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Le New York Times vide de contenu

Les plus grands journaux mondiaux vides d’infos

Le 5 mai 2017

Ce n’est un secret pour personne : nous sommes submergés d’infos. Le phénomène a même un nom : l’infobésité. Pour la dénoncer, un collectif vide les plus grands journaux de leurs contenus.

Sideline se définit comme un collectif dont le seul objectif est de créer de grands projets créatifs, non-conventionnels et capables de se démarquer. Ambitieux.

« Nous utilisons la créativité pour résoudre les problèmes, pour éduquer et informer », peut-on lire sur le site de Sideline. Le dernier projet des équipes, intitulé « Nothing in the News », veut s’attaquer au problème de la surinformation.

Le Monde sans articles

« Nous sommes bombardés d’information, 24h/24 et en temps réel, sur tous les supports et plateformes qui se battent pour obtenir notre attention, une notification à la fois ». Résultat : une saturation qui s’installe un peu plus, à chaque clic, chaque minute passée à traquer du contenu. « Nous sommes tellement occupés à remplir chaque moment de notre vie avec des choses à regarder, à faire, à apprendre et à lire que nous en oublions d’être, tout simplement. De nous asseoir et de penser. De nous déconnecter et de nous ennuyer. De rêvasser ».

Certes, mais y a-t-il une solution à cette sur-sollicitation ?

Avec son projet, qui vise à reprendre les titres et structures des plus grands journaux nationaux et à les vider de leurs articles, le collectif entend offrir un peu de répit. Si les créatifs concèdent que les temps agités dans lesquels nous vivons demandent de se tenir au courant de l’actualité et de toujours chercher la vérité, ils tiennent aussi à dénoncer notre addiction aux « breaking news », aux rumeurs et aux théories du complot.

« Pour contrer cette abysse culturel, nous offrons la seule chose dont vous ayez besoin plus que tout : Rien. Absolument rien. Aujourd’hui, et aujourd’hui seulement, il n’y a rien aux infos. Profitez-en tant que vous le pouvez ».

L’artiste à l’origine du projet, Joseph Ernst, précise l’importance du rôle des journalistes dans les démocraties modernes. Mais il déplore l’intérêt démesuré accordé aux célébrités, aux réseaux sociaux, aux « top 10 », aux vidéos de chats et au porno. Si le fond du projet a le mérite de mettre le doigt sur une réalité, la réalisation laisse songeur…

Buzz, fake news et autres putaclics ont plutôt tendance à connaître leur heure de gloire en ligne ou au sein des tabloïds. Associer Le Monde, le New York Times ou El País au propos n’est peut-être pas le plus judicieux. On aurait apprécié un simili-Facebook vide de statuts et d’articles sponsorisés, ou un Closer sans photo-choc…

Un journal sans infos

Si l’initiative vous séduit, vous pouvez toutefois commander votre exemplaire de journal vide ici, pour 15£.

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