premium 1
premium 1 mobile
actu_27073_vignette_alaune

Uber vs taxi : tout le monde en parle

Le 26 juin 2015

L’uberisation, il y a ceux qui en parlent... et puis ceux qui la vivent... Quand les taxis continuent de défendre leur profession, la bataille est dans la rue et sur la Toile.

Quand le web s’en mêle, les querelles enflent. La guerre qui fait rage entre les VTC et les taxis n’en finit plus de faire tweeter : chacun prend parti, s’insurge, attaque et défend.

Lorsque Maxime Coulon, cascadeur de profession, publie une lettre ouverte sur son compte Facebook dans laquelle il se réjouit du sort des taxis parisiens, la Toile s’enflamme. Les commentaires positifs affluent, les internautes se retrouvant dans les situations qu’il décrit : « incivilité », « attitude exécrable »,… Le message est aimé et partagé des centaines de milliers de fois. Un engouement inattendu pour celui qui, comme le rapporte Buzzfeed, « ne [s]’attendai[t] pas du tout à ce qu’il devienne viral ». Mais évidemment, les taxis sont aussi soutenus… de plusieurs façons.

Il y a la manière « violente », comme le rapporte Maxime Coulon, toujours sur Facebook. Ce dernier a en effet publié dimanche dernier des captures d’écran des menaces qu’il reçoit. Il y a aussi la manière plus réfléchie. Stéphane Soumier, Rédacteur en chef chez BFM Business recevait Nicolas Colin, fondateur de The Family, dans son émission d’hier matin. Il poste par la suite sur son compte Twitter la conclusion suivante : « Dites-vous simplement que ce qui touche les taxis vous arrivera dans votre secteur, bientôt, et vous les regarderez différemment ». Si les retweets (de soutien) sont au rendez-vous, les réactions en faveur du camp opposé ne se font pas attendre : les chauffeurs de taxi feraient-ils mal leur travail ? Ne méritent-ils pas ce qui leur arrive du fait de leur immobilisme face à la concurrence ? Le journalisme risquerait-il le même sort ?

Peut-être l’a-t-il déjà subi… Rappelez-vous, au début des années 2000, lors de l’arrivée des journaux gratuits la presse dite « traditionnelle » faisait triste mine… Les arguments étaient violents, comme le rappelle Héloïse Dion dans une tribune pour Rue89. On parlait alors de « faux » journalistes, on tabassait les distributeurs de Metro… A l’Ouest, rien de nouveau.

Ou presque. Car ce qui enflamme le débat, c’est en partie cette surmédiatisation et l’appropriation des clients. Pro-Uber et pro-taxis s’entredéchirent à coups de commentaires interposés, de tweets bien placés, de reportages en direct live. Courtney Love s’offusque sur Instagram et sur Twitter, les soutiens s’affichent jusque sur LinkedIn où certains prônent le hashtag #JeBoycotteLesTaxis, et chacun y va de son avis et de sa prise de position. Dans cette joute 2.0, même l’internaute qui ne prend que le métro s’autoproclame arbitre d’un sujet dont il ignore parfois les dessous. Pour Stéphane Soumier, ce qui se passe est inédit. « Avec Uber et la révolution que constitue l’internet industriel, on entre dans une nouvelle dimension : ce sont des artisans qui voient du jour au lendemain leur modèle économique remis en cause par d’autres artisans. Bref, ce sont des individus contre des individus ». Et cela change tout… « L’Etat a du mal à contrôler les individus : à l’époque des radios libres, on pouvait saisir des émetteurs ; pour les journaux gratuits, des imprimeries ; pour les grandes surfaces, envoyer les CRS sur le chantier… Ici, vous ne pouvez pas saisir des voitures anonymes dont le réseau se développe sur les portables et dont les têtes se promènent quelque part entre le Luxembourg et la Californie ».

Et comme à son habitude, le web a soif de sang. Les conflits sont amplifiés, les photos des pavés dans les pare-brise ne semblent accorder aucune place (ou presque) aux initiatives pacifiques. Pourtant, en Moselle, les taxis ont fait la grève à la japonaise (les courses sont gratuites) tandis qu’à Bordeaux ils distribuaient des fleurs aux passants…  

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.