella confie avoir eu la sensation d’être transporté dans un autre endroit, bien plus qu’avec un casque en VR. Nikolas Huebecker, développeur prodige à peine majeur, raconte comment une « salle de conversation » avec des inconnus lui a donné l’impression d’une expérience « très intime ». Du haut de ses 18 ans, il compte parmi les plus jeunes utilisateurs de la plateforme et la préfère déjà à Instagram, Snapchat ou TikTok.

Clubhouse, le roi du FOMO

Pour le moment, Clubhouse fait surtout le buzz grâce à l’exclusivité. Si vous comptiez vous rendre sur l’AppStore ou le Google Play Store, c’est raté. L’application n’est pour le moment accessible qu’à quelques milliers d’utilisateurs et uniquement en version bêta. Pour faire partie des happy few, il faut s’inscrire sur une liste d’attente via un Google Form. Et croiser les doigts pour être accepté.

100 millions d’euros pour une appli pas encore sortie

Avant d’être finalement acceptée, l’ancienne VC Michelle Tandler tweetait qu’elle ne s’était jamais sentie aussi exclue depuis l’école primaire. Car à part quelques stars qui font des apparitions – Wired mentionne le rappeur MC Hammer ou encore l’acteur Hannibal Buress –, Clubhouse ressemble surtout au club déjà fermé des entrepreneurs et VC de la Silicon Valley. Résultat : le réseau social a déjà réussi une gigantesque levée de fonds en série auprès de deux des plus gros fonds d’investissements californiens. Selon Forbes, Clubhouse et ses 5 000 utilisateurs pèseraient déjà 100 millions d’euros.

Des VC qui investissent dans un réseau social où il y a surtout des VC, donc. Pourtant « aucun réseau social qui a plu à la communauté des VC n’a jamais réussi sur le marché, » plaisante Michelle Tandler.  L’engouement made in Silicon Valley autour de Clubhouse pourrait bien n’être qu’une petite bulle qui explose en plein vol.

Alice Huot - Le 26 mai 2020
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