Tesla

Faut-il syndiquer Tesla ?

Le 10 févr. 2017

Tandis que Tesla s’apprête à produire en masse le modèle 3 de sa berline, les ouvriers de l’usine se plaignent de leurs terribles conditions de travail. Mauvais timing.

Il semblerait que certains employés de l’usine d’assemblage d’Elon Musk à San Francisco se plaignent de leur salaire et des conditions de travail dangereuses. Un certain Jose Moran aurait été désigné comme porteur de leurs revendications, du moins c’est ce que celui-ci affirme dans un billet intitulé Time for Tesla to Listen qu’il a fait paraître sur son blog.

Une parution qui passe mal, au moment même où l’usine doit faire face à une production exponentielle de sa voiture électrique Tesla Model 3 à 35 000 dollars. Les débuts de la production sont prévus mi 2017, les dates de livraison des nouvelles réservations sont estimées à mi-2018 ou plus. Fin 2018, Elon Musk a indiqué que Tesla serait capable de construire environ 500 000 véhicules par an, cinq fois plus qu’en 2016. D'ici 2020, le rythme de production devrait s’élever à 1 million de véhicules électriques par an.

Jose Moran dit avoir travaillé pendant près de quatre ans l’usine de Fremont en Californie. Il affirme : « La plupart de mes 5 000 collègues travaillent plus de 40 heures par semaine, avec un nombre excessif d’heures supplémentaires, lesquelles sont obligatoires. Le dur labeur manuel, qui fait le succès de Tesla, est à grand risque pour nos corps. Des blessures qui pourraient être évitées se produisent régulièrement.»

 

Il indique que la rémunération horaire à l'usine varie entre 17 $ et 21 $ - ce qui est en dessous d'une moyenne nationale de 25,58 $ l'heure - et ne couvre pas le coût de la vie dans le comté d'Alameda. Il précise qu’un salaire décent dans une telle région, qui abrite Silicon Valley, «est de plus de 28 $ l'heure pour un adulte et un enfant (j'en ai deux). Beaucoup de mes collègues mettent une à deux heures à venir chaque jour à l’usine, financièrement ils ne peuvent pas se permettre de vivre plus près. […]  « beaucoup d'entre nous ont parlé de créer un syndicat et pour ce faire, se sont rapprochés de l’UAW, l'United Auto Workers, pour obtenir leur soutien.» Il confesse, de plus, que l’entreprise Tesla a demandé expressément aux ouvriers, et leur a d’ailleurs fait signer un accord de confidentialité en ce sens, de ne jamais s’exprimer publiquement sur leurs salaires et leurs conditions de travail.

 

 

Une demande qui a fuité et fait l’effet d’une bombe auprès de cinq membres de l'Assemblée de la Californie en janvier. Ils ont adressé une lettre à Tesla, lui demandant de réviser le libellé de sa politique de confidentialité, qui, selon eux, ne respecte pas les règles fédérales en matière de politique du travail.

En réponse au billet de Jose Moran, Tesla a indiqué dans un communiqué : « «En tant que plus grand employeur de la Californie, qui a créé des milliers d'emplois de qualité dans la région de la baie, ce n'est pas la première fois que nous sommes la cible d'un syndicat professionnel comme celui-ci. Nous nous préoccupons de la sécurité et la satisfaction au travail de nos employés ici à Tesla, cela a toujours été extrêmement important pour nous. »

Plus cash, Elon Musk a indiqué à Gizmodo que Jose Moran était téléguidé par l’UAW, il a également défendu la politique de salaire des ouvriers d'usine de Tesla et a indiqué que les heures supplémentaires étaient en baisse à Fremont. Il juge les propos de José Moran : « moralement scandaleux. […] Tesla est la dernière compagnie automobile en Californie, car les coûts sont très élevés. L'UAW a laissé crever NUMMI (New United Motor Manufacturing) et a abandonné les ouvriers de notre usine de Fremont en 2010. Ils n'ont pas d’arguments solides.»

 

Source: Forbes.com
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