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Les trolls pourraient finir au trou

Le 12 oct. 2016

Ça, c’est fait. Au Royaume-Uni, les trolls seront désormais passibles de poursuites, et risquent la prison.

A chaque innovation son lot de dérives. On prétend que l’arrivée des grands magasins a favorisé l’apparition de la kleptomanie… les réseaux sociaux ont, quant à eux, accouché des trolls. Ces petites créatures merveilleuses du folklore scandinave sont désormais mieux connues dans leur format numérique : polémiques et violents, teigneux, les trolls cherchent l’embrouille et ne lésinent pas sur les méthodes de harcèlement. Mais IRL, leurs ravages sont bien palpables. Face à ce déversoir de propos haineux, racistes, homophobes… et leurs lots de menaces, les victimes se multiplient et témoignent : de la dépression au suicide, le troll les a menées au fond du gouffre.

Certes le phénomène n’est pas nouveau, mais il prend de l’ampleur. Aussi, au Royaume-Uni, le Crown Prosecution Service (un des services non ministériel du Royaume-Uni, chargé des poursuites judiciaires en Angleterre et au Pays de Galles, en gros, l’équivalent de notre procureur) a décidé de trancher : le harcèlement en ligne sera passible des mêmes peines que le harcèlement hors ligne.

Alison Saunders, directeur des poursuites publiques au CPS a déclaré le 10 octobre à la BBC , "L'Internet n’est pas un endroit anonyme où les gens peuvent tout poster sans aucune conséquence. Les gens doivent davantage penser aux conséquences de leur conduite."

En France, il n’existe pas encore de mesures spécifiques, mais certains délits online reçoivent de facto, les mêmes sanctions qu’IRL. Par exemple, l'injure ou la provocation à la haine raciale est déjà passible d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende, que les publications concernées soient sur internet ou ailleurs. La loi pour une République numérique adoptée par le Sénat le 28 septembre dernier, confère de nouveaux droits aux internautes dont la pénalisation du « revenge porn ».

Alison Saunders a tout de suite voulu rassurer : la mesure ne devrait en rien contraindre la liberté d’expression qui est régulièrement brandie par les réseaux sociaux pour justifier leur refus d’intervention. Vaste sujet. Où commencent le droit de réponse, la saine engueulade… et le clair harcèlement ? Sur certaines affaires, la justice devrait pouvoir trancher assez facilement ce que le savoir-vivre semble incapable de gérer dès lors que cela se passe par écrans interposés… Côté russe, le pouvoir a opté pour une autre approche. A Saint-Pétersbourg, une usine à Trolls, financée par le Kremlin, se charge de soutenir à grands renforts de commentaires élogieux, les initiatives de Poutine… et de harceler ceux qui voudraient défendre d’autres positions. La guerre du troll aura bien lieu... et elle a déjà commencé.

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