kiligi
© Mikhail Nilov

Oubliez Instagram et ses dangers ! L’application Kiligi vous invite à prendre soin de vous et des autres. 

Lancée début septembre, Kiligi est une application sociale pour partager ses émotions et recevoir du soutien. La mission de cette nouvelle plateforme est claire : souder les jeunes générations en une communauté bienveillante, capable de se soucier des problèmes d’autrui avec tolérance. Sur l’application, vos états d’âme sont les seuls contenus, habillés de hashtags et d’émojis tous azimuts. Le but à long terme, c’est d’aider les ados en détresse à s’exprimer sur une plateforme plus saine que les autres. 

Derrière cet écosystème bienveillant, il y a Guillaume Vilain ! Fort de son parcours d’instituteur, le fondateur de Kiligi a toujours milité pour « faire évoluer l’école publique », un lieu au sein duquel la détresse mentale est souvent mal considérée. Alors, pour lui, peu importe qu’il s’agisse d’un chagrin d’amour ou d’un moment de joie, ce qui compte, c’est que vous en parliez ! Entretien.

Durant la pandémie, la santé mentale des jeunes a fortement été touchée. Comment décririez-vous concrètement le rôle de votre application dans ce contexte ?

Guillaume Vilain :  Mes deux enfants m’ont fait prendre conscience de la gravité du problème, en me racontant le désarroi de leurs camarades, à l’école ou dans les transports. Il y avait quelque chose à faire, mais quoi ? Dans mon carnet à idées, j’avais cette ambition de créer une application pour aider à mettre des mots sur ses émotions. Avant de développer Kiligi, j’ai fait appel à des professionnels de santé et aux jeunes eux-mêmes, pour que la plateforme leur ressemble. Cette application a donc été conçue comme un outil, une oreille attentive pour des jeunes en manque d’attention. Nos utilisateurs disent que nous sommes « un journal intime, pas intime, mais justement interactif » !

Sur les réseaux sociaux, les problèmes de harcèlement sont connus. Comment faites-vous pour modérer les interactions sur la plateforme ? Est-ce que le pari d’une plateforme « saine » est réussi jusqu’ici ?

G.V. : Sur Kiligi, c’est assez dingue de constater cette bienveillance naturelle. Nous avons la chance d’avoir des bénévoles qui nous aident à signaler, à commenter et à rassurer, mais la communauté fait aussi son travail. De plus, des moyens concrets sont mis en place pour assurer le tout. D’abord, votre inscription est liée à votre numéro de téléphone, ce qui nous permet de supprimer et bloquer bien plus facilement les trolls, les personnes malveillantes… Et puis en ce moment, nous développons un partenariat avec Bodyguard (service de modération en ligne) qui nous permettra de croître, tout en gardant ce cap positif.

Kiligi vient de débarquer, mais combien comptez-vous de téléchargements depuis le lancement ?

G.V. : À ce stade, les chiffres ne vont sans doute pas vous faire rêver. Il faut dire que nous avons délibérément choisi de ne pas lancer de grandes opérations de communication, afin que nous puissions développer nos services au bon rythme, en préservant la bienveillance de la plateforme. Mais pour vous donner un ordre d’idées, nous sommes à plus de 2 000 téléchargements, avec près de 500 utilisateurs quotidiens. Ce qui nous réjouit surtout, c’est le temps moyen passé sur l’application à hauteur de 15 minutes par jour et par utilisateur ! Un bon chiffre, pour une application sans contenus de « divertissement ». 

En vous écoutant, on perçoit le potentiel de l’application d’un point de vue médical. En ce sens, comptez-vous en faire quelque chose ?

G.V. : Oui, certainement ! L’application se développe dans le sens d’un bon outil de détection, permettant de prévenir les dégâts d’un état de fragilité mentale. Alors, plusieurs possibilités sont imaginables, comme la mise en place d’un « suivi des humeurs » par les psychologues de celles et ceux qui sont suivis à l'extérieur, et qui s’expriment sur Kiligi. Nous pourrions aussi rediriger les utilisateurs vers des professionnels de santé mentale, des diététiciens, etc. Le tout, c’est d’éviter au maximum que vos fragilités passent sous le radar !

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