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La presse en 2021
© Keith Brofsky via Getty Image

Rapport de l’institut Reuters : ce qui a changé pour les médias numériques en 2021

Le 28 juin 2021

Hausse de la confiance dans le journalisme, crainte de la désinformation sur le Covid, montée en puissance de TikTok : découvrez les dernières tendances médias, d'après Reuters.

Comme chaque année, le Digital News Report de l’Institut Reuters nous offre un panorama complet de l’industrie médiatique dans le monde et la manière dont nous consommons les informations sur les réseaux. Cette étude est réalisée dans 46 pays et auprès de plus de 92 000 personnes.

Plus de confiance dans les titres de presse

Pendant la crise sanitaire, l'un des enjeux médiatiques les plus importants aura été de chercher des informations fiables sur le sujet. Le rapport Reuters révèle ainsi que le niveau de confiance dans les informations a crû de 6% en moyenne par rapport à l’année dernière pour atteindre un niveau de 44%. Un score à nuancer néanmoins : le rapport note la présence d’une grande disparité entre ce niveau de confiance générale, et celui accordé aux informations trouvées sur les plateformes sociales, qui n’est que de 24%.

Les pays ayant des médias publics solides et indépendants, notamment en Europe de l’Ouest, ont vu les niveaux de consommation d’informations augmenter. La France reste cependant en bas du classement avec un taux de confiance de 30%, contre 65% pour la Finlande ou 53% pour l'Allemagne.

Hausse de la désinformation

Entre la montée des covidosceptiques au sein de la population et de la classe politique, et les troubles politiques du début d’année aux États-Unis, le rapport met en avant une montée sensible de l’inquiétude autour des fake news. 58% des personnes interrogées avaient peur d'y être confrontées en 2021 : c'est 2 points de plus qu'en 2020. Les continents les plus concernés sont l’Afrique (74%), l’Amérique latine (65%) et l’Amérique du Nord (63%).

Parmi les thématiques les plus sujettes à la désinformation, on retrouve en tête de liste le Covid (54%), suivi de la politique (43%). Les fake news autour du dérèglement climatique n'inquiètent que 20% des gens. À noter que ce sont surtout les politiques qui sont responsables (à 29%) de la propagation des fausses informations. C’est notamment le cas au Brésil. Le président Jair Bolsonaro a déjà produit 900 déclarations fausses ou imprécises à propos du coronavirus depuis 2020. La Pologne, avec le parti Droit et Justice, ainsi que les États-Unis, avec Donald Trump sont aussi concernés.

Les plateformes sociales sont aussi largement montrées du doigt en tant que propagatrices de fake news. Facebook arrive en tête des réseaux suscitant le plus d’inquiétude (28%). Viennent ensuite les sites d’informations et les applications (17%), WhatsApp (15%), Twitter (6%) et YouTube (6%). Quand on regarde en détail, ce sont les messageries de Chat comme WhatsApp qui inquiètent le plus les habitants de l'hémisphère sud, tandis que Facebook inquiète beaucoup plus les Américains et les Britanniques.

Journalistes versus influenceurs

Même avec un niveau de confiance diminué, les plateformes sociales continuent d’être des points de relais importants de l’information. Les grands médias mainstream et les journalistes attirent toujours l’attention sur Facebook et Twitter. Mais sur les plateformes fréquentées par un public plus jeune comme Instagram, Snapchat et TikTok, ce sont bien les influenceurs qui mènent la danse. TikTok touche désormais 25% des gens de moins de 35 ans, et 7% des utilisateurs privilégient le réseau pour accéder à de l’information.

Quels usages pour quels réseaux ?

Loin de proposer une présentation standardisée des news, ces plateformes permettent surtout de s'informer sur les différents mouvements sociaux et de lutte à travers le monde. C’est notamment le cas en Indonésie, Thaïlande et Myanmar, où les manifestants utilisent TikTok pour communiquer avec humour..., et moins de risque de censure.

David-Julien Rahmil - Le 28 juin 2021
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